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Un gros cumulus bourgeonnant
L’état clément persistant du ciel en cette mi-octobre avec cet anticyclone puissant me permet de vous inciter à l’observation non pas à la rêverie. Je vais vous entretenir des nuages tout en souhaitant que vous ne soyez pas dans les nuages, même si on peut y être parfois au sens propre, sur des sommets, ou dans des brouillards.
3 façons permettent de distinguer et de nommer les nuages :
-1- Il existe d’abord deux grandes familles de nuages en fonction de leur forme.
Celle des cumulus concerne des nuages qui ont tendances à bourgeonner et à se développer verticalement ce qui traduit une instabilité de l’air avec des mouvements ascendants.
La seconde famille, celle des stratus est constituée de nuages plats et peu épais de forme horizontale. Que ce soit des brouillards qui se tapissent au sol, les stratus bas ou à différentes altitudes des couvercles plats qui couvrent plus ou moins le ciel, leur épaisseur est faible car leur développement en altitude est souvent empêché par un niveau d’inversion de température qui les fait s’étaler.
-2- La seconde façon de désigner les nuages concerne leur niveau dans le ciel. Attention ce qui est pris en référence, c’est l’altitude de leur base qui est très souvent identique à un moment donné, car elle correspond à ce que l’on appelle le point de condensation, passage dans l’atmosphère de l’eau de l’état gazeux à celui de gouttelettes liquides. Par ailleurs, le sommet des nuages est très souvent variable et inégal, surtout dans les cas de forte instabilité de l’air.
Les nuages de très haute altitude font partie de la famille des Cirrus. En fonction de leur forme, on distingue les cirrus en forme de virgule, les cirrostratus, qui montrent le plus souvent un mince voile blanc très fin qui laisse passer la lumière du soleil avec parfois des phénomènes de halo, et les cirrocumulus un peu plus épais sous forme de nappes de dalles blanches. Ces nuages blancs brillants sont formés, en raison de leur altitude élevée, de particules de glaces. Ils sont incapables le plus souvent de fournir des précipitations.
Au niveau moyen, on trouve les altostratus et les altocumulus. Les premiers forment le plus souvent un voile blanc gris, un peu plus épais que celui des cirrostratus, qui ne laisse que vaguement entrevoir le soleil. Il existe de multiples formes d’altocumulus formant des bancs assez épais. Les nuages de ce niveau sont encore peu capables de donner des précipitations, quelques gouttes au plus.
Au niveau inférieur, on trouve le nimbostratus ou le cumulonimbus. Grands pourvoyeurs de pluies, ils masquent complètement le soleil. Le nimbostratus est un altostratus qui s’est encore épaissi au point de donner sous la pluie un aspect flou mouillé et même parfois laiteux. Le plus souvent l’horizon est totalement bouché.
Les cumulonimbus dont la base est assez proche du sol peuvent se développer en altitude jusqu’au sommet de la troposphère. Il en est qui ont plus de 10 km d’épaisseur. Souvent leur sommet prend la forme d’une enclume avec un léger étalement de la masse sommitale. L’instabilité est tellement forte que parfois on les entend gronder. Ce sont les nuages des orages d’été et des violentes précipitations méditerranéennes. Ce sont eux qui donnent la grêle.
- 3 - Il existe une troisième façon de désigner les nuages par le biais d’adjectifs latins qui permettent de mieux décrire leur forme et on nomme ainsi des lenticularis surtout des altocumulus, des floccus, des mammatus, des opacus, des translucidus, des lacunosus et même des castellanus, petites tours bourgeonnantes donnant un aspect crénelé au nuage.
Pour prendre un exemple parmi les cumulus, il existe le cumulus fractus le plus petit, le cumulus médiocris et le cumulus humilis un peu plus gros, le cumulus congestus un peu plus noir et menaçant et enfin les cumulonimbus calvus puis capillatus le plus dangereux et développé. On peut le distinguer par un beau ciel d’été au début de la journée, puis de plus en plus menaçant au cours du déroulement de la journée jusqu’au déclenchement de l’orage.
Un dernier nuage, le strato-cumulus est intermédiaire entre les deux familles. Suffisamment épais pour présenter une instabilité verticale, largement étalé, le plus souvent en forme de couvercle vers 2000 m, au point de recouvrir la totalité de l’horizon surtout au petit matin, Il correspond à des inversions de températures assez hautes dans l’atmosphère.
Vous avez pu constater que l’expression « être dans les nuages » s’applique mal à leur étude, par contre, vous vous apercevrez qu’elle n’est pas sans humour quand je vous aurais signalé le petit détail qui suit. L’abréviation officielle du cumulus surtout dans la forme parlée se limite aux deux premières lettres que je n’ose écrire.
Dans ces conditions vous pouvez deviner ce que donne dans un language courant mais d’une correction météorologique parfaite : un stratocumulus ou un cumulus congestus bien obscènes ou un altocumulus bien moral. Il est toujours intéressant de voir dans ces situations le rire aigriard ou retenu des personnes non averties face au météorologiste et au climatologue serein dans ces certitudes scientifiques. Que voulez vous la météorologie et la climatologie disposent d’un avantage que nul ne pourra leur enlever, celui de parler de ces choses que je ne saurais nommer, en tout bien tout honneur. Au plaisir de vous retrouver vendredi prochain pour une nouvelle chronique climatologique. Bonne semaine et beau temps.
Commentaire : sans changement entre 1995 et 2008