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Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours

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Catastrophe de Sicile (suite), 11 ans après celle de Sarno.

La catastrophe de Messine en Sicile ressemble plus à un « alluvione » du style de celui de Sarno  (plus de 200 morts dans ce gros bourg en mai 1998) qu’à une inondation méditerranéenne classique comme Vaison La Romaine

 

n      La nature géologique des terrains est semblable : les monts Péloritains  sont constitués d’auréoles de flysch argileux au sud de Messine qui ceinturent un petit pointement de roches cristallines à l’extrémité nord-est de l’île.

n      La forme de l’écoulement avec des glissements de terrains sur plusieurs kilomètres semble du même ordre. Est-il seulement un peu moins pâteux qu’à Sarno 

n      Le trou béant montré à l’intérieur de la cité ressemble étrangement à un glissement dans les argiles de type « frane »

n      les écoulements boueux ne suivent pas seulement les cours d’eaux mais se moulent dans les rues des cités côtières
Les mêmes polémiques après la catastrophe avec le même choix entre les communication (Viaduc reliant la Sicile à la Calabre) et la protection des population dans de vieilles cités étroites
 

Pour ces raisons vous retrouvez ci-dessous la chronique que nous avions effectuée après la catastrophe de Sarno en complément  à notre présentation météorologique. Les « alluvione » sont une calamité très italienne en raison de l’importance des affleurements argileux et des grosses pluies méditerranéennes.

 

Chronique climatologie N° 178 enregistrée le 13 Mai 1998 Avec Gérard et Marie Gabrielle

 

   L’actualité de la semaine a été dominée par les conséquences des coulées de boue de la Campanie en Italie qui ont si dramatiquement touché le village de Sarno situé derrière le Vésuve, à quelques kilomètres seulement de Pompéi. La télévision a risqué  une comparaison avec les inondations de Vaison la Romaine. Est-ce justifié ?

 

Le seul point sur lequel il y a une similitude entre les deux évènements concernant la situation météo, les précipitations responsables de la catastrophe.

La France est traversée par un courant de nord-ouest qui amène sur la Méditerranée de l’air froid. Ce dernier arrivant sur une surface marine tiède, il se charge en humidité. Le 3 et le 4 mai on distingue sur l’image de satellite une énorme masse nuageuse qui d’étire des côtes françaises à l’Algérie et du Levant espagnol à la Sardaigne. Ce mécanisme s’accompagne d’une dépression creusée dans le golfe de Gênes. Cette masse nuageuse se déplace  le 5 vers l’est, et se heurte de plein fouet aux reliefs de l’Apennin au niveau de la Campanie. On distingue nettement sur l’image satellite, du 5 à midi, l’énorme masse du cumulonimbus en position sur la région affectée. Le contact avec les reliefs de l’Apennin au niveau du massif de l’Irpinia augmente les quantités  d’eau déposées. Comme dans la catastrophe de Vaison la Romaine, il s’agit d’une violente pluie méditerranéenne, avec quelques nuances : peu de phénomène de blocage par un anticyclone, Vaison était situé sur une excroissance de la zone arrosée des Cévennes.

 

Et, pour les problèmes d’écoulement, ya-t-il d’autre similitudes ?

 

Aucune.

 A Vaison, il s’agit d’une inondation méditerranéenne classique liée au débordement brutal d’une rivière de son lit.

 Dans le cas de Sarno, il s’agit d’un phénomène géologique, classique en Italie, lié à un glissement de terrain en zone argileuse. La carte morpho-structurale de la péninsule italienne signale pour cette région  de la « molasse plissée principalement miocène avec lambeaux de flysch plus ancien (argile écailleuse) en glissement. Ceci correspond au reportage montrant cette véritable pâte à modeler verte ou marron sombre. L’argile transforme sa structure sous l’effet de l’eau. Le mécanisme est mis en évidence dans le petit bout de film d’amateur où on a vu la masse pâteuse progresser à vitesse réduite dans le village et le recouvrir d’une gangue qui remplit un moule formé des rues et bâtiments, selon un cheminement différent du lit d’une rivière. Au contraire, lors d’une inondation classique,  la masse liquide, certes boueuse, en raison de l’érosion provoquée, déborde à parti du lit de la rivière

  A Sarno, la coulée provient de la crête, juste en arrière du village où on voit clairement que la couche géologique a été entamée sur une bonne épaisseur. il s’agit d’un éboulement en masse ou « frane », en italien . En période sèche les argiles se craquèlent, les pluies pénètrent et saturent la couche en profondeur qui sert de surface de glissement. Le phénomène est encore plus grave quand les argiles sont recouvertes de sables dans lesquels l’eau percole. La rupture d’équilibre qui permet la coulée est la conséquence des brusques variations du régime hydrique et de l’intensité des précipitations.

 Dans le cas d’une inondation orageuse brutale comme à Vaison, l’eau ruisselle en surface et arrive d’un versant  beaucoup plus vaste et la catastrophe est plus grave quand la configuration du réseau hydrographique lui permet de faire converger les eaux sur un point particulier. Ce dernier aspect a peu d’importance dans les glissements de terrains.

 

On a évoqué le déboisement, les constructions récentes, dans les zones à risque etc.    

 

Force est de constater que l’on a récité ces idées à la mode de la pensée unique.

La forêt par sa présence limite les effets du ruissellement, en réduisant l’érosion superficielle des sols, arrêtant les produits en suspension. Les images montrent qu’une zone beaucoup plus profonde a été affectée, rendant la forêt inopérante ; ce genre d’éboulement en masse peut se produire dans des zones forestières.

Que l’on évoque le risque pris par ceux qui ont construit dans le lit majeur de la rivière et qui un jour ou l’autre sont visités par la crue est judicieux quand il s’agit d’inondation, dans le cas des coulées d’argile de Sarno, c’est ridicule

Réfléchissons : on a vu la masse pâteuse envahir un centre ville, non un lotissement de maisons récentes comme c’est presque toujours le cas quand il s’agit du risque pris par ceux qui ont construit dans le lit majeur de la rivière.

En Italie, le risque de glissement de terrain est typique du pays en raison de l’importance des affleurements de roches tendres et surtout d’argile dans les Apennins.  Ceci pose de graves problèmes quand il s’agit d’établir des communications modernes et des autoroutes.  Avec les méthodes classiques de remblais et de déblais, les routes glissent, aussi  on construit souvent ces voies de communication avec une suite de tunnels et viaducs.  Les cartes des secteurs à risque trainent dans de nombreux manuels de géographie.  Elles sont simples à établir en fonction des affleurements géologiques.  On peut regretter que l’Italie ait plus penser à protéger ses voies de communications que ses populations.

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P
Bonjour, je suis impressionné par votre article sur Sarno, mais je ne communique bien que par les mails "classiques". Accepteriez-vous de me donner votre adresse mail ?<br /> Pierre Leclerc co-président de UNALCI-France-Inondations 04 90 33 81 80 et 06 14 51 01 20
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