actualité climatique

Samedi 7 novembre 2009


La Toussaint : second coup de boutoir de l’hiver !


    Les anticyclones, vedettes du début de l’automne dont je vous entretenais la semaine dernière ont cédé la place depuis le premier jour de novembre aux perturbations qui descendent des hautes latitudes selon une trajectoire de nord-ouest attirée par une dépression centrée sur les Iles britanniques.

Les passages pluvieux s’avancent en rangs serrés comme le montre l’image transmise par Claude et que vous avez pu observer sur mon blog. Dans l’est du Massif central nous les avons vu passer dans les nuits qui ont suivi la Toussaint, puis le jour des Morts, avec des averses résiduelles en milieu de semaine avant la reprise probable de samedi.

Toutes ces perturbations ont affecté la totalité du pays de façon irrégulière en fonction de leur sensibilité à ce type de temps océanique. La pluie a été le principal impact.

 Les précipitations quotidiennes ont rarement dépassé 30 mm sauf celles dans le Pays basque, en cours au moment où j’écris cette chronique, qui a déjà déposé plus de 60 mm mercredi et jeudi, et plus de 106 mm depuis le début à Biarritz. Ces cumuls journaliers atteignent parfois des quantités substantielles. Il tombe 90 mm à Paluel jusqu’au 4 le long des côtes de la Manche qui constituent le point d’entrée des masses pluvieuses de nord-ouest sur notre pays entre le Cotentin et le Pas de Calais. Le limousin est aussi très arrosé avec 99 mm à Limoges au pied du premier relief élevé, le Plateau de Millevaches, qui reçoit de plein fouet  ces mêmes masses pluvieuses. Ces totaux sont très provisoires, ils seront notablement augmentés au moment où vous m’entendrez.

Les perturbations ont eu une efficacité pluviale diverse, mais beaucoup plus forte les jours impairs de ce début de mois.

--- Celle de la Toussaint a déposé les totaux les plus élevés avec plus de 10 mm sur une grande partie du territoire  et plus de 30 mm sur les côtes océaniques à Cazeaux ou le Touquet mais aussi au pied de tous les reliefs bien exposés comme Grenoble, Guéret ou Limoges.

--- Le lendemain les totaux les plus élevés s’étirent de la Bretagne à l’ouest du Massif central

--- Le 3, les côtes de la Manche puis les reliefs de l’est sont les plus arrosés

--- Le 4 et le 5, les pluies se concentrent une nouvelle fois du Cotentin au Pas de Calais

La perturbation qui s’annonce pour samedi s’annonce très pluvieuse.

Peu à peu des formes hivernales réapparaissent pour la seconde fois depuis le début de cette saison.

Les côtes de l’Atlantique et de la Manche ont subi une petite tempête océanique hivernale sans catastrophe toutefois.

Les neiges apparaissent pour la première fois à la mi octobre sur les Alpes Suisse. A Santis, le manteau atteint 76 cm. Lors du week-end du 17 et du 18, les flocons descendent à 1000 mètres d’altitude sur le Massif central.  Le manteau tient même au sol 3 jours sur le massif du Mézenc. Le Pilat est aussi blanchi, selon une photo du dernier bulletin « Météo fil » des Météorologistes d’entre Rhône et Loire, ainsi que le Jura. Il persiste 50 cm à plus de 2000 mètres sur les Alpes Suisse le 1er novembre, quand s’ajoutent ensuite les nouvelles couches de cette semaine. Il ne s’agit pas des premières neiges comme quelques amnésiques l’ont annoncé, puisque ces dernières datent de la mi octobre.

Les gelées reviennent aussi lors de cette fin de semaine. Là encore, celles de la mi-octobre ont été plus nombreuses et sévères que celles de ces derniers jours.

L’air de ces deux vagues froides est un peu différent. Descendant du nord-est par la Scandinavie et L’Europe, l’origine continentale de la masse d’air de la mi-octobre était bien plus froide qu’humide. Aujourd’hui, en traversant l’Atlantique nord, l’air arctique s’adoucit un peu autant qu’il s’humidifie au contact des eaux océaniques.

L’évolution en altitude est encore plus importante que celle au sol dans la descente polaire depuis la Toussaint.

En altitude ce courant s’accompagne d’un jet stream très violent en altitude. Sa vitesse dépasse les 70 nœuds au dessus de nous depuis la Toussaint et a atteint les 100 nœuds, près de 200 km/h à la pointe de la Cornouaille anglaise le 3 novembre.

Ce puissant courant, qui surmonte, aux latitudes tempérées, la zone d’affrontement entre l’air tropical au sud et celui polaire du nord, a marqué la poussée de ce dernier. Dans les 3 premiers jours de novembre, la vitesse maximale de ce flux d’altitude s’écoule de la pointe sud de l’Irlande au golfe du Lion. Le 4 il a encore continué sa progression en franchissant les Pyrénées pour s’établir du Cap Finisterre à Madrid avec des vitesses de plus de 70 nœuds.

En même temps, l’atmosphère au niveau de la surface des 500 hpa  subit un gigantesque coup de froid entre le 1er et le 2 novembre. Les sondages de ce niveau sont passés à Paris de -13° à -29°. En même temps, l’altitude de  la surface des 500 hpa s’écroulait passant de 5700 mètres à 5390 mètres le lendemain, puis 5330 mètres le 4 novembre.

L’altitude de la tropopause, séparation entre la basse atmosphère et la stratosphère, a chu de façon considérable. Cette limite correspond au secteur où les températures cessent de baisser en fonction de l’altitude vers -50 à -60°. Ce niveau se situait à Payerne en Suisse à 12 km d’altitude le 1er novembre, il tombe le lendemain un peu en dessous de 8 km et dans les jours suivant cette cassure, si visible d’habitude sur les radiosondages, s’estompe nettement ou donne l’impression de descendre plus bas.

Cette situation d’altitude est beaucoup froide que celle de mi-octobre. Au niveau de la surface des 500 hpa, la température au dessus de Paris n’était alors descendue qu’à -19° contre -29° depuis le début novembre. L’altitude de cette surface n’avait chu qu’à 5660 mètres contre 5330 mètres le 4 novembre. La tropopause était restée au dessus de 10 km d’altitude sauf lors d’une petite faiblesse le 17 octobre. A la mi-octobre l’air froid d’origine continentale  a coulé au sol dans les basses couches pour arriver jusqu’à nous, maintenant il arrive massivement en altitude, c’est plutôt au sol qu’il a été un peu réchauffé dans le transport sur l’Atlantique.

Il est aussi intéressant de voir si un lien peut être effectué avec l’évolution de la superficie de la banquise. Je vous avais déjà signalé que cette dernière avait stoppé sa fusion dès le début septembre, bien plus tôt que les deux dernières années, en gardant une surface supérieure de ½ millions de km2. Pendant que nous subissions le beau temps agréable de septembre et du début octobre, la reprise de la croissance de la banquise a été beaucoup plus lente que l’an dernier. Par contre depuis la mi-octobre, les surfaces englacées de l’Océan arctique tentent de rattraper ce léger retard au démarrage du début de la saison froide. Depuis le début novembre, les glaces ont effectué leur jonction avec l’essentiel des côtes russes et canadiennes qu’elles occupent habituellement.

Une vérification du lien est nécessaire. En septembre et au début octobre quand les beaux jours faisaient de la résistance chez nous, la banquise hésitait à démarrer sa croissance de saison froide. Depuis que des vagues froides arrivent par le continent à la mi-octobre où par l’Atlantique depuis la Toussaint, les glaces de mer ont repris un développement plus fort mais retardé par rapport à l’an dernier dans le Bassin arctique.

Il n’est pas sûr que nous ayons cette année un été de la Saint Martin pourtant présent 2 années sur 3 d’habitude !


Gérard Staron vous donne rendez vous  samedi prochain sur les ondes ou le site de de Radio Espérance 13 h15, le texte étant repris sur zoom42.fr et  ce blog : gesta.over-blog.com


Bonne semaine

Par Gérard Staron
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Mardi 3 novembre 2009

Pour l’anniversaire de la grosse crue de la Loire du jour des morts 2008,

 Novembre a commencé en fanfare pour déverser des pluies, comme pour compenser la sécheresse antérieure , l’équilibre du ciel !

Totaux du 1er

Montregard (42) 17,1 mm

Roussillon (Claude 38) 19 mm

Saint Etienne : 7,2 mm

Total du 2 : Saint Etienne 8,5 mm 
Total du 3 : Saint Etienne 1,9 mm
total  du 4 : 1,6 mm
total du 5: 2,6 mm
 pour un total provisoire de 21,8 mm 
et ce n’est pas fini…analyse à venir  dans chronique 752 (7/11/2009)


L’image de satellite transmise par Claude montre

---La perturbation de la Toussaint maintenant de l’Italie à l’Europe centrale

---Celle du jour des morts qui se trouve maintenant sur les Alpes

---Celle de la journée du 3 qui arrive

---Et enfin tout ce qui suit 

---Celle au large de la Bretagne qui arrivera mercredi

---Les boules autour de l’Irlande qui correspondent à la traine active : probablement jeudi et vendredi

Il ne manque que celles du week-end encore trop loin ...
un beau programme
Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Samedi 31 octobre 2009


L’anticyclone : le roi de cet automne.


      Ce sont les pressions qui accompagnent habituellement le beau temps avec de très larges plages d’ensoleillement, des après-midi aux températures agréables, parfois même chaudes pour la saison, et aux vents calmes. Cette situation idyllique souffre très souvent deux bémols  très discrets pendant ces derniers mois  de septembre et d’octobre. Le premier, la fraîcheur ou la froidure des températures minimales a été bien présent mais devait être tu. Le second, les brouillards des cuvettes et dépressions ont été réellement peu fréquents et réduits dans leur extension géographique. Toutes les études des types de temps montrent que septembre et octobre présentent un très grand nombre de ces journées.

Ce temps illustre parfaitement ma précédente chronique, avec un ressenti contradictoire, entre ceux qui se limitent à profiter du caractère agréable d’une situation sans grande contrainte sur les activités humaines et ceux qui utilisent les quelques heures chaudes de l’après-midi pour souligner les dangers du réchauffement de la planète!

Les pressions atmosphériques réduites au niveau de la mer sont en effet très hautes pendant ces mois de l’automne 2009. Sur le Centre-est de la France, les pressions ont été supérieures à 1015 hpa pendant 22 jours pour le mois de septembre et aussi pour les 28 premiers d’octobre, ce qui représente environ 3 jours sur 4. Pendant une journée sur deux sur l’ensemble des deux mois on dépasse les 1020 hpa. Les pressions ont même dépassé 1025 hpa pendant 8 jours en septembre et 4 en octobre, soit pendant une journée sur 5 pour l’ensemble de la période. Vers le 10 septembre, le baromètre est même monté au dessus de 1040 hpa sur les régions bordières de la Manche.

En altitude, la surface des 500 hpa, qui correspond en gros à la pression d’une moitié d’atmosphère, a été très élevée. Elle a dépassé plus de 3 jours sur quatre le niveau de 5700 mètres. C’est toutefois à ce niveau qu’intervient la différence entre les deux mois. En septembre la persistance d’un puissant couvercle anticyclonique d’altitude a été remarquable avec 26 jours à plus de 5700 mètres et 9 à plus de 5820 mètres, niveau rarement atteint même en été. Au contraire, Octobre marque une nette différence puisque la surface des 500 hpa n’a dépassé 5700 mètres que pendant 17 jours et 5820 mètres seulement 1 journée pour les 28 premières dates du mois.

Cette différence signifie qu’en septembre, certains épisodes orageux perturbés n’ont pas réussi à faire sauter le couvercle de hautes pressions d’altitude. C’est ainsi que du 1er au 4 ce dernier reste en place en dépit de l’épisode orageux qui a déposé l’essentiel des pluies du mois. Au contraire pendant le mois d’octobre, les hautes pressions installées au sol n’ont pas pu empêcher la circulation du jet Stream de passer par-dessus

La nature des hautes pressions était donc différente. En septembre il s’agissait d’une dominante d’air tropical qui remontait au dessus de celui du sol, un reste de la situation de l’été où je vous avais décrit le couvercle de hautes pressions remonté sur la Méditerranée. Dans ce cas l’air chaud au dessus sert de couvercle et renvoie sa chaleur aux zones plus basses et empêche les développements orageux.

 En octobre l’air est différent, il s’agit souvent de la descente d’un air froid à l’origine qui se réchauffe au contact de régions plus chaudes avec un ensoleillement abondant. C’est ainsi qu’après chaque passage perturbé les températures sont descendues très bas avec des gelées marquées au retour de l’anticyclone dans un flux de nord. Peu à peu, sous l’effet d’un ensoleillement encore abondant à cette époque de l’année, les températures remontent en liaison avec une atténuation du flux de nord au fil des jours.

Vous avez pu constater qu’en septembre comme en octobre, il y a eu un décalage entre les déclarations sur le beau temps liées à la chaleur des heures les plus ensoleillées de l’après midi et la température globale du mois. Ce contraste apparaît encore plus virulent en octobre marqué par de fortes chaleurs mais aussi des gelées sévères.

Ces situations anticycloniques sont souvent complexes avec l’affrontement entre plusieurs éléments, l’ensoleillement qui pousse les températures vers les sommets et la masse d’air qui en fonction de son origine vient ajouter son impact vers la chaleur, ou corriger le tout vers le bas en particulier pour les températures minimales du matin.

Pendant ces deux derniers mois, l’origine de ces masses d’air a plus souvent contredit l’influence de l’ensoleillement qu’il ne l’a renforcé, avec une dominante de flux de nord.

Plus des deux tiers des jours anticycloniques se sont produits par des temps de nord et de nord-est, soit 29 jours sur 44 pour l’ensemble des deux mois. Quand les hautes pressions s’installent sur l’Atlantique ou remontent sur les Iles Britanniques, les flux qui arrivent chez nous, les contournent par l’est et l’air provient directement des hautes latitudes. Ceci contribue à corriger les températures vers le bas, mais aussi à accroître le contraste entre les températures minimales  du matin et les maximales de l’après midi. En saluant l’observateur du poste, c’est ainsi qu’à Saint Genest Malifaux, dans le trou du sapt à 920 m, le 7 septembre il fait -1,8° de minimum pour 23,9° de maximum, une belle amplitude de 25,7° dans la journée. Le 30 septembre fait presque autant de -3,6° à 21,6°, pour une amplitude de 25,2°. A Saint Etienne, le 5 octobre une amplitude de près de 20° existe entre les 8° du matin et les 27,8° de l’après-midi.

En effet l’air de nord-est qui arrive est particulièrement sec en raison de son origine ou de son long trajet sur des régions continentales avant de nous parvenir. La très faible hygrométrie rend difficile la formation  des brouillards de la fin de nuit. De ce fait, le rayonnement nocturne agit au maximum par ciel dégagé pour abaisser les températures dans les cuvettes froides, surtout celles de moyenne altitude. Dans la journée, cette sécheresse de l’air provoque un ensoleillement persistant du lever au coucher de l’astre, ce qui accentue d’autant  la remontée du thermomètre.

Cet automne restera dans les esprits pour son beau temps très ensoleillé, mais sûrement pas dans les tablettes des températures moyennes. L’automne 2006, où la conjonction entre l’ensoleillement et la provenance de la masse d’air avait été plus convergente, présente des moyennes supérieures de près de 3 degrés par rapport à 2009.

Il n’y a peut être que deux cas qui resteront dans les tablettes. Les quelques journées d’octobre, 4 au total, où, à la forte présence de l’ensoleillement, s’est ajouté un flux de sud en liaison avec un anticyclone situé derrière les Alpes. Ce sont souvent les coups de chaud qui précèdent les grosses pluies cévenoles.

Le second cas correspond aux régions méditerranéennes. Lors de ces temps anticycloniques accompagnés de flux de nord ou de nord-est, l’air, après avoir franchi les hauteurs des reliefs qui encadrent le grande bleue, redescend sous un ciel lumineux. Il accentue son réchauffement au rythme de 1° par 100 mètres, même pour les températures minimales. Pas étonnant que presque tous les matins, pour masquer les petits degrés de Charleville Mézières, de Romorantin ou des postes du Massif central, on vous réchauffe avec les températures de la Côte d’Azur, du Languedoc ou du Sud-ouest.

L’anticyclone est toujours très présent en automne, avec de nombreuses journées ensoleillées,  encore plus en 2009. Surtout, ne confondons pas températures et beau temps !

 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain  pour une nouvelle chronique de climatologie, le texte étant repris sur zoom42.fr et ce blog : http:// gesta.over-blog.com.

Bonne semaine à tous

Par Gérard Staron
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Vendredi 23 octobre 2009

L'image transmise par Claude montre le tourbillon de la deuxième phase de la pluie méditerranéenne du 22 octobre.
On distingue le tourbillon pluvieux centré sur le golfe du Lion.qui envoit ses nuages en direction du Var.et une fois de plus sur le golfe de saint Tropez. Une pluie méditerranéenne peut frapper ponctuellement deux fois le même endroit en un mois !
C'est toutefois le Mont Aigoual qui a reçu les plus de pluies avec 233mm pour l'épisode
Ces dernières ont peu pénétré à l'intérieur :
9,9mm de plus à saint Etienne, soit un total de 27 mm en 48 heures.

L'inondation provoquée par le gros orage du 2 juillet à Saint Etienne, largement décrite et analysée sur ce blog a obtenu depuis le 21 octobre l'arrêté de catastrophe naturelle
Au vu de la faible communication sur l'événement, il n'est pas inutile de signaler que toutes les personnes affectées par cet épisode ont 10 jours pour effectuer leur déclaration.

 

Une façon de passer d'une inondation à l'autre, les discrètes et les médiatiques

Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Mercredi 21 octobre 2009


Claude nous transmet l'image de la pluie cévenole qui a concerné La France ce mercredi 21 octobre.
Très classique:

- par ses constituants, la descente d'air froid,  la recharge en humidité sur la Méditerranée, les Anticyclones qui redressent les masses nuageuses vers les cévennes

- Par la répartition géographique de ses pluies, beaucoup sur les Cévennes, extensions modérée vers le nord (15 mm à Saint Etienne en 12 heures total provisoire)

- Par son balayage des régions Méditerranéennes du Languedoc à la Côte d'Azur.

-Par son importance suffisamment forte pour provoquer un très gros arrosage, et quelques frayeurs mais insuffisante pour une catastrophe....

-Par sa date, La dernière décade d'octobre partage avec la dernière de septembre et la première de novembre la plus grosse fréquence de ces événements

- par son timing  avec une petite tempête pour précéder la pluie

Rien que du classique

Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Samedi 17 octobre 2009

Chronique N°749 :

La température a chu !


       Après les températures très élevées enregistrées les 5 et 7 octobre, une grande partie de notre pays a connu sa première gelée sous abri ce 15 octobre 2009.

A Saint Etienne (500 mètres), après le maximum du 7 octobre à 28,1°, le thermomètre est descendu à -1,2° sous abri le mercredi 15 octobre ce qui constitue la gelée sous abri la plus précoce depuis le début de mes observations en 2006. La première gelée de 2007 s’était produite le 21 octobre avec -1,9°. Le thermomètre n’avait pas connu de valeur négative pour octobre en 2006 et 2008.

Pour des séries et des probabilités anciennes 1959-1978, la comparaison avec les postes historiques de Saint Etienne montre le déclenchement assez précoce des gelées en 2009 puisqu’elles arrivent une année sur deux le 17 à Bouthéon  et le 30 à La Métare. La topographie de l’aéroport, dans le fond de la cuvette de la Plaine du Forez face au nord, explique la date plus précoce à 399 m qu’à 570 m dans l’îlot de chaleur urbain de la ville.

A Montregard (990 m) aux confins des hauteurs d’entre Velay et Vivarais, le thermomètre est monté à 22,5° le 5 octobre pour redescendre à 1,6° le 14 et devenir négatif le 15. Là aussi, il s’agit de la gelée la plus précoce depuis le début des observations, auparavant il s’agissait du 18 octobre 2008.

Sur des séries 1959-1978, du côté Vivarais, à 1050 m,  Saint Agrève et La Louvesc sont affectés la première fois une année sur deux le 20 octobre. Du côté Vellave, les dates sont bien plus précoces en situation interne du Massif central avec le 13 octobre au Puy-Chadrac et le 30 septembre à Fay sur Lignon.

Le début du mois a effectivement battu des records de chaleur en particulier dans la région stéphanoise, mais vérification faite, à Bouthéon le 27,4° sous abri du 5  n’a pas réussi à détrôner  le 28,6° du 2 octobre 1971. Les 30° annoncés dans la presse semblent avoir été plus un souhait idéologique qu’une réalité. Très dure a été ensuite la chute et les gelées du 15 octobre mériteraient autant de couverture médiatique que les excès inverses antérieurs.

La chaleur la plus forte du début du mois a été circonscrite à la retombée septentrionale du Massif central.  Les dépressions au nord ont souvent fourni les villes aux températures maximales les plus chaudes de France avec un 29,7° à Clermont ferrand. Le 7, à la capitale auvergnate s’ajoutent Vichy Bourges et Saint Yan à proximité de Paray le monial sur le podium de la chaleur avec plus de 29°.

Par contre les gelées ont progressé comme une langue en provenance du nord. Le 14, les villes de Charleville Mézières au pied des Ardennes et de Luxeuil en bordure des Vosges ont conjointement subi les températures les plus basses avec -1,9°. Le 15 une immense zone des frontières du nord-est aux hautes terres du Massif central  a connu un thermomètre négatif. Comme souvent, la petite cité de Romorantin, dans sa cuvette solognote, a connu la plus forte gelée avec -5,2°. Ensuite les postes déjà cités pour la veille, d’autres du centre de la France comme Nevers, les stations d’altitude du Massif central comme Aurillac ou Le Puy  sont parmi les plus froides de la journée en dessous de -3°. Vous pouvez constater la continuation de ce type de températures les jours suivants.

Les gelées sont arrivées massivement sur la France avec, dès le premier jour, une intensité qui risque de provoquer quelques problèmes aux végétaux les plus sensibles. Heureusement toutefois qu’une transition lente d’une semaine environ s’est produite entre les extrêmes opposés de ce mois d’octobre.  Sur cette antenne, j’ai cité à de nombreuses reprises  des chutes brutales du thermomètre, de plus de 6° et même l’an dernier de plus de 10° en 24 heures. Cette année rien de tel, la descente irrémédiable s’est effectué à un rythme régulier de quelques degrés par jour, 2 ou 3 environ. De quoi atténuer le choc !

Les conditions atmosphériques ont été plus rudes chez nos voisins helvétiques qui ont ajouté aux gelées des chutes de neige au dessus de 1300 mètres dès le 12 octobre sur les Alpes. Plus de 35 cm au sol à Arosa ou Santis. La France n’a connu pour l’instant que la forme sèche du début de l’hiver mais la suite pourrait arriver sans tarder !

Comme j’ai eu une fois l’occasion de le dire à un ministre qui tentait de me plaisanter sur quelques excès de températures lors de l’inauguration d’un four banal, il n’y a pas de mystère, quand l’air vient du sud, le thermomètre est poussé vers le haut, quand il descend du nord en provenance des régions arctiques, il plonge vers le bas.

Le scénario largement présenté lors de chroniques anciennes et la dernière fois lors des coups de vent de sud, cet été, se reproduit une fois de plus. La situation météorologique s’est progressivement inversée entre le 7 et le 14 octobre.

Entre le 5 et le 7 octobre, notre pays est situé entre une dépression centrée sur le golfe de Gascogne et des hautes pressions positionnées  au-delà des Alpes qui étendent leur influence sur nos régions. Sous un ciel dégagé, avec un ensoleillement abondant, un flux de sud s’installe. Sa chaleur, déjà importante en raison de sa provenance, est accentuée par la traversée du Massif central. Quand il descend des reliefs, il se réchauffe au rythme de l’air sec, soit 1° par 100 mètre. C’est ainsi que dans les dépressions situées au nord, les Limagnes, les bassins de la Loire supérieure, et  même un peu plus loin en aval, les températures peuvent être plus chaudes que dans les régions plus méridionales de la Provence ou de la vallée du Rhône. Le cocktail,  soleil, ciel dégagé, flux de sud, air descendant, explique ces températures maximales très élevées du 5 au 7 octobre ! Ces conditions de chaleur exagérées n’ont concerné que l’espace situé sur la retombée septentrionale du massif, au sens large.

Depuis le 8, l’anticyclone situé au-delà des Alpes a décidé de céder le passage aux perturbations qui piaffaient d’impatience sur l’Atlantique. Ces dernières ont pu provoquer l’épisode pluvieux dont j’ai décris les différents actes sur mon blog à l’aide des images transmises par Claude. D’abord de sud, puis de sud-ouest, l’air est parvenu ensuite du nord-ouest, puis de plein nord après le week-end. Comme souvent, après une famille de perturbations, une langue d’air froid descend en ligne directe des pôles, ce que les spécialistes nomment une déjection polaire. Elle glisse par la mer Baltique et l’Allemagne et atteint le nord est de la France le 14 octobre, puis le 15, continue sa route jusqu’au Massif central. Toutes les cuvettes de cet espace accumulent l’air froid pendant la nuit avec le gel.

En bordure du phénomène notre pays connaît la partie anticyclonique de la descente polaire, celle où le soleil tempère un peu dans la journée les excès de la déperdition nocturne de chaleur. Mais nos amis helvétiques, un peu plus à l’est connaissent les effets de la dépression et de la perturbation qui descend en même temps en Europe centrale. Ils ajoutent la neige en altitude, les nuages qui empêchent le soleil de tempérer le froid pendant la journée. Cette phase du froid humide arrivera peut être chez nous de façon atténuée au moment où vous m’entendrez samedi !

Depuis 16 ans que vous pouvez entendre cette chronique, j’ai présenté, à de nombreuses reprises, des situations semblables en toutes saisons. Nos dépressions du nord du Massif central, au long de la Loire et de l’Allier, exagèrent dans les deux sens les excès thermiques de notre pays.

Plus dure, la chute du thermomètre, mais aussi des espoirs de ceux qui vantaient un mois d’octobre très chaud pour étayer leur idéologie !

 

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine pour une chronique spéciale sur Radio espérance, la 750ème, le texte étant repris sur zoom42.fr et mon blog http://gesta.over-blog.com.

 

Bonne semaine à tous

Gérard Staron « L’hiver dans le Massif central, étude de climatologie et d’hydrologie »1993 Publications de l’Université de Saint Etienne, 4ème impression.

Par Gérard Staron
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Lundi 12 octobre 2009

Episode pluvieux du 8 au 12 octobre 2009 (actes III, IV et fin)

 

Les pluies ont continué au rythme d’un épisode nocturne par jour

A Saint Etienne (500 mètres)

L’acte III a apporté dans la nuit de samedi à Dimanche  7,3 mm

L’acte IV dans celle de Dimanche à lundi  3,9 mm plus 0,3 mm dans la matinée

Le total depuis jeudi dernier se monte à 49,5 mm

A Montregard (990 mètres Haute Loire)

Les actes I, II et III ont déposé » 48 mm, soit un total supérieur au mois de septembre entier.

 

L’étalement des précipitations sur plusieurs jours a permis aux sols très secs de s’humecter au maximum.

 

Les pluies ont perdu au long de l’épisode leur intensité car  on est passé de perturbations de sud puis sud-ouest revigorées par les eaux chaudes de la Méditerranée (acte I)  ou la chaleur résiduelle des derniers jours ( acte II) , à  celles des nord ouest (acte III) et de nord (acte IV) de moins en moins chargées en humidité en raison de leur origine septentrionale.

L’image de ce lundi matin transmise par Claude sonne la fin de l’épisode.

On y distingue la perturbation de nord qui continue à déposer ses pluies sur l’est de la France, les Alpes avec les premières neiges de la saison, la Suisse , l’Allemagne.

On remarque  aussi la coulée d’air froid au sol en provenance des hautes latitudes que l’on nomme déjection polaire. Elle descend par la mer du Nord,  a traversé la France et a atteint  les Pyrénées où se moule la ligne de nuage qui marque son avancée maximale.

Cette déjection polaire met fin à l’épisode pluvieux car elle va couper pendant quelques jours la route traditionnelle des perturbations qui descendent de l’Atlantique, mais il va falloir maintenant subir le froid qui l’accompagne.
Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Vendredi 9 octobre 2009

     L'acte II des pluies s'est déroulé vendredi de 8 à 12 heures environ. Il a déposé 14,9mm à Saint Etienne soit un total de 37,4 mm avec les pluies de la veille

L'image transmise par Claude ce 9 octobre en fin de  matinée permet de distinguer:
l'acte I : La perturbation de la veille forme la bande nuageuse qui s'étire de la Sardaigne à la Plaine du Pô.
L'acte II : L'amas de nuages issue des orages du sud-ouest de la veille  a traversé le sud de la France selon une trajectoire de sud-ouest. Il termine de déposer leur eau sur le Centre-est de la France du Mézenc aux Alpes du nord
le futur Acte III: La nouvelle perturbation aborde le Golfe de Gascogne.
Comme la température baisse, il y a de moins en moins de chaleur pour stimuler ces perturbations sur le continent, Comme l'air froid qui arrive repousse  la recharge en humidité sur la Méditerranée plus loin, la pluie perd de son intensité au fil des actes  de l'épisode... A suivre...
Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Vendredi 9 octobre 2009

Comme annoncé, le premier acte de l'épisode pluvieux en cours est arrivé au petit matin du jeudi 8 octobre, sur Saint Etienne (500 m) où il a déposé 22,5 mm de 8 heures à 15h30 environ.
Il est presque tombé autant de pluie que sur le mont Aigoual (26 mm) et un peu moins qu'à Aubenas (41 mm)
Voici l'image transmise par Claude du jeudi vers 10 heures du matin.
On distingue la masse pluvieuse qui dépose alors ses pluies de l'est du Massif central aux Alpes du nord et du Jura
Cet acte 1 correspond à l'arrivée de la perturbation océanique partiellement réactivée par l'humidité qui remonte de Méditerranée avec l'arc de nuages de la mer d'Alboran à la Camargue

L'acte 2 de l'épisode pluvieux est en gestation. Il s'agit de l'arc nuageux qui longe les côtes du golfe de Gascogne du Pays basque aux Landes.
Dans la journée de jeudi, il s'est revigoré au contact de l'air chaud du bassin Aquitain et actuellement il déverse depuis 8 heures vendredi  ses pluies sur Saint Etienne.

les actes ultérieurs attendent  au large sur l'Atlantique .... A suivre ... Le feuilleton commence
Gérard Staron

Par Gérard Staron
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Vendredi 2 octobre 2009

Inondations de Sicile :  Episode pluvieux-méditerranéen et « Alluvione »

 

L’image transmise par Claude de ce vendredi matin permet de comprendre le mécanisme météorologique avec les 3 éléments classiques qui provoquent les épisodes pluvieux méditerranéens

-          une descente froide  à partir de la mer Baltique et à travers l’Allemagne  atteint le golfe de Gènes. La ligne de nuage de la catalogne aux Baléares et aux côtes du Maghreb marque sa limite méridionale

-          Une recharge en humidité sur la Méditerranée avec le gigantesque tourbillon nuageux visible sur l’image. Il ressemble presque à un cyclone tropical !

-          La présence de l’anticyclone  de la Méditerranée orientale rabat  la pluviométrie en direction de la face est de la Sicile et la région de Messine.

 

Il n’est pas étonnant dans cette partie de l’Italie  que les fortes précipitations provoquent des glissements de terrains que nos amis italiens nomment des « Alluvione ». Dans ce cas, un fleuve de boue est descendu sur plus de 3,5 km   Ce type de calamité est lié à la nature argileuse des roches qui perdent  leur structure en cas de forte pluie.  Des pans entiers se détachent  des reliefs et forment des cavités comme celle visible dans les reportages au milieu de la ville de Messine.  Les masses boueuses et visqueuses glissent et viennent engluer les zones situées en dessous  en formant  un fleuve boueux.

Dans le passé des catastrophes  de ce type, ont provoqué plus de 200 morts dans la petite cité de Sarno dans la région de Naples.

L’importance de l’argile pose de nombreux problèmes à nos voisins italiens outre ces alluvione, les voies de communications doivent être protégées de  glissements de terrains en tous genre, nommés aussi « frane » en multipliant dans ces zones les viaducs et les tunnels.

 

Gérard Staron

Par gesta
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