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Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours

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Bilan de l'eau de l'été 2008 ( Rhône et Loire)


Le bilan de l’eau : ensemble des postes de l’association des Météorologistes d'entre Rhône et Loire
 

Un été 2008 sans sécheresse ( mai-août) !

Gérard Staron

 

 

La saison estivale présente sous nos climats un déficit pluviométrique traditionnel. L’ETP, évapotranspiration potentielle[1] en liaison avec les températures élevées, est en principe supérieure aux précipitations. Un déficit pluviométrique en résulte. Les végétaux doivent puiser dans la réserve en eau du sol pour satisfaire leurs besoins.

Cette année, ce mécanisme a été modifié par une pluviométrie abondante et des températures modérées. Les très grandes variations géographiques des précipitations orageuses ont aussi provoqué une multiplication des situations du bilan de l’eau. Certaines stations connaissent un déficit pluviométrique continu depuis le mois de mai (Ecully, Corbas, de justesse Villefranche) ou depuis Juin (Andrézieux, Saint-Etienne, Anse). D’autres interrompent le manque d’eau en juillet avec une pluviométrie très forte (Pierre Bénite, Bron, Leigneux, Bard, Montchal, Noirétable nouvelle station introduite dans l’analyse). Enfin, après un léger déficit en juin et juillet, Montmelas devient abondant en août. Pour terminer en altitude, (Tarentaise et Violay-Gabotin) seul août présente une faiblesse hydrique.

Voilà qui ne facilite pas les calculs et surtout leur présentation simple. Nous avons choisi de mentionner la situation de chaque mois avec le déficit pluviométrique (ETP ≥ P) précédé du signe (-)  ou l’excédent  (P ≥ ETP) et le pourcentage restant de la réserve du sol à fin août calculé à partir d’une réserve totale décidée arbitrairement à 100 mm. La présentation de cumuls aurait été sans signification réelle dans cette situation complexe puisque la ponction sur la réserve du sol en période de déficit (abaque particulière) n’est pas égale à la reconstitution lors des mois du retour à l’abondance ! Un simple calcul arithmétique ne correspondrait pas dans ce cas erratique à la situation la plus proche possible de la nature.

 

 

station

report mai08

juin-08

juil-08

août-08

réserve du sol%

Montmelas

 

-4,3

-8,4

11,6

100%

Noirétable

 

-15,5

36,2

-7,7

94%

Violay Gabotin

 

33,3

47,6

-16,8

83%

Tarentaise

 

71,3

25,9

-19

82%

Montchal

 

-9,5

39

-31,5

73%

Bard

 

-12,8

5,9

-35,3

66%

Leigneux

 

-33,4

21,8

-35

63%

Bron

-30,8

-66,6

37,7

-31

56%

Villefranche

-15,6

-26,3

0

-21

52%

Pierre Bénite

-7,9

-73,7

81,9

-20,9

50%

Saint-Etienne

 

-44,2

-30,2

-5

45%

Anse

 

-33,4

21,8

-35

40%

Andrézieux

 

-36,4

-30

-36

36%

Corbas

-13,4

-70,6

-8,5

-21,1

35%

Ecully

-9,7

-52,5

-49,5

-29,3

30%


La comparaison avec mes publications antérieures confirme l’exceptionnelle abondance en eau de l’été 2008 puisque pour la série 1951-1970 le déficit pluviométrique cumulé de saison chaude d’une année normale dépasse 150 mm dans toutes les plaines et bassins qui longent la Loire ![2] Aucun poste n’atteint de telles valeurs cet été, même sur le bassin du Rhône ! De plus, la météo du début de septembre permet de penser que l’abondance de l’eau atmosphérique risque de continuer encore un peu.

L’altitude est un facteur principal classique pour structurer le manque d’eau de la saison chaude. Plus on s’élève, plus les températures diminuent, en conséquence l’E.T.P.. faiblit. Comme les précipitations sont théoriquement en hausse, les montagnes présentent un déficit pluviométrique plus faible sur une période réduite. Sur les reliefs les plus élevés, les calculs sur la série 1951-70 montrent que seul un mois présente un déficit, comme cette année pour Tarentaise et Violay-Gabotin, mais il s’agit de juillet et non d’août comme en 2008. Violay-Gabotin est même un peu bas sur un relief à la pluviométrie modérée,  pour rentrer dans cette catégorie en année normale.

Il suffit d’examiner le tableau ci-dessus pour constater que cette règle présente de très nombreuses dérogations géographiques.

L’agglomération lyonnaise commence dès mai le déficit estival et l’accentue fortement en juin, à l’opposé des postes ligériens qui conservent un excédent en mai et présentent des faiblesses bien moindres  en juin où le rôle de l’altitude apparaît nettement pour justifier l’abondance à Tarentaise et Violay.

A partir de juillet les oppositions géographiques changent :

--- Les déficits continuent à se creuser sur l’agglomération stéphanoise alors que les gros orages apportent un excédent surprenant sur une grande partie de la métropole lyonnaise

--- Une opposition nord-sud se substitue aux différences précédentes entre Loire et Rhône. A la fin d’août, les postes du nord pourtant moins élevés, Montmelas sur les monts du Beaujolais et Noirétable entre ceux du Forez et des Bois Noirs, présentent une réserve en eau du sol bien remplie pour la saison contrairement à ceux de l’agglomération stéphanoise et de la retombée orientale des monts du Forez et même du Pilat à fin août . Hélas le manque de postes pluvio-thermométriques dans le Roannais ne permet pas d’établir cette remarque avec autant de certitude que souhaitable.

En conclusion l’opposition Rhône Loire du début de saison chaude s’est transformée en un contraste nord-sud à la fin !


Gérard Staron
Cet article est la reproduction de celui publié dans le numéro d'octobre 2008 de "Au fil du temps " bulletin des météorologistes d'entre Rhône et Loire

 

[1] E.T.P. Evapotranspiration potentielle : quantité de vapeur d’eau rejetée dans l’atmosphère par évaporation directe et par transpiration des organes aériens des plantes, dans le cas où les végétaux peuvent puiser sans restrictions dans le sol.

[2] Gérard Staron "Les ressources en eau du bassin de la Loire supérieure"

1980 Planche N°3 avec notice, Atlas permanent de la région stéphanoise, Université de Saint-Etienne.

 

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