Chant et Histoire

Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 22:37

« L’océan »

Paroles  de T. Botrel et musique de  E.. Feautrier

 

 

Cette chanson du XIXème siècle que j’interprète semble une illustration surprenante des rapports pours le moins complexes que la Bretagne entretient avec les tempêtes qui viennent de l’Océan.

Les paroles sont fortes, l’ouragan  fait perdre au vieil homme sa maison, son bateau, ses enfants et pourtant il n’arrive pas à haïr l’Océan…

Ce dernier  fournit les activités nécessaires à la vie avec la pêche, la Marine nationale, la collecte des algues quand elles ne sont pas vertes, le Goémon, pour l’agriculture, la douceur des températures hivernales qui permettent des cultures légumières, les plages et les paysages de la côte  pour le tourisme.

Beaucoup d’activités bretonnes sont liées à la mer, pourtant  à l’époque napoléonienne, le blocus continental a partiellement détourné cette région du large avec le déclin des grands ports pour provoquer l’essor de l’élevage

Du large arrivent aussi de violentes tempêtes dont les rafales peuvent dépasser 180 Km/h  comme en décembre 1999 ou même plus de 200 Km/h comme le 16 octobre 1987

Depuis le début du mois, le vent atteint ou dépasse presque chaque jour les 100 km/h sur les côtes de la Manche . Hier encore  ce seuil a été dépassé à la pointe du Raz et à l’Ile d’Ouessant. Une telle ténacité est rare même si le vent actuel ne parait pas avoir une violence suffisante pour provoquer toutes les calamités de la chanson. Dans le passé des tempêtes à répétition ont aussi soufflé en janvier et février 1990 avec des vitesses qui dépassaient régulièrement 150 km/h, seuils qui heureusement n’ont pas été atteint pendant ce mois de novembre

Le Breton doit vivre avec le vent violent, ce qui explique peut être cette chanson aux paroles surprenantes,  paroles qui peuvent rendre mal à l’aise.

Un exemple d’adaptation aux conditions climatiques, même si le vent actuel n’atteint pas une violence suffisante pour provoquer de tels dégâts.

 

Gérard Staron

Par Gérard Staron - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 21:40

« Des terres et des Coupons » est un extrait d’une opérette de 1922, les années folles

 «  Ta Bouche »

Lyrics de Albert Willemetz et musique de Maurice Yvain.

 



 

IL s’agit d’un duo entre La Comtesse chanté ici par Anne Marie , et Monsieur du Pas de Vis que j’interprète. Cet air est très actuel dans sa façon de montrer les problèmes que les français ont avec l’argent !

Chacun des deux rôles représente un type historique de richesse :

La comtesse celle de la vieille noblesse  dont la puissance était basé sur la possession de la terre de puis le Moyen-âge

Monsieur du Pas de Vis, un actionnaire qui détient des valeurs de sociétés anonymes par actions qui se sont développées avec la révolution industrielle.

Dans les deux cas il s’agit de « rentiers ». Une tradition ancienne de notre pays, ceux qui se sont enrichis cessent leurs activités pour vivre de leur revenus, qu’il s’agisse de loyers dans un cas, ou des dividendes fournis par la possession d’actions, ce que l’on nommait avant le passage à l’informatique, les coupons que l’on détachait au bas des titres.

Ce comportement bien français, arrêter ses activités pour vivre de ses rentes, explique souvent qu’après des départs retentissants l’économie de notre pays s’endorme. Ce fût le cas de la révolution industrielle, après le début tonitruant du Second Empire, la croissance s’est engourdie sous la Troisième République.

Nos concitoyens ont aussi toujours préféré les placements sans risque, or, bas de laine, immobiliers, à ceux plus stimulants pour l’économie.

C’est encore un débat d’actualité dans la crise actuelle.

Derrière l’humour provoquant des années folles, un air d’une criante actualité dans le tourbillon financier actuel !

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : je chante ,tu chante ,il chant
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 13:48
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« O Ma belle Aurore » est une ballade anglaise du XVIIème, un divertissement musical agréable dans le style du siècle classique,  illustré par une carte postale de 1922.

Chantée par Geneviève, Anne marie et  Gérard, cette mélodie ancienne qui vient d’une île de l’autre côté de la Manche est dédicacée à une très jeune personne «  Aurore » âgée d’un mois et habitante de Lille,

Il est vrai que Lille est une sorte d’île géologique. Un banc de crétacé supérieur fait communiquer les plateaux de l’Artois à ceux du Hainaut et du Brabant en Belgique.  Il est isolé  entre  les basses terres argileuses et marécageuses de la Flandre intérieure.

 

Gérard Staron

 

 

 


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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 18:00
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La valse des mouches !

 

Avez-vous constaté la multiplication et le caractère hargneux de ce petit insecte  cette année ?

Un dynamisme que l’on ne connaissait pas l’an dernier !

Sûrement une raison climatique ?

Les températures ?

La sécheresse ?

L’alternance de coups de chaleur et de fraicheur ?

 

Si je crois l’encyclopédie du monde animal,  la « musca domestica »  hante nos maisons. Il lui «  revient la palme du  plus envahissant, du plus assidu, du plus insupportable des insectes,  sous tous les climats, sous toutes les latitudes, depuis des temps immémoriaux »

Elle ajoute « au printemps et à l’automne  suivant les conditions climatiques, on peut voir se succéder de 7 à 10 générations  composées d’un nombre d’individus  croissant  en proportion géométrique »

Mais quelles conditions climatiques ?  En été ?

 

Pour une fois ma réponse n’a rien de scientifique, je propose de vous chanter

  «  La valse des mouches »

« La valse amusante que l’on chante en chœur » introduite par un texte «  à dire avant la chanson »

Une mélodie de l’entre deux Guerres de :

G. Roger pour les paroles

J. Dorin et A. Roger  pour la musique

Autrefois interprétée par mon père….

Une façon de se défouler en chantant contre ce petit insecte

Alors comme moi, faites la mouche !

 

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 17:56

mirge_playlist sélectionnée dans Musique et Variété / Chanson

 


« Ca s’est passé un Dimanche »

Paroles de Jean Boyer

Musique de Georges Van Parys

Création Maurice Chevalier

 

Cette chanson très connue de l’entre-deux guerres apaisera-t-elle les débats parlementaires qui s’échinent sur la Loi du travail du Dimanche ?

Depuis la révolution française et la loi de 1793 qui enlève  son rôle au jour du seigneur, la France a connu moult mélodrames sur le sujet en particulier en juillet :

--La Loi du 18 novembre 1814 sous la Restauration, Louis XVIII, interdit le travail de certaines professions le Dimanche

--La Loi du 12 juillet  1880, à l’instigation des républicains qui viennent d’arriver au pouvoir,  abroge la précédente et rend le travail dominical possible à la condition de donner un jour par semaine de repos

-- La Loi du 13 juillet 1906 rétablit le repos du Dimanche

-- Décidément, c’est souvent en juillet !

 

Au-delà de l’intrigue amoureuse, d’une conception de la famille assez dégradée d’une atmosphère franchouillarde de divertissement populaire, la chanson évoque l’atmosphère des guinguettes et des lieux de promenades que l’on trouvait à quelques encablures des villes à une époque où les automobiles peu nombreuses ne permettaient pas encore des déplacements massifs vers des lieux touristiques plus lointains pour le plus grand nombre.

 

Surtout  on trouve à la fin du second couplet une allusion historique intéressante « Puisqu’il faut des soldats sur la ligne Maginot, c’est pas le moment que tu flanches ». Elle évoque un climat international très tendu à la veille de la seconde guerre mondiale avec  les agressions des puissances totalitaires et deux faiblesses de la France en partie à l’origine de sa débâcle de mai-juin 1940.

Sa faible natalité.

 Cette dernière a baissé plus rapidement que dans les autres puissances européennes depuis le XIXème siècle. Le contraste est très fort après 1936 entre une France où les décès sont plus nombreux que les naissances pour la première fois en temps de paix et une Allemagne en pleine politique nataliste hitlérienne

Sa stratégie militaire avec la ligne Maginot.

 Exclusivement défensive, elle ne permettra pas de faire face aux forces d’attaques mobiles des blindés soutenus par l’aviation descendant en piqué.

 

  Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /2009 16:54

La vilaine






Avec « La Vilaine », je vous interprète une chanson historico-hydrologique puisque Théodore Botrel et E Feautrier nous content d’une façon légendaire la façon dont le principal fleuve de la Bretagne  a été nommé.

 

La Vilaine nait  dans l’ouest du département de la Mayenne et suit un cours est-ouest  jusqu’au centre du bassin de Rennes où elle prend une orientation méridienne. Elle reçoit de part et d’autre ses affluents principaux , la Meu et l’Oust  du côté Bretagne,  la Seiche et le Don

Faut-il croire la légende de T. Botrel, barde breton de la fin du XXIème et du début du XXème siècle ?  Une source née du chagrin d’une jeune fille vilaine, repoussée par le fils du seigneur,  à l’époque de la reine Anne.

Un tel nom de rivière peut surprendre.

Faut-il voir une allusion à cette dernière duchesse de Bretagne, puis reine de France qui était chétive et boiteuse, à son mariage mouvementé avec le Roi, Charles VIII, après que ses armées soient venues l’assiéger dans Rennes en août 1491 ? Mais elle n’est pas née près de Vitré comme l’indique la chanson !

La Vilaine est-elle nommée ainsi car elle ne prenait pas sa source dans le duché de Bretagne mais au Royaume de France sur les collines du Maine ? Les Révolutionnaires de 1790 en l‘associant avec l’Ille, ont  par contre fait du département résultant une anomalie phonétique !

Faut-il voir dans ce nom une allusion à des crues très dévastatrices ? A l’époque de la composition de la chanson, il n’existait pas de mesures de débits sur la Vilaine. Les principales inondations récentes janvier 1995 et février 1930 se déroulent en hiver et affectent surtout la ville de Redon en aval alors que la chanson nous amène à l’amont.

Cette dénomination provient-elle  du nom donné aux paysans au Moyen âge « les Vilains ».  La rivière traverse les régions agricoles fertiles intérieures de la Bretagne en particulier le bassin tertiaire de Rennes.

Faites votre choix.

 

Cette chanson fournit une occasion d’associer la nature des fleuves aux traditions et légendes d’une région, une façon de vous inciter à jeter un petit coup d’œil sur le site  http://www.nature-et-traditions.com dans un autre domaine, avec une localisation géographique très proche. La ville de Mayenne dans le département et sur l’amont de la rivière du même nom,  correspond au bassin versant voisin des sources de la Vilaine.

 

Gérard Staron

 

 



Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 19:30

La chanson que je vous interprète aujourd’hui  a de quoi surprendre. !

Intitulée « Liberté Egalité Fraternité » on pourrait  la croire  écrite par quelques révolutionnaires à la gloire de la République. Non, ses auteurs sont deux religieux  Frère Louis  pour les paroles, et Frère Adrien pour la musique, aux moments des heures les plus dures du conflit entre l’Eglise et l’Etat sous la Troisième République. Le sous titre est sans équivoque « Chant patriotique et catholique ». La partition trouvée en fouillant dans mes archives familiales, semble d’origine régionale puisqu’elle a été imprimée à Saint Etienne,  40 rue de Lyon … seule mention qui permet de la localiser !

Cette chanson revendique les valeurs de Liberté, Egalité et Fraternité comme étant chrétiennes. Le contexte historique permet de comprendre une devise utilisée à contre-emploi. Les catholiques revendiquent la liberté, l’égalité  à  une époque où l’église subit les attaques de la « Franc-maçonnerie » appelée ici « la secte » et de la coalition radicale socialiste au pouvoir depuis 1899.

 

 Au travers des diverses allusions de nature historique, la chanson  dénonce  les discriminations subies par les religieux lors de l’application de la Loi sur les Associations de 1901. Seules les quelques congrégations mentionnées expressément dans le Concordat de 1801 signé par Bonaparte et le Pape Pie VII  sont autorisées, toutes les autres sont refusées. Le ministère Radical-socialiste  dirigé par Emile Combes expulse donc du territoire national une vingtaine de milliers de religieux pourtant de nationalité française. Dans une photo de nombreux manuels d’histoire,  les moines de la Grande Chartreuse sont conduits encadrés par les gendarmes jusqu’à la frontière espagnole. Le clergé régulier expulsé reviendra majoritairement à la fin de la guerre  1914-1918.

 

 Le document n’est pas daté comme la plupart des partitions anciennes, mais on peut le situer au pire moment de la crise entre 1902 et 1904, bien avant la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 sous le ministère Rouvier et des inventaires qui ont suivi en 1906 sous le ministère Clémenceau.

 

Il est possible de trouver quelques églises qui portent  des mentions « Liberté, Egalité et Fraternité » comme sur le tympan du portail de la cathédrale d’Elne dans les Pyrénées orientales, mais ces bâtiments, devenus biens nationaux sous la Révolution ont été utilisés ensuite pour diverses fonctions par l’état ce qui explique cette mention. Par contre cette revendication de la devise de la République par les catholiques à un  moment tendu de l’histoire religieuse de notre pays fait de cette chanson un document historique  tout à fait exceptionnel !

 

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : La Loire comme trait d'union
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 18:16

« Comme autrefois » air dans lequel vous m’entendez aujourd’hui  est un extrait de l’opérette « Les trois valses » crée en 1936 avec des musiques composées par l’ensemble des Strauss ?

L’œuvre est censée se dérouler pendant 3 générations successives de femmes de spectacles à Paris :

---   La première sous le second Empire avec des reprises d’airs de Johann Strauss père au 1er acte.

---  La seconde à la belle époque avec des musiques de Johann Strauss fils au 2ème acte.

---  La troisième  dans les années trente avec une composition d’Oscar Straus , le seul à ne pas faire vraiment partie de la famille avec un seul « S » contre deux pour les vrais Strauss de la grande époque de Vienne.

 

« Comme Autrefois » se plaint déjà de l’attitude de le jeunesse de l’époque.  L’histoire a accumulé bien avant des plaintes du même ordre. Parmi le concert on trouve …

---  « Cette jeunesse est pourrie. Depuis le fond du cœur les jeunes gens sont malfaisants et paresseux, ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois » Poterie de Babylone (3000 ans avant J.C.)

---  « Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain » Hésiode (6ème siècle av J.C.)

---  « Autrefois ils apprenaient le respect. Aujourd’hui il n’y a plus de valeurs reconnues » Aristophane (5ème et 4ème siècle avant J.C.)

---  « Indiscipline des étudiants pour les maîtres. Ils n’ont plus de respect. Ils empêchent les cours de se dérouler » Saint Augustin, les Confessions 4ème siècle après J.C.)

La liste pourrait être allongée….

 

Seule la dernière partie de l’opérette , celle des années 30 montre une grande nostalgie, illustrée par un autre air « Te souviens-t-il… des jours heureux ». La situation de 1936 l’inspire peut-être. La France a été moins touchée que les autres puissances industrielles au début de la crise de 1929, alors que depuis 1933, les autres puissances en sortent progressivement, comme les Etats Unis avec le New Deal,  notre pays s’enlise jusqu’en 1938 dans les difficultés car il ajoute une couche politique aux problèmes économiques :

--- paralysie de la troisième république incapable de réagir

--- affrontements internes à partir de 1934  et de la fameuse manifestation du 6 février

--- scandales financiers avec l’affaire Stavisky

--- Le front populaire dont les solutions enfoncent un peu plus la situation économique

Ce comportement de la France qui résiste bien au début des crises économiques et ensuite les prolonge quand tous les autres pays ont redémarré s’est aussi produit lors de la célèbre crise de 1846 à 1848 qui a continué avec la révolution de 1848 puis jusqu’à la fin de la Seconde République soit en 1851… C’est toujours au moment des grosses difficultés que la France  tente les mesures sociales hardies dans une conjoncture économique à contresens en 1848 comme  en 1936 !

Cette particularité semble se reproduire avec la crise actuelle, moins brutale chez nous au début. Ne pas pavoiser, et espérer   que le génie destructeur de notre pays ne  trouvera rien pour la poursuivre !

 

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : La Loire comme trait d'union
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 18:48


                                   « Dans la vie faut pas s’en faire »

 l’air dans lequel je vous propose de m’entendre aujourd’hui est un extrait de l’opérette « Dédé » (probablement 1907).  Ecrite par Albert Willemetz, composée par Henri Christiné, musicien genevois naturalisé français, cette partition  a été rendue célèbre un peu plus tard par l’interprétation de Maurice Chevalier.

 


Les lyrics sont très révélateurs du problème que la France a souvent avec le travail, avec l’attitude d’un personnage, habitué à bien vivre, à dépenser sans compter, mais qu’il serait indécent de faire travailler, « prendre un métier » « pour prendre le pain d’un ouvrier ». Cette jeunesse dorée a inspiré de nombreux personnages d’opérette de Jacques Offenbach  à Reynaldo Hahn, rarement avec un tel cynisme.

L’histoire sociale montre que notre pays a été en avance par rapport aux grandes puissances de l’époque pour l’établissement du droit de grève, en 1864 sous Napoléon III , contre 1866 en Belgique, 1869 en Allemagne  et 1875 au Royaume Uni. Notre pays a toujours été en pointe pour la diminution de la durée du travail. Par trois fois au moins, la Loi a voté des baisses du temps de travail sur lesquelles il a fallu revenir ensuite car elles étaient prématurées par rapport aux conditions économiques.

Ce fût le cas :

n      en 1848 pour la journée de 10 heures à Paris et de 11 heures en province

n       en 1936 pour la durée hebdomadaire de 40 heures sur laquelle le gouvernement Daladier est revenu en 1938 pour faire redémarrer les industries d’armement avant la Seconde Guerre mondiale, durée  qui a été seulement atteinte dans les années soixante-dix.

n      iL en a été de même récemment pour les fameuses 35 heures !

 

Par contre notre pays a été très en retard par rapport à ses principaux concurrents pour la protection du monde ouvrier contre l’accident, la maladie ou la vieillesse et même la liberté syndicale

-          Pour la protection contre les accidents du travail, la législation date de 1884 en Allemagne, 1897 au Royaume Uni et 1898 en France

-           Pour l’assurance maladie l’écart est encore plus grand, 1883 en Allemagne, 1911 en Grande Bretagne et 1930 en France avec les Caisses ouvrières et paysannes ancêtres de la sécurité sociale.

-           Pour la retraite, l’Allemagne arrive encore en tête avec 1889 devant le Royaume Uni 1906 et la France 1919.

Dire qu’en France l’Allemagne était considérée à cette époque comme un pays en retard au niveau social!

La source est indubitable, quelques bons manuels de première de l’enseignement de l’Histoire en France, programmes récents.

Sans commentaire!


Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Le champ du monde
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /2009 19:07

« La ronde des journaux »

est une chanson de H. Mille pour les paroles et d’Alfred Vieillot pour la musique qui a été construite autour des noms des différents journaux existants à Paris à la fin du XIXème siècle !


Avez-vous cherché à les compter, sur l’ensemble des couplets? On dénombre  57 titres, Combien en avez-vous reconnus sur ceux que j’ai chantés?  Si vous connaissez la presse de l’époque vous auriez pu en détecter 47 dont les noms ont été glissés, même camouflés  au milieu de phrases.

 

Comme souvent  les vieilles partitions ne sont pas datées,  il y a trois repères pour la situer entre 1881 et 1900.

--- La Loi du 29 juillet 1881 dite de la liberté de la Presse fixe un régime libéral et limite les poursuites judiciaires dans les domaines de l’imprimerie et de l’affichage.

--- Les vingt dernières années du siècle permettent la multiplication des journaux. Ils passent à Paris de 40 en 1874 à 64 en 1892. En province, la même progression est visible. Le nombre d’exemplaires vendus explose , de 1,9 millions en 1880, on passe à 4,9 en 1910 .

--- le dernier couplet évoque la préoccupation patriotique de l’époque. Le désir de revanche pour reprendre l’Alsace Lorraine annexée par l’Allemagne après la guerre calamiteuse de 1870 est une idée forte de la vie politique et de l’opinion publique de l’époque. La mention « qu’avant le siècle, il sont revenus à la France » place la chanson avant 1900

 

Peu de journaux manquent dans cette liste. L’"Aurore" n’est pas mentionné, pourtant connu  par la lettre d’Emile Zola en 1898 à propos de l’Affaire Dreyfus. Il en est de même du Pilori et du Don Quichotte.

Très peu aussi continuent aujourd’hui à publier. Deux titres attirent l’attention par leur durée plus que séculaire : « le Figaro » crée en 1854 au début du second Empire par Villemessant, « La Croix », journal catholique née en 1883 de l’initiative  des Pères Picard et Bailly. Jusqu’à une période récente on peut mentionner « La Marseillaise ».

Les numéros de certains font aujourd’hui l’objet  de collection comme « L’illustration».

La plupart de ces titres, journaux d’opinion représentent les différents partis de l’époque « Le Radical », le « Parti national » de tendance républicaine à l’époque,  le Charivari. Ceci permet de constater les décalages politiques entre la fin du XIXème et aujourd’hui.

La plus grande partie de ces journaux a disparu aujourd’hui. La presse actuelle est l’héritière de la Libération. En 1944, les journaux issus de la résistance ont remplacé en grande partie ceux de la Troisième République. Par ailleurs, depuis, la presse d’opinion a les plus grandes difficultés économiques et ses titres ont disparu peu à peu.

Les Français étaient déjà à cette époque sceptiques  face à leurs médias, seul la presse existait alors, pas de radio, ni de télé, ni d'Internet!

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : Chant et Histoire - Communauté : Le champ du monde
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  • : Agrégé, docteur d'état de géographie, conseiller scientifique en climatologie et hydrologie, intervient avec des chroniques, articles et ouvrages dans les domaines de la climatologie, de l'hydrologie, de la géographie, de l'histoire

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