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Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours

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Le "Pot au noir " ou le cauchemar de la catastrophe de l'Airbus

 

Les conditions climatiques sont avancées dans les diverses hypothèses émises à propos de la disparition du vol 447 d’Air France. J’avoue ne rien connaitre à l’aéronautique mais le géographe climatologue reste perplexe à l’énoncé  de certains arguments météorologiques.

Qu’est ce que « Le pot au noir » ?

C’est ce que la marine à voile redoute : les calmes équatoriaux, un espace où ils risquent de ne rencontrer aucun vent quand ils le traversent alors qu’au sud et au nord, les bateaux sont portés par les alizés. Rien qui n’évoque des conditions extrêmes catastrophiques




Cette bande zonale au niveau de l’équateur  porte aussi d’autres noms, autrefois la cheminée équatoriale de Halley et aujourd’hui la convergence intertropicale.  Y convergent venant du sud l’alizé de sud-est émis par l’anticyclone de Saint Hélène (A) et en provenance du nord celui de nord-est descendant des hautes pressions des Açores (A). Au point de rencontre près de l’équateur, un peu au nord à la fin de mai, l’air s’élève en altitude, forme des nuages orageux, les petites boules de l’image de satellite ancienne,  qui montent très haut en altitude puisque la troposphère, zone basse de l’atmosphère est dans ces régions la plus épaisse de la planète puisqu’elle peut atteindre 15 kilomètres… remontant le long des côtes Brésiliennes, l’airbus devait donc franchir cette zone instable et orageuse entre le cap San Roque à la pointe du Brésil et le cap Vert à celle de l’Afrique mais à la surface de la planète il existe tant de zones où les virulences météorologiques sont pires !

Il y a donc des orages, de la foudre, de l’instabilité atmosphérique, des cumulonimbus  mais…

--- Voici ce qu’écrit  André Baldit [1] « Dans le parcours du cap Verd au Brésil la fréquence (des orages) atteint 25 à 35 jours par année en moyenne dans la région des calmes équatoriaux pour descendre aux deux extrémités de la ligne… la saison orageuse s’étend de septembre à avril (on n’y est pas selon lui). Pendant la période du maximum on peut fixer de 5 à 10 le nombre d’orages mensuels, ce chiffre est du même ordre que celui que l’on note dans nos stations de la France continentale ». l’ouvrage date de 1928, époque où ce type de calamité était encore plus redouté

--- Ces orages se produisent le plus souvent dans l’après-midi, au moment où la convection est maximale, or le crash a lieu en pleine nuit à un moment où ils perdent de leur virulence ?

--- Cette région au large du Cap vert est aussi celle ou naissent les cyclones tropicaux qui vont ensuite produire leur dévastation dans les Antilles et le golfe du Mexique. A la fin de mai, la saison commence à peine. De plus à ce niveau de l’Atlantique, ils ne sont pas encore formés,  ils sont souvent à un stade initial que l’on nomme les ondes d’est

L’homme contemporain veut légitimement tout expliquer et savoir, pourtant toutes les conditions techniques, météorologiques et surtout géographiques sont remplies pour que le mystère subsiste  en raison de l’immensité maritime, de la profondeur de l’Océan,  de l’éloignement des côtes, de pays riverains qui ne possèdent pas tous les moyens nécessaires, du silence de l’avion.

Alors Silence, pour le recueillement et la prière  d’abord, par ignorance ensuite, par respect enfin pour tous ceux à qui on s’associe à la douleur…

 

Gérard Staron



[1] A. Baldit " Les routes aériennes de l’Atlantique  aperçu météorologique" 1928 Gauthier-Villars


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