actualité climatique

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 12:25


Chronique climatologie N°757
: Les pluies océaniques révélatrices de la géographie


     Les perturbations océaniques répétitives ont déversé des records de pluie pendant le mois de novembre, mais les totaux présentent des contrastes énormes de pluviométrie sur des espaces particulièrement réduits.

Nous prendrons deux exemples caractéristiques.

 D’abord, le Nord-Pas-de-Calais, la région a reçu localement le plus d’eau, des records toutes catégories. Le total mensuel a atteint 406,5 mm au poste de Bourthes sur les hauteurs aux confins de l’Artois et du Boulonnais.

Le seul point du littoral à dépasser 200 mm pendant le mois se situe au niveau du Touquet, Les collines situées immédiatement en arrière au sud du Boulonnais sont les plus arrosées avec Bourthes, mais aussi Desvres avec 371 mm.

De part et d’autres de ce paroxysme, les précipitations baissent vers l’intérieur le long des collines de l’Artois en direction du Cambrésis où l’on tombe en dessous de 100 mm. Les totaux diminuent aussi au nord, dans la Plaine de Flandres, mais aussi vers le sud, en direction de la vallée de la Somme, qui reçoivent de l’ordre de 150 mm l’une comme l’autre.

Dans cette pointe maritime du Pas de Calais, les totaux de précipitations varient dans des proportions  de 1 à 5 entre les secteurs les plus arrosés et ceux à l’abri sur des distances limitées. Les différences d’altitudes sont faibles, les collines de l’Artois ne culminent qu’à 211 mètres. Les nuances entre versants portent, au plus, sur quelques dizaines de mètres de hauteur, pourtant sur quelques kilomètres, les précipitations tombent de 309 mm à 180 mm sur le haut bassin de la Lys.

Les nuances de ce type de pluies océaniques exagèrent considérablement les effets du relief.

L’exemple est encore plus caricatural quand on examine les précipitations de ce mois de novembre sur le réseau de mesure de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire publiés dans le bulletin N° 56. Ces deux départements sont en limite de l’extension de ces pluies océaniques. Les différences de pluviométrie entre les secteurs géographiques opposent les 154,6 mm de Noirétable au nord des monts du Forez et les 35 mm de Villerest dans le fond de la plaine de la Plaine de Roanne. On retrouve un rapport de 1 à 5 avec une multitude de nuances entre les secteurs sensibles et ceux à l’abri

La différence est d’abord visible au niveau des différents massifs montagneux. Les 154,6 mm de Noirétable représentent les reliefs exposés aux vents océaniques du haut Forez aux monts de la Madeleine. Le Beaujolais, pas seulement les monts, est aussi très arrosé avec 104 mm à Morgon plus connu d’habitude pour son vin que son eau. On peut regretter que l’association ne dispose pas de mesure de pluviométrie sur les parties élevées des monts du Beaujolais comme de la Madeleine car les 200 mm ont probablement été dépassés. Par contre les Monts de Tarare avec 95 mm à Violay ou ceux du Pilat avec 96 mm à Tarentaise sont déjà dans une position plus méridionale par rapport à la trajectoire des perturbations de novembre. Leurs sommets un peu plus bas sont relativement à l’abri derrière Pierre sur Haute, ce qui contribue à baisser les totaux pluviométriques par ces temps. Ce n’est pas la première fois, que je signale dans le département de la Loire, que les pluies ou les vents océaniques sont rarement sensibles au sud d’une ligne Boën-sur-Lignon Feurs.

Les contrastes les plus marqués sont d’abord visibles entre le nord et le sud des monts du Forez. A des altitudes semblables vers 700 et 800 mètres, sur des distances faibles le total pluviométrique s’écroule. On passe de 154,6 mm à Noirétable à 71,7 mm à Saint-Just-en-bas et à 40,7 mm à Bard au dessus de Montbrison. Le total est divisé par 4  sur moins de 20 km à vol d’oiseau. La raison est très simple, l’abri derrière les hauteurs de Pierre sur Haute lors du passage des perturbations d’ouest ou de nord-ouest. Noirétable les reçoit tandis que plus on glisse vers le sud-est, plus le versant oriental des monts du Forez passe  à l’abri des hauteurs de Pierre sur haute et la zone n’est plus capable de recevoir les pluies d’ouest nord-ouest.

Les contrastes sont aussi très importants quand on descend des reliefs vers les plaines intérieures du Massif central.

--- Sur le flanc nord du Pilat, le total descend de moitié entre Tarentaise à 1100 mètres avec 96,3 mm et Saint Etienne à 500 mètres avec 41 mm

--- Sur le versant oriental des monts du Forez, la chute est encore plus forte entre Noirétable 154,6 mm et Leigneux au contact de la Plaine du Forez avec 43 mm ou avec Villerest dans le fond de la plaine de Roanne avec 35,8 mm.

Par contre on ne retrouve pas un tel contraste entre les Monts de Tarare et les plaines de la Saône. De 96 mm à Violay Gabotin, à 830 mètres d’altitude près des sommets, on descend à 89 mm environ à Tarare et à Montmelas et seulement à 75 mm environ à Anse et à Villefranche, à proximité de La Saône.

Il en est de même au niveau de l’agglomération lyonnaise où Pierre Bénite,  Bron et Satolas dépassent 80 mm et semblent peu souffrir d’une situation pourtant semblable.

La position d’abri dans les plaines de la Saône et du Rhône au pied des reliefs du Beaujolais et du Lyonnais devrait logiquement  être la même que celle des plaines de Roanne ou du Forez au pied de l’axe du haut Forez aux monts de la Madeleine ou que celle du bassin stéphanois au pied du Pilat, pourtant ce n’est pas le cas.

L’altitude des reliefs bordiers semble en cause, mais une autre raison s’ajoute. La trajectoire des perturbations contourne le Massif central puis est attirée par la Méditerranée ce qui  revigore les précipitations.

Ces deux exemples montrent que les pluies déposées par les perturbations océaniques sont un excellent révélateur de la géographie. Elles exacerbent les différences d’altitude. On voit en effet dans le Nord du pays, combien des écarts de quelques mètres en hauteur peuvent se traduire par d’énormes différences de pluviométrie. Elles exagèrent aussi les différences de versants et d’exposition par rapport à l’arrivée des masses pluvieuses. L’opposition entre les versants arrosés au vent et secs sous le vent trouve ici sa pleine illustration.

Heureusement que les pluies sous nos latitudes tempérées ne viennent pas toujours avec la même trajectoire car à quelques kilomètres, on trouverait côte à côte des zones hyper humides et de vrais déserts

Heureusement que les autres formes de précipitations n’ont pas la même répartition géographique, Autant les pluies océaniques avancent comme un impressionniste qui dépose ses eaux sur des points privilégiés, autant les pluies cévenoles avancent comme un rouleau compresseur qui balaie tout sur son passage, autant les orages se déversent de façon aléatoire au gré de leurs facéties.

L’ensemble donne la pluviométrie moyenne. Ce n’est que la synthèse de toutes ces formes pluvieuses, très variables selon les avatars des perturbations au fil  des mois et des années. Une complexité sans fin dont tous les fils n’ont pas encore été tirés !

 

La semaine prochaine la chronique vaquera en raison des programmes spéciaux de préparation à Noël sur Radio Espérance. Entre temps vous pourrez toujours consulter prévisions et articles d’actualité sur ce blog http:// gesta .over-blog .com

 

 Bonne préparation de Noël !

 

Gérard Staron

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 15:08

La neige a encore progressé avec le premier jour de décembre......


L'altitude de base du manteau neigeux est descendue vers 850 mètres .... environ 150 m plus bas qu'hier...
L'occasion de remercier Marcel, excellent photographe  qui m'a communiqué cette vue des hauteurs de Salvaris sur le versant nord du PIlat.
En bas, il continue de pleuvoir
4,3 mm ce matin après les 7,4 d'hier à Saint Etienne
Gérard Staron

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Auvergne et Massif Central
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 18:29
La neige est bien arrivée sur le Pilat dans la nuit de Dimanche à lundi


Dès que la couverture nuageuse s'est dissipée contre le versant nord du Pilat, une couche blanche au sol est visible au dessus de Salvaris, un peu au-dessus de 1000 mètres comme l'atteste cette photo. Depuis la couche a plutôt tendance à regresser.

La perturbation de la nuit a déposé 7,4 mm à Saint Etienne...
L'hiver est de retour

Gérard Staron
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 18:20

Cette image du samedi 28 novembre transmise par Claude que nous remercions, illustre deux aspects du temps de ces derniers jours.


La position d’abri des dépressions qui longent le fleuve Loire mais aussi  de la Limagne de Brioude. Alors que les nuages couvrent les hauteurs du Pilat d’un Côté et du Forez de l’autre, on distingue le sillon des Bassins qui s’étirent du Puy à la région de Roanne  avec un ciel totalement dégagé. En cas de pluies océaniques ces zones sont souvent indemnes de pluies comme indiqué dans les prévisions.

Les trajectoires des perturbations qui viennent déposer leur eau sur les collines du Boulonnais. La première  déjà passée continue sur le Benelux. Ses pluies ont provoqué une montée de l’Hem à 2 m

La suivante qui arrive dans les heures qui suivent provoquera une nouvelle montée de la rivière à 2,07 m

Décidément le Nord n’en a pas encore fini avec les crues

 

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Le champ du monde
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 21:39

Le vent et les inondations dans le Nord !


        Nos concitoyens du haut bassin de la Loire, jouissent d’un temps presque idyllique, quand la France du nord subit tempêtes quotidiennes et en Boulonnais de petites inondations. Il en est ainsi depuis le début du mois de novembre et ceci risque de continuer jusqu’à ce que les anticyclones qui bloquent l’avancée de l’air polaire perturbé aient enfin cédé, ce qui ne devrait ne plus trop tarder.

Cette chronique n’est que la suite de celle de la semaine dernière qui vous présentait la répétition des petites tempêtes successives en Manche depuis le début du mois .

La semaine dernière je vous annonçais que 6 jours le vent avait dépassé 100 km/h à Ouessant, , le jeudi 26, il s’agit de 9. Plus de 11 jours, il avait dépassé 90 km/h, c’est monté à 18 jours et pour ceux à plus de 80 km/h, il s’agit de 22 jours. Ces nombres sont provisoires car au moment où j’écris ces lignes d’autres coups de vents approchent !

Par rapport à mes explications de la semaine dernière, les conditions ont peu changé.

Les tempêtes se succèdent à un rythme quotidien, le vent  a dépassé 100 km/h tous les jours au moins sur un point du littoral de la Manche. Les pointes se dégagent mal dans une période continue de vent fort qui donne plutôt l’impression d’un rouleau compresseur que de coups de boutoirs. Les rafales supérieures à 100 km/h se sont étalées en Manche en deux épisodes séparés seulement de quelques heures. Le 1er dure 48 heures à partir du 21 à 23 heures. Le second commence en fin de journée du 24. Cette persistance du vent violent, qui n’est d’ailleurs pas terminée, montre que la pression de la dépression polaire s’accroît de jours en jours, mais ne fait pas encore céder les anticyclones du sud. 

 Les vitesses maximales des tempêtes sont importantes, gênantes, mais incapables de provoquer de gros dégâts. Les rafales maximales se situent régulièrement entre 115 et 120 km/h, 119 km/h au cap Gris Nez le 22 à 18 heures, 115 km/h pendant de nombreuses heures à Ouessant comme à la Pointe du Raz.

Les tempêtes sont restées globalement confinées aux littoraux de la Manche de la pointe de la Bretagne au Pas de Calais. Comme depuis le début du mois, elles ont peu pénétré à l’intérieur du pays.Toutefois elles ont tenté à deux reprises de la faire :

La première a eu lieu à la mi-journée du dimanche 22. Les rafales les plus importantes se sont étendues au littoral atlantique jusqu’au cap Ferret à l’entrée du bassin d’Arcachon. La tempête a même tenté une pénétration au niveau du seuil du Poitou, selon un axe Niort, Poitiers. La tentative a duré deux heures mais n’est pas allé plus loin que la capitale régionale poitevine.

La seconde a concerné le Boulonnais qui a subi les rafales les plus violentes entre les après-midi du 22 et du 23. Ces dernières ont perdu rapidement de leur virulence en pénétrant à l’intérieur des terres et Lille n’a jamais atteint les 100 km/h.

Le Boulonnais  a aussi subi le second aspect de cette situation météorologique agitée, avec des inondations importantes. Elles n’ont pas atteint le caractère exceptionnel de celles qui ont affecté le nord-ouest de l’Angleterre. Les rivières descendant du district des lacs, en particulier la Cocker, ont répandu la désolation à Cockermouth et Workington en emportant tous les ponts. Ces deux régions, Boulonnais comme le nord de l’Angleterre, ont connu la même situation face à l’arrivée des masses pluvieuses. Dans les deux cas elles présentent un littoral d’orientation méridienne qui reçoit de plein fouet les pluies déversées par les perturbations en provenance de l’ouest.

Immédiatement en arrière de la côte, des reliefs accentuent les précipitations de façon orographique. Il s’agit en France des collines du Boulonnais qui culminent à 211 mètres et dans le district des lacs, des monts du Cumberland qui atteignent 979 m au Scafell Pike. Les abats pluvieux des collines du Boulonnais, environ 60 mm en 48 heures, sont théoriquement loin des 314mm annoncés en 24 heures à Cockermouth. Cela fait beaucoup pour la région, ne s’agirait il pas plutôt du cumul obtenu sur plusieurs jours ?

 Cette orientation de la côte perpendiculaire  à l’arrivée des masses pluvieuses, la persistance de la même situation atmosphérique sur une longue période, provoquent des pluies tous les jours depuis le début du mois qui s’accumulent les unes aux autres. Par exemple Au Touquet, il a plu presque tous les jours depuis la Toussaint. Il est d’abord tombé 84 mm du  1er au 8 Novembre. Après deux jours de répit, il s’ajoute 36,6 mm du 11 au 18. Après 48 nouvelles heures d’accalmie, il arrive encore 60,6 mm du 21 au 26 dont un maximum de 20,2 mm le fameux jour de la crue. En dernière minute il tombe 23,8 mm jeudi. Le total se monte à 205,8 mm depuis le début du mois sur le flanc occidental des collines du Boulonnais. Les premières pluies saturent le sol et provoquent peu de réaction des rivières, mais progressivement ces dernières enflent de plus en plus pour des totaux parfois inférieurs aux précédents. Ainsi 21 mm le 1er novembre, ont moins d’impact que 20 mm le 23 et autant le 26, mais entre temps plus de 150 mm sont tombés.

Descendant des hauteurs, des rivières, la Liane ou la Hem dans le Boulonnais, et la Cocker river au nord ouest du Royaume Uni, drainent l’ensemble de ces secteurs et sont particulièrement sensibles à cette accumulation de précipitations sur le versant exposé à ces pluies.

L’analyse de la crue des rivières du Boulonnais du 23 novembre est très intéressante. La Liane qui descend sur le versant occidental bien exposé aux pluies est montée de plus de 3 mètres à Virvignes avec un niveau qui dépasse celui des dernières crues. La Hem située un peu en arrière sur le versant nord n’a gonflé que d’un mètre environ, pour une cote qui n’atteint pas la hauteur des crues des années précédentes. L’Aa, est monté dans des conditions comparables sur le versant interne des collines du Boulonnais. La crue assez forte sur le cours amont, avec une cote de 2,20 m à Lumbres situé au cœur des collines, perd vite de l’importance en direction de l’aval. Enfin la Lys, au bassin interne qui draine les eaux en direction de la Flandre intérieure, et de la Belgique a connu une crue faible et une montée très lente.

Les nouvelles pluies du jeudi 26, ont provoqué une nouvelle crue plus importante que la précédente dans la nuit de jeudi à vendredi. Avec un total de précipitations de même nature, 41 mm à Gravelines, 23 mm au Touquet, les rivières sont montés encore plus haut. La Liane avec une cote de 3,89 m jeudi à 23h 30 a dépassé de 20 cm le niveau maximum de la crue précédente. L’Hem a surpassé sa cote du 23 novembre de plus de 50 cm et sa crue se poursuit encore en aval vendredi matin. Les pluies ayant peu pénétré à l’intérieur de la Flandre, l’Aa a moins réagi (30 cm en moins), la Lys n’est pas montée.

Ce n’est peut être pas fini en pays Chti, entre Bergues et Berck plage. La persistance de la même situation atmosphérique, fait encore revenir des perturbations et des pluies d’ouest contre cette côte méridienne. Plus ces dernières se succèdent, plus les rivières réagissent et montent haut. Tant que la situation atmosphérique restera agitée entre l’air polaire perturbé qui pousse des coups de boutoirs à partir du nord et les anticyclones méditerranéens qui résistent bec et ongle au sud, tempêtes et crues océaniques continueront.

Décidément en pays « Chti » , tout se joue entre le sud et ce « ch ».nord. « Bon vent » aux services de la DREAL et du Shapi chargés de ces cours d’eaux évocateurs : La Liane, L’Hem, la Lys, l’Aa ! Une phonétique particulière ! 

Gérard Staron vous retrouvera samedi prochain sur les ondes  ou le site de Radio espérance 13 h 15, mais aujourd’hui et demain vous pouvez me rencontrer avec Jean Paul Bourgier à la fête du livre de Lorette


Bonne semaine à tous

 

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Le champ du monde
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 20:18

 

Notre chronique N° 754 vient de connaitre une suite annoncée .

La nouvelle tempête du dimanche 22 novembre  a provoqué des vents de vitesse comparable à celles du week-end précédent. 117 km/h  ont été atteint à Belle île.

Comme la précédente, les régions côtières de la Manche ont été affectées en priorité . toutefois, la carte jointe, comparant pour les deux tempêtes les régions qui ont connu au moins une rafale supérieure à 100 km/h  montre deux nouveautés :

1)      les côtes de l’Atlantique ont été concernées de façon au moins aussi importantes que celles de la Manche , ce 22 novembre. Les fortes rafales  sont descendues jusqu’au Cap Ferret

2)      une tentative de pénétration à l’intérieur du pays a eu lieu au niveau du seuil du Poitou puisque les rafales supérieures à 100 km/h ont atteint la station de Poitiers.

 

Cette tentative de descente vers le sud des vents violents par rapport au week-end précédent montre la virulence de l’air froid qui tente de progresser et d’installer des conditions hivernales.

Ce qui s’est produit en France parait de moindre importance face aux très grosses précipitations tombées sur la face ouest de l’Angleterre, et à l’offensive du froid en Turquie.

Les températures très douces de ce mois de novembre  connaissent leurs derniers jours, mais l’air froid n’a pas terminé  sa bataille pour repousser chez nous les anticyclones vers le sud.

Gérard Staron

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Le champ du monde
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 15:47
Le Pays basque et la pluie.

       Ce n’est pas un hasard si le premier air de l’opérette « Fandango du Pays basque », chante la « Pluie ». Autrefois il était interprété par  Luis Mariano, à l’origine locale à Escangues  incontestable.

Depuis le début de ce mois de novembre, le Pays basque justifie cette réputation arrosée. Le total de la station de Biarritz  dépasse déjà 280 mm. Celui de sa voisine espagnole San Sébastien atteint 257 mm. Cette quantité énorme est le résultat de pluies quotidiennes inégales après une entrée en matière de l’ordre de 20mm le jour de la Toussaint. On  distingue en effet 3 paroxysmes pluviométriques.

Le premier celui du 4 et du 5 est le plus important avec plus de 100 mm à Biarritz

Le second dépose le 7 et le 8, 57 mm à la même station

Le troisième ajoute encore 50 mm environ le 10.

Les rivières qui descendent du flanc atlantique des Pyrénées convertissent en pointe de crue chacune de ces précipitations avec un petit décalage, mais l’importance de la montée des eaux est croissante chronologiquement ce qui représente un impact inverse par rapport au total de chacune des pluies.

La montée du 5 novembre n’est qu’une intumescence limitée qui atteint 2 m sur le Gave d’Oloron à Escos, 2,13 m sur la Nivelle, 2,7 m sur les Gaves réunis à Peyrehorade.

Celle du 8 novembre monte les niveaux des Cours d’eau un peu plus haut sur la Nivelle avec 2,18 m, beaucoup plus haut sur le gave d’Oloron avec 2,80 m et encore plus haut sur les gaves réunis  à Peyrehorade avec 3,40 m.

La crue du 11 novembre monte encore plus haut en dépit de précipitations moins efficientes que les précédentes. On atteint 2,80 m sur la Nivelle, 3,70 m sur le Gave d’Oloron et surtout plus de 4,20 m pour les Gaves réunis à Peyrehorade.

Cette fois des niveaux dangereux sont atteints à peine en dessous des grandes crues historiques. Sur le Gave d’Oloron à Escos, les écarts sont les plus faibles par rapport aux inondations de référence, la crue de mars 2006 passe moins de 10 cm au dessus, celle de septembre 2003 moins de 30 cm au dessus et celle du 6 octobre 1992 dépasse à peine de 1 mètre. Sur les Gaves réunis  à Peyrehorade, la différence avec la même inondation historique d’octobre 1992 parait encore plus faible soit 4,85 m contre 4,20 m ces derniers jours.

La contradiction entre l’intensité décroissante des paroxysmes pluvieux et celle croissante des niveaux des rivières n’est pas une surprise. Les premières pluies servent surtout à saturer les sols, en remplissant sa réserve, mais aussi par une capacité provisoire de stockage des eaux qui est ensuite restituée par ressuyage. Les pluies qui arrivent ensuite présentent un pourcentage d’écoulement de plus en plus fort vers la rivière. Le phénomène est accentué si le ressuyage n’a pu se faire par le retour régulier de précipitations quotidiennes. Cet aspect est attesté par le fait qu’entre chacune des pointes la rivière ne revient pas complètement à son niveau antérieur.

J’avais déjà constaté le phénomène lors de plusieurs épisodes pluvieux cévenols successifs. L’exemple classique est celui de novembre 1951, où la pluie du 8 est supérieure à celle du 19 alors que la crue du 19 dépasse celle du 8.

Le Pays basque est climatiquement en région océanique. La répétition quotidienne de pluies substantielles pendant une dizaine de jours avec des paroxysmes limités le confirme,  mais la montée rapide des rivières, près de 4m en 24 heures avec des intumescences séparées les unes des autres pour séparer l’impact des différentes précipitations est plus un phénomène de nature méditerranéenne. La forte pente des rivières qui joignent directement sur une distance courte  les reliefs des Pyrénées atlantiques à l’Océan facilite un écoulement rapide qui explique cette ressemblance avec les épisodes  méditerranéens.

Ceci permet d’aborder le problème géographique et météorologique qui a permis l’accumulation de toutes ces pluies dans l’entonnoir du Pays basque.

Par les temps océaniques perturbés, l’air froid en provenance des hautes latitudes se recharge en humidité sur les eaux encore tièdes du golfe de Gascogne et il vient ensuite buter sur la barrière montagneuse des Pyrénées et des monts Cantabriques qui se situent à cet endroit juste en arrière de la côte. Ceci accroît d’autant le total déposé sur le Pays basque.

Depuis le début du mois ce type de temps est d’une persistance rare. Tous les jours de l’air humide a buté sur ces reliefs et a déposé ses pluies orographiques. Chaque perturbation organisée a provoqué l’un des paroxysmes pluvieux cités ci-dessus.

Le reste n’est qu’une question de trajectoire qui dirige ou non sur le Pays basque l’essentiel des pluies.

Celles d’ouest longent l’ensemble des côtes du nord-ouest de l’Espagne depuis la Galice. Toutes les régions qui longent ce littoral sont arrosées de façon semblable. La pluie du 1er novembre qui apporte une vingtaine de millimètres est à ranger dans cette trajectoire.

Les perturbations qui viennent de plein nord arrivent avec une humidité plus faible liée au froid plus marqué de l’air qui peut moins contenir d’eau précipitable. Il en est ainsi de celle qui se présente le 8 et le 9 novembre.

Ce sont celles de nord –ouest qui effectuent une courbure sur le golfe de Gascogne avant de plonger au fond vers le Pays basque qui apportent l’essentiel des pluies. Au total il y en a eu 3 lors des 3 paroxysmes, pluvieux puis hydrologiques déjà présentés. Les totaux déposés ont tendance à baisser de l’une à l’autre car ces dernières rencontrent des milieux géographiques, océans comme continents, de moins en moins chauds depuis la fin octobre ce qui limite d’autant la recharge en humidité.

Ce n’est pas un hasard si l’axe montagneux Pyrénéo-cantabrique est une limite climatique majeure de l’Espagne entre ce qu’il est classique de nommer l’Ibérie humide au nord de la Galice au Pays basque et l’Ibérie sèche de la Vieille Castille à la Navarre. De l’autre côté de ce relief, les totaux pluviométriques ont été dérisoires depuis le début de novembre. Les paysages présentent un contraste majeur en toutes saison de l’ocre de la sécheresse au verdoyant des forets et prairies de Galice et des Asturies.

La pluie, lors du passage du Tour d’Espagne sur les terres océaniques du nord-ouest du pays, a souvent eu un rôle majeur sur l’Epreuve cycliste. Ces dernières années,  Valverde y  a perdu une Vuelta sous la pluie dans une descente. D’autres ont chu dans un sprint sous un grain pluvieux à Santander.

Dans le passé, le col de Pajares qui correspond à l’un des points de passages majeurs de ces montagnes à 1379 m d’altitude entre Oviédo et Léon a souvent marqué par sa pluie et même la neige, les étapes les plus dantesques. Que les coureurs trouvent brutalement la pluie et la neige en passant de l’Ibérie sèche à celle humide, ou lors d’étapes entièrement arrosées sur le versant atlantique !

 

Une occasion de vous signaler que vous pourrez me rencontrer  ainsi que jean Paul Bourgier à la « ballade autour du Livre » de Lorette les 28 et 29 novembre où nous dédicacerons nos ouvrages en particulier «  Conditions climatiques et compétitions cyclistes ».

 

Gérard Staron vous retrouvera  samedi prochain pour une nouvelle chronique, le texte étant repris sur zoom42.fr et ce blog :http:// gesta.over-blog.com

Bonne semaine à tous

 

 

 

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Le champ du monde
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 14:22


La Toussaint : second coup de boutoir de l’hiver !


    Les anticyclones, vedettes du début de l’automne dont je vous entretenais la semaine dernière ont cédé la place depuis le premier jour de novembre aux perturbations qui descendent des hautes latitudes selon une trajectoire de nord-ouest attirée par une dépression centrée sur les Iles britanniques.

Les passages pluvieux s’avancent en rangs serrés comme le montre l’image transmise par Claude et que vous avez pu observer sur mon blog. Dans l’est du Massif central nous les avons vu passer dans les nuits qui ont suivi la Toussaint, puis le jour des Morts, avec des averses résiduelles en milieu de semaine avant la reprise probable de samedi.

Toutes ces perturbations ont affecté la totalité du pays de façon irrégulière en fonction de leur sensibilité à ce type de temps océanique. La pluie a été le principal impact.

 Les précipitations quotidiennes ont rarement dépassé 30 mm sauf celles dans le Pays basque, en cours au moment où j’écris cette chronique, qui a déjà déposé plus de 60 mm mercredi et jeudi, et plus de 106 mm depuis le début à Biarritz. Ces cumuls journaliers atteignent parfois des quantités substantielles. Il tombe 90 mm à Paluel jusqu’au 4 le long des côtes de la Manche qui constituent le point d’entrée des masses pluvieuses de nord-ouest sur notre pays entre le Cotentin et le Pas de Calais. Le limousin est aussi très arrosé avec 99 mm à Limoges au pied du premier relief élevé, le Plateau de Millevaches, qui reçoit de plein fouet  ces mêmes masses pluvieuses. Ces totaux sont très provisoires, ils seront notablement augmentés au moment où vous m’entendrez.

Les perturbations ont eu une efficacité pluviale diverse, mais beaucoup plus forte les jours impairs de ce début de mois.

--- Celle de la Toussaint a déposé les totaux les plus élevés avec plus de 10 mm sur une grande partie du territoire  et plus de 30 mm sur les côtes océaniques à Cazeaux ou le Touquet mais aussi au pied de tous les reliefs bien exposés comme Grenoble, Guéret ou Limoges.

--- Le lendemain les totaux les plus élevés s’étirent de la Bretagne à l’ouest du Massif central

--- Le 3, les côtes de la Manche puis les reliefs de l’est sont les plus arrosés

--- Le 4 et le 5, les pluies se concentrent une nouvelle fois du Cotentin au Pas de Calais

La perturbation qui s’annonce pour samedi s’annonce très pluvieuse.

Peu à peu des formes hivernales réapparaissent pour la seconde fois depuis le début de cette saison.

Les côtes de l’Atlantique et de la Manche ont subi une petite tempête océanique hivernale sans catastrophe toutefois.

Les neiges apparaissent pour la première fois à la mi octobre sur les Alpes Suisse. A Santis, le manteau atteint 76 cm. Lors du week-end du 17 et du 18, les flocons descendent à 1000 mètres d’altitude sur le Massif central.  Le manteau tient même au sol 3 jours sur le massif du Mézenc. Le Pilat est aussi blanchi, selon une photo du dernier bulletin « Météo fil » des Météorologistes d’entre Rhône et Loire, ainsi que le Jura. Il persiste 50 cm à plus de 2000 mètres sur les Alpes Suisse le 1er novembre, quand s’ajoutent ensuite les nouvelles couches de cette semaine. Il ne s’agit pas des premières neiges comme quelques amnésiques l’ont annoncé, puisque ces dernières datent de la mi octobre.

Les gelées reviennent aussi lors de cette fin de semaine. Là encore, celles de la mi-octobre ont été plus nombreuses et sévères que celles de ces derniers jours.

L’air de ces deux vagues froides est un peu différent. Descendant du nord-est par la Scandinavie et L’Europe, l’origine continentale de la masse d’air de la mi-octobre était bien plus froide qu’humide. Aujourd’hui, en traversant l’Atlantique nord, l’air arctique s’adoucit un peu autant qu’il s’humidifie au contact des eaux océaniques.

L’évolution en altitude est encore plus importante que celle au sol dans la descente polaire depuis la Toussaint.

En altitude ce courant s’accompagne d’un jet stream très violent en altitude. Sa vitesse dépasse les 70 nœuds au dessus de nous depuis la Toussaint et a atteint les 100 nœuds, près de 200 km/h à la pointe de la Cornouaille anglaise le 3 novembre.

Ce puissant courant, qui surmonte, aux latitudes tempérées, la zone d’affrontement entre l’air tropical au sud et celui polaire du nord, a marqué la poussée de ce dernier. Dans les 3 premiers jours de novembre, la vitesse maximale de ce flux d’altitude s’écoule de la pointe sud de l’Irlande au golfe du Lion. Le 4 il a encore continué sa progression en franchissant les Pyrénées pour s’établir du Cap Finisterre à Madrid avec des vitesses de plus de 70 nœuds.

En même temps, l’atmosphère au niveau de la surface des 500 hpa  subit un gigantesque coup de froid entre le 1er et le 2 novembre. Les sondages de ce niveau sont passés à Paris de -13° à -29°. En même temps, l’altitude de  la surface des 500 hpa s’écroulait passant de 5700 mètres à 5390 mètres le lendemain, puis 5330 mètres le 4 novembre.

L’altitude de la tropopause, séparation entre la basse atmosphère et la stratosphère, a chu de façon considérable. Cette limite correspond au secteur où les températures cessent de baisser en fonction de l’altitude vers -50 à -60°. Ce niveau se situait à Payerne en Suisse à 12 km d’altitude le 1er novembre, il tombe le lendemain un peu en dessous de 8 km et dans les jours suivant cette cassure, si visible d’habitude sur les radiosondages, s’estompe nettement ou donne l’impression de descendre plus bas.

Cette situation d’altitude est beaucoup froide que celle de mi-octobre. Au niveau de la surface des 500 hpa, la température au dessus de Paris n’était alors descendue qu’à -19° contre -29° depuis le début novembre. L’altitude de cette surface n’avait chu qu’à 5660 mètres contre 5330 mètres le 4 novembre. La tropopause était restée au dessus de 10 km d’altitude sauf lors d’une petite faiblesse le 17 octobre. A la mi-octobre l’air froid d’origine continentale  a coulé au sol dans les basses couches pour arriver jusqu’à nous, maintenant il arrive massivement en altitude, c’est plutôt au sol qu’il a été un peu réchauffé dans le transport sur l’Atlantique.

Il est aussi intéressant de voir si un lien peut être effectué avec l’évolution de la superficie de la banquise. Je vous avais déjà signalé que cette dernière avait stoppé sa fusion dès le début septembre, bien plus tôt que les deux dernières années, en gardant une surface supérieure de ½ millions de km2. Pendant que nous subissions le beau temps agréable de septembre et du début octobre, la reprise de la croissance de la banquise a été beaucoup plus lente que l’an dernier. Par contre depuis la mi-octobre, les surfaces englacées de l’Océan arctique tentent de rattraper ce léger retard au démarrage du début de la saison froide. Depuis le début novembre, les glaces ont effectué leur jonction avec l’essentiel des côtes russes et canadiennes qu’elles occupent habituellement.

Une vérification du lien est nécessaire. En septembre et au début octobre quand les beaux jours faisaient de la résistance chez nous, la banquise hésitait à démarrer sa croissance de saison froide. Depuis que des vagues froides arrivent par le continent à la mi-octobre où par l’Atlantique depuis la Toussaint, les glaces de mer ont repris un développement plus fort mais retardé par rapport à l’an dernier dans le Bassin arctique.

Il n’est pas sûr que nous ayons cette année un été de la Saint Martin pourtant présent 2 années sur 3 d’habitude !


Gérard Staron vous donne rendez vous  samedi prochain sur les ondes ou le site de de Radio Espérance 13 h15, le texte étant repris sur zoom42.fr et  ce blog : gesta.over-blog.com


Bonne semaine

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Auvergne et Massif Central
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 12:56

Pour l’anniversaire de la grosse crue de la Loire du jour des morts 2008,

 Novembre a commencé en fanfare pour déverser des pluies, comme pour compenser la sécheresse antérieure , l’équilibre du ciel !

Totaux du 1er

Montregard (42) 17,1 mm

Roussillon (Claude 38) 19 mm

Saint Etienne : 7,2 mm

Total du 2 : Saint Etienne 8,5 mm 
Total du 3 : Saint Etienne 1,9 mm
total  du 4 : 1,6 mm
total du 5: 2,6 mm
 pour un total provisoire de 21,8 mm 
et ce n’est pas fini…analyse à venir  dans chronique 752 (7/11/2009)


L’image de satellite transmise par Claude montre

---La perturbation de la Toussaint maintenant de l’Italie à l’Europe centrale

---Celle du jour des morts qui se trouve maintenant sur les Alpes

---Celle de la journée du 3 qui arrive

---Et enfin tout ce qui suit 

---Celle au large de la Bretagne qui arrivera mercredi

---Les boules autour de l’Irlande qui correspondent à la traine active : probablement jeudi et vendredi

Il ne manque que celles du week-end encore trop loin ...
un beau programme
Gérard Staron

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Auvergne et Massif Central
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 20:52


L’anticyclone : le roi de cet automne.


      Ce sont les pressions qui accompagnent habituellement le beau temps avec de très larges plages d’ensoleillement, des après-midi aux températures agréables, parfois même chaudes pour la saison, et aux vents calmes. Cette situation idyllique souffre très souvent deux bémols  très discrets pendant ces derniers mois  de septembre et d’octobre. Le premier, la fraîcheur ou la froidure des températures minimales a été bien présent mais devait être tu. Le second, les brouillards des cuvettes et dépressions ont été réellement peu fréquents et réduits dans leur extension géographique. Toutes les études des types de temps montrent que septembre et octobre présentent un très grand nombre de ces journées.

Ce temps illustre parfaitement ma précédente chronique, avec un ressenti contradictoire, entre ceux qui se limitent à profiter du caractère agréable d’une situation sans grande contrainte sur les activités humaines et ceux qui utilisent les quelques heures chaudes de l’après-midi pour souligner les dangers du réchauffement de la planète!

Les pressions atmosphériques réduites au niveau de la mer sont en effet très hautes pendant ces mois de l’automne 2009. Sur le Centre-est de la France, les pressions ont été supérieures à 1015 hpa pendant 22 jours pour le mois de septembre et aussi pour les 28 premiers d’octobre, ce qui représente environ 3 jours sur 4. Pendant une journée sur deux sur l’ensemble des deux mois on dépasse les 1020 hpa. Les pressions ont même dépassé 1025 hpa pendant 8 jours en septembre et 4 en octobre, soit pendant une journée sur 5 pour l’ensemble de la période. Vers le 10 septembre, le baromètre est même monté au dessus de 1040 hpa sur les régions bordières de la Manche.

En altitude, la surface des 500 hpa, qui correspond en gros à la pression d’une moitié d’atmosphère, a été très élevée. Elle a dépassé plus de 3 jours sur quatre le niveau de 5700 mètres. C’est toutefois à ce niveau qu’intervient la différence entre les deux mois. En septembre la persistance d’un puissant couvercle anticyclonique d’altitude a été remarquable avec 26 jours à plus de 5700 mètres et 9 à plus de 5820 mètres, niveau rarement atteint même en été. Au contraire, Octobre marque une nette différence puisque la surface des 500 hpa n’a dépassé 5700 mètres que pendant 17 jours et 5820 mètres seulement 1 journée pour les 28 premières dates du mois.

Cette différence signifie qu’en septembre, certains épisodes orageux perturbés n’ont pas réussi à faire sauter le couvercle de hautes pressions d’altitude. C’est ainsi que du 1er au 4 ce dernier reste en place en dépit de l’épisode orageux qui a déposé l’essentiel des pluies du mois. Au contraire pendant le mois d’octobre, les hautes pressions installées au sol n’ont pas pu empêcher la circulation du jet Stream de passer par-dessus

La nature des hautes pressions était donc différente. En septembre il s’agissait d’une dominante d’air tropical qui remontait au dessus de celui du sol, un reste de la situation de l’été où je vous avais décrit le couvercle de hautes pressions remonté sur la Méditerranée. Dans ce cas l’air chaud au dessus sert de couvercle et renvoie sa chaleur aux zones plus basses et empêche les développements orageux.

 En octobre l’air est différent, il s’agit souvent de la descente d’un air froid à l’origine qui se réchauffe au contact de régions plus chaudes avec un ensoleillement abondant. C’est ainsi qu’après chaque passage perturbé les températures sont descendues très bas avec des gelées marquées au retour de l’anticyclone dans un flux de nord. Peu à peu, sous l’effet d’un ensoleillement encore abondant à cette époque de l’année, les températures remontent en liaison avec une atténuation du flux de nord au fil des jours.

Vous avez pu constater qu’en septembre comme en octobre, il y a eu un décalage entre les déclarations sur le beau temps liées à la chaleur des heures les plus ensoleillées de l’après midi et la température globale du mois. Ce contraste apparaît encore plus virulent en octobre marqué par de fortes chaleurs mais aussi des gelées sévères.

Ces situations anticycloniques sont souvent complexes avec l’affrontement entre plusieurs éléments, l’ensoleillement qui pousse les températures vers les sommets et la masse d’air qui en fonction de son origine vient ajouter son impact vers la chaleur, ou corriger le tout vers le bas en particulier pour les températures minimales du matin.

Pendant ces deux derniers mois, l’origine de ces masses d’air a plus souvent contredit l’influence de l’ensoleillement qu’il ne l’a renforcé, avec une dominante de flux de nord.

Plus des deux tiers des jours anticycloniques se sont produits par des temps de nord et de nord-est, soit 29 jours sur 44 pour l’ensemble des deux mois. Quand les hautes pressions s’installent sur l’Atlantique ou remontent sur les Iles Britanniques, les flux qui arrivent chez nous, les contournent par l’est et l’air provient directement des hautes latitudes. Ceci contribue à corriger les températures vers le bas, mais aussi à accroître le contraste entre les températures minimales  du matin et les maximales de l’après midi. En saluant l’observateur du poste, c’est ainsi qu’à Saint Genest Malifaux, dans le trou du sapt à 920 m, le 7 septembre il fait -1,8° de minimum pour 23,9° de maximum, une belle amplitude de 25,7° dans la journée. Le 30 septembre fait presque autant de -3,6° à 21,6°, pour une amplitude de 25,2°. A Saint Etienne, le 5 octobre une amplitude de près de 20° existe entre les 8° du matin et les 27,8° de l’après-midi.

En effet l’air de nord-est qui arrive est particulièrement sec en raison de son origine ou de son long trajet sur des régions continentales avant de nous parvenir. La très faible hygrométrie rend difficile la formation  des brouillards de la fin de nuit. De ce fait, le rayonnement nocturne agit au maximum par ciel dégagé pour abaisser les températures dans les cuvettes froides, surtout celles de moyenne altitude. Dans la journée, cette sécheresse de l’air provoque un ensoleillement persistant du lever au coucher de l’astre, ce qui accentue d’autant  la remontée du thermomètre.

Cet automne restera dans les esprits pour son beau temps très ensoleillé, mais sûrement pas dans les tablettes des températures moyennes. L’automne 2006, où la conjonction entre l’ensoleillement et la provenance de la masse d’air avait été plus convergente, présente des moyennes supérieures de près de 3 degrés par rapport à 2009.

Il n’y a peut être que deux cas qui resteront dans les tablettes. Les quelques journées d’octobre, 4 au total, où, à la forte présence de l’ensoleillement, s’est ajouté un flux de sud en liaison avec un anticyclone situé derrière les Alpes. Ce sont souvent les coups de chaud qui précèdent les grosses pluies cévenoles.

Le second cas correspond aux régions méditerranéennes. Lors de ces temps anticycloniques accompagnés de flux de nord ou de nord-est, l’air, après avoir franchi les hauteurs des reliefs qui encadrent le grande bleue, redescend sous un ciel lumineux. Il accentue son réchauffement au rythme de 1° par 100 mètres, même pour les températures minimales. Pas étonnant que presque tous les matins, pour masquer les petits degrés de Charleville Mézières, de Romorantin ou des postes du Massif central, on vous réchauffe avec les températures de la Côte d’Azur, du Languedoc ou du Sud-ouest.

L’anticyclone est toujours très présent en automne, avec de nombreuses journées ensoleillées,  encore plus en 2009. Surtout, ne confondons pas températures et beau temps !

 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain  pour une nouvelle chronique de climatologie, le texte étant repris sur zoom42.fr et ce blog : http:// gesta.over-blog.com.

Bonne semaine à tous

Par Gérard Staron - Publié dans : actualité climatique - Communauté : Le champ du monde
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