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Incendie de Périgneux/St Marcellin (Sud/Forez – 1-2/08/09 - analyse météo)
Pour qu’un départ de feu banal se transforme en un incendie difficilement maîtrisable, il faut 3 paramètres météorologiques :
- une sécheresse du sol lié à une pluviométrie déficiente sur une longue durée
- une humidité très faible de l’air
- un vent violent.
Ces conditions ont été pleinement remplies pendant les quelques heures du sinistre entre 15 heures samedi et la fin de la nuit, dimanche matin (selon la presse).
Le secteur se situe parmi les plus sec de la région Rhône Alpes. La retombée orientale des Monts sur la plaine du Forez présente des moyennes de l’ordre de 600 mm par an. Le problème est accentué cette année par la pluviométrie relativement faible des mois de mai et de juin qui constituent habituellement la période la plus arrosée de l’année. Depuis mai à Andrézieux et même depuis mars à Leigneux, la zone connaît un déficit pluviométrique important avec des précipitations inférieures à l’évapotranspiration potentielle. Fin mai ce déficit atteignait 75 mm environ, (bulletin 51 Météo Fil) on peut estimer aujourd’hui qu’il dépasse 150 mm (prochain article Bilan de l’eau, Météo Fil et ce blog). Ceci explique la sécheresse inhabituelle du sol.
La faible humidité de l’air et le vent de sud s’associent dans la situation atmosphérique de samedi, comme déjà à de nombreuses reprises au cours de ce dernier mois de juillet. Une perturbation pluvio-orageuse approche. Elle est freinée par un anticyclone au-delà des Alpes, ce qui provoque un violent flux de sud canalisé par les reliefs qui s’assèche en descendant des hauteurs du Massif central Chronique 737: Vent de sud dans le centre-est de la France.
C’est à 15 heures samedi, départ du feu, que ces conditions atmosphériques se mettent en place :
- Le vent forcit et ses rafales de l’ordre de 30 km/h à 13 heures atteignent 50 km/h puis 70 en soirée
- La température connaît son maximum avec 34,8° à 15 heures. Saint Etienne Bouthéon est ce jour l’une des ville les plus chaude de France, seul Lyon Bron et Grenoble atteignent 35°
- L’humidité de l’air connaît son minimum avec 16%.
Ces conditions cessent dans la nuit de dimanche, au moment où les pompiers reprennent la situation en main
- la vitesse du vent s’effondre et les rafales descendent de 50 km/h à 26 km/h entre 1 et 2 heures. Sa direction ne tarde pas à s’inverser.
- l’humidité remonte au dessus de 80% avec une petite pluie de 2 mm environ. L’aide du ciel a cependant été chiche puisque les totaux pluviométriques importants ont touché l’Auvergne de l’autre côté des monts du Forez (plus de 30 mm à Clermont Ferrand)
Le feu a utilise au maximum le créneau de la météorologie pour se développer, ce qui n’était possible ni avant, ni après les heures concernées.
Notre région ne se situe habituellement pas dans les zones normalement affectées par les grands incendies de forêt mais lors de certaines années les sinistres qui affectent les régions méditerranéennes débordent jusqu’à nous avec dans le passé des événements qui ont brûlé des surfaces plus importantes, plus de 2000 ha à plusieurs reprises. Je me souviens de celui de Chomelix en 1972 ou de St Pierre sur Doux en 2003 que l’on observait à plusieurs dizaines de kilomètres la nuit. Je me propose dans ma prochaine chronique de tenter d’analyser dans quelles conditions climatiques ce type de calamité peut sortir de sa zone d’origine pour s’étendre à la Loire et la Haute Loire.
Gérard Staron