Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
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En liaison avec le thème du jour (sur Radio Espérance), nous allons vous entretenir des modifications que la montagne impose au climat. Vous savez tous que les températures baissent avec l’altitude. Si vous montez en altitude, vous perdez environ 0,6° par 100 mètres en moyenne, un peu plus en été 0,8° qu’en hiver 0,4°. C’est une vérité générale qui souffre toutefois quelques modifications en raison de ce que l’on appelle les inversions de températures. Par un air très calme, l’air froid plus dense se tapit dans le fond des vallées et bassins, alors que l’air plus chaud reste en altitude. Vous avez tous constaté, lors de ces situations, des vallées embrumées pleines de brouillards dans une mer de stratus, avec au-dessus, des sommets se détachant sur un ciel clair avec un ensoleillement tenace. Ces situations sont assez rares en été, plus courantes en saison froide.
Les températures dans nos montagnes sont aussi très touchées par des phénomènes d’opposition de versants. On nomme adret, le plus ensoleillé, et ubac, le plus à l’ombre. La chaleur solaire dépend de l’angle d’arrivée des rayons du soleil. Dans un cas la pente s’ajoute à cet angle d’arrivée des rayons du soleil et il fait plus chaud. Dans l’autre, elle se retranche et il fait plus frais. Là encore ce sont pendant les saisons de faible ensoleillement que le phénomène est le plus sensible.
En Montagne les précipitations sont aussi plus abondantes car leur présence oblige l’air humide à s’élever ce qui augmente d’autant le total pluviométrique, mais là encore rien d’égal. On va distinguer le versant au vent qui reçoit ces masses pluvieuses de plein fouet et se trouve très arrosé comme par exemple les Préalpes du nord, et les versants sous le vent à l’abri avec un souffle souvent desséchant, le Foehn. C’est ainsi qu’à côté de secteurs très arrosés, les vallées intérieures sont, comme le Grésivaudan ou le Valais Suisse, extrêmement sèches. Des vignobles sont les révélateurs de ces milieux secs et ensoleillés comme les vins de Savoie, l’Apremont, le Crépy ou les vins suisses, le Fendant.
Quand le massif montagneux est suffisamment important, il faut distinguer souvent, au niveau climatique, les massifs extérieurs qui suivent l’ambiance des régions avoisinantes pour le régime des précipitations, et l’intérieur qui accumule le froid et présente une nuance plus sèche.
C’est ainsi que l’on distingue les Pyrénées Atlantiques sous l’influence de l’humidité océanique, les Pyrénées orientales une montagne de climat méditerranéen et au centre un massif plus élevé qui accumule le froid et accentue l’empreinte montagnarde.
Sur le Massif Central les choses sont aussi nettes. Entre la retombée Limousine et à l’ouest des chaînes volcaniques qui correspondent à une montagne océanique, entre les Cévennes qui correspondent à la partie où l’influence méditerranéenne l’emporte, il y a un axe central de hauteurs autour des Limagnes qui présentent un nombre de jours de gel plus important, des températures minimales très basses en hiver, mais peuvent être aussi très chaudes et orageuses en été.
Sur les Alpes on distingue habituellement les Alpes du nord plus humides de celles du sud plus chaudes et ensoleillées d’ambiance méditerranéenne. A l’intérieur des Alpes du nord, il convient de distinguer les très arrosées Préalpes, des zones plus sèches et froides de l’intérieur.
La caractéristique principale du milieu montagnard est toutefois l’étagement qui imprime sa marque au climat, mais aussi au paysage et à la vie des hommes.
Cet étagement se retrouve au niveau hydrologique en liaison avec la rétention et la fusion de la neige.
- A très haute altitude les précipitations sont solides pendant la plus grande partie de l’année et la fonte de la neige et des glaces ne s’effectue que pendant l’été, les rivières ont un régime glaciaire avec étiage d’hiver et hautes eaux d’été surtout en juillet.
- Un peu plus bas, la neige ne tient que pendant le semestre froid de novembre à avril et la fusion va alimenter les rivières à la fin du printemps avec un régime nival des cours d’eau, au maximum en mai ou juin et un étiage d’hiver.
- Enfin à moyenne altitude, la neige ne sera pas la seule à alimenter les cours d’eau par fusion. Le manteau blanc ne s’accumulera que de décembre à février pour fondre en mars ou avril, avec une très grande irrégularité selon les années. Les rivières auront un régime pluvio-nival ou nivo-pluvial avec, selon les cas, un maximum d’eau en mars ou avril.
L’étagement concerne le paysage :
- Les villages avec les prés de fauche ou les champs occupent le fond des vallées.
- La bande forestière d’abord de feuillus, puis de résineux avec au sommet les plus résistants dont le mélèze constituent le deuxième étage
- Au-dessus se trouvent les prairies d’altitude recouvertes de neige en hiver et où percent les fleurs dès le printemps.
- Enfin vient le domaine des rochers et des névés et glaciers.
Cet étagement a rythmé autrefois la vie agricole des hommes avec la transhumance des troupeaux, que l’on montait sur les alpages au printemps pour les redescendre à l’automne, et avec le partage de l’habitat entre le village et les chalets d’altitude des alpages, dont l’utilisation est collective par villages ou individuelle.
Aujourd’hui, cet étagement se retrouve dans les activités actuelles avec les industries nées de l’hydroélectricité dans les vallées et les stations de sports d’hiver souvent situées sur les anciens alpages.
La montagne a aussi ses risques climatiques, avalanches en hiver ou orages violents avec coulées de boues en été. Je vous ai déjà entretenu de l’un et de l’autre, mais ne ternissons pas ces paysages qui peuvent nous apporter tant de plaisir et de méditation par leurs variétés et leurs hardiesses.
Au plaisir de vous retrouver, vendredi prochain pour ces chroniques de climatologie, spécial été, intégrées dans un bain de musique.
Commentaire :
La montagne est une source d’étude sans fin en raison de la variété de ses climats et des modifications quelle impose à la circulation générale de l’atmosphère lors de son franchissement par les anticyclones et les perturbations.
C’est la première des chroniques que j’ai consacrée à la montagne, un début qui n’a pas encore de fin.
Gérard Staron http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron