climatologie

Mercredi 28 octobre 2009

Le bilan de l’eau

Situation fin septembre 2009

Départements de Loire et Rhône
Gérard Staron


 

Vous pourrez retrouver cet article dans le prochain numero 55 du Météo Fil de l'association


Septembre a continué de creuser un déficit pluviométrique (Evapotranspiration potentielle supérieure aux précipitations) déjà important à la fin de l’été météorologique.

Tous les postes sont concernés de façon peu différenciée, même ceux où l’orage du 24 août dans les monts du Forez avaient provoqué un léger excédent en Août. Pour ces derniers, Leigneux et Saint Just en Bas, la colonne « cumul de saison chaude » n’est pas renseignée en raison de cet arrêt provisoire du déficit en Août.

 

station

déficit septembre

cumul saison chaude

Pierre Bénite

-38,1

-437,6

Corbas

-47,4

-392,8

Ecully

-34,2

-392,2

Bron

-26,3

-387,2

Villefranche

-29,3

-352,5

Anse

-15,4

-334

Montmelas

-26,4

-299

Andrézieux

-22,8

-294,4

Saint Etienne

-19,7

-264,1

Montchal

-26,4

-256,6

Bard

-35,4

-240,1

Violay

-13,8

-233,4

Montregard (43)

-28,7

-229,7

Tarentaise

-30,4

-206,1

Noirétable

-20,7

-201,9

St Just en Bas

-33,9

non significatif

Leigneux

-27,2

non significatif

 

L’écart très important entre les postes du Rhône, très secs, et ceux de la Loire à la fin août est confirmé. Le contraste a même été renforcé sur l’agglomération lyonnaise. On peut cependant être surpris du grand déficit des montagnes méridionales comme le Pilat, leur prolongement des monts du Vivarais et la moitié méridionale des monts du Forez lors d’un mois où habituellement la réserve hydrique du sol se reconstitue. Ces zones ont été moins affectées par l’épisode du 1er septembre. Les pluies méditerranéennes ne sont pas remontées jusqu’à elles.

Après 2008, très pluvieuse, l’année 2009 restera marquée par une sécheresse tenace pendant une longue saison chaude !

Par Gérard Staron
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Dimanche 11 octobre 2009

 

     La seconde partie de l’année 2009 semble celle des décalages géographiques des grands mécanismes météorologiques planétaires.

Ils ont commencé dès l’été. La chaleur et la sécheresse s’installent sur tout le bassin méditerranéen de façon croissante au cours des mois de juillet et d’août au point de connaître son maximum avec la petite canicule qui a suivi le 15 août. Ce phénomène a largement débordé au nord de sa zone normale en franchissant les crêtes de l’est du Massif central. La sécheresse a atteint la Haute Loire et le sud de la Loire, repoussant les orages sur le Roannais et le Bourbonnais. La petite canicule du 15 au 20 août a surtout été une affaire de Lyonnais.

Au même moment, plus au sud, l’Afrique de l’ouest puis le Sahel, d’habitude si souvent touchés par la sécheresse ont connu un mécanisme croissant de très fortes pluies qui ont remontées vers le nord bien au-delà de leur limite habituelle. La saison des pluies qui suit le cheminement vers le nord de la convergence intertropicale en même temps que celui du mouvement apparent du soleil au zénith, est en retard en mai et en juin dans son déclenchement, mais depuis juillet les pluies se sont transformées en inondations avec deux phases successives remontant vers le nord.

Au mois de juillet les très fortes précipitations affectent deux secteurs des côtes du golfe de Guinée avec le Sierra Leone, le Ghana, et ses voisins de la Cote d’ Ivoire et du Bénin.

 A partir d’août le phénomène concerne les régions du Sahel, bien plus au nord. Le 7 puis après le 20 août, il s’agit de la région de Dakar et du sud de la Mauritanie. La paroxysme correspond aux premiers jours de septembre avec les inondations médiatisées avec un mois de retard à Agadez, mais aussi la veille à Ouagadougou qui reçoit 300mm le 1er entre 4h30 et 15 h  et le lendemain à Bamako le 3 septembre au soir

Dans ces zones sahéliennes et même désertiques du nord marquées par la baisse des précipitations depuis la fin des années soixante-dix et par l’avancée du désert, l’effet de surprise a été d’autant plus net que l’écoulement s’effectue en nappe, « shetflood », sur de grandes largeurs, les lits des oueds n’étant plus dessinés dès que l’on sort des montagnes. Les maisons en terre ont été sapées par ces masses d’eau qui ont dilué l’argile du bas des murs.

L’analyse météorologique semble montrer une remontée des anticyclones subtropicaux en direction de l’Europe pendant l’été. En même temps, la mousson africaine qui accompagne en Afrique de l’ouest la remontée de la saison des pluies et de la convergence intertropicale est allée bien plus loin vers le nord que d’habitude au point d’atteindre le massif de l’Air en plein Sahara !

 Les deux phénomènes de l’été, en Europe comme en Afrique, sont croissants au cours de la saison, absents en juin. Ils atteignent leur paroxysme à la fin du mois d’août en Europe ou au tout début de septembre au Sahel.

Est-il possible d’établir un lien? Les anticyclones subtropicaux centrés habituellement sur le Sahara ont largement remonté sur le bassin Méditerranéen et au delà. En même temps la convergence intertropicale et la mousson africaine ont anormalement atteint les confins du Sahara. Toute se passe comme si il y avait eu une translation des centres d’action météorologiques de l’été en direction du nord !

Le deuxième grand décalage géographique de cette deuxième partie de 2009 concerne les averses méditerranéennes. Cette fin de semaine correspond à la première averse cévenole réelle puisque les grosses pluies des 16 au 19 septembre 2009 ont touché la côte d’Azur, la région marseillaise et le Pays basque alors que les Cévennes proprement dites si souvent atteintes sont restées indemnes de grosses pluies. Celle de jeudi et vendredi (8 et 9 octobre) risque en plus d’être très modérée par rapport aux abats classiques de l’automne sur le massif cévenol.

Alors que notre pays coulait des jours cléments avec des températures élevées l’après-midi et un soleil abondant, il y a eu de très grosses pluies méditerranéennes ailleurs au même moment. Elles ont été décalées vers le sud,  dans des régions habituellement moins affectées où elles ont provoqué un véritable effet de surprise.

Je vous ai déjà expliqué comment la descente froide du 1er septembre avait, après un cheminement complexe, terminé sa course par une inondation catastrophique à Istanbul, dans une cité qui ne connaît jamais si tôt dans la saison de tels événements.

La descente froide du 20 septembre, termine sa course par des inondations dans le sud de la Tunisie dans les région de Sfax et Gafsa.

Quelques jours plus tard, une autre descente froide arrive au delà du détroit de Gibraltar. Chargée d’humidité sur la mer d’Alboran, elle déverse 110 à 330 mm du 27 au 29 septembre sur le Levant espagnol, les Communautés de Valence et Alicante. 

Enfin la dernière descente froide, du début octobre a terminé sa course par les inondations de Sicile dans la région de Messine. Les très grosses pluies ont été compliquées par des phénomènes de glissements de terrains dans des roches argileuses qui glissent en masses quand la pluie leur fait perdre leur structure.

Ce décalage géographique semble aussi lié à un problème de circulation générale de l’Atmosphère. La présence d’anticyclone a dévié de leur trajectoire habituelle les descentes froides qui d’habitude passent par le Golfe de Gascogne, pour terminer par des pluies Cévenoles après recharge en humidité sur la grande Bleue.

La descente du 1er septembre ne peut pas atteindre le bassin méditerranéen par la France en raison des anticyclones d’altitude sur la « Grande Bleue », elle doit le contourner vers l’est pour arriver sur Byzance.

Celle du 20 septembre s’effectue sur le flanc des hautes pressions atlantiques qui progressent sur la France. L’air froid doit contourner par l’est pour arriver à la fin sur la Tunisie où il se recharge en humidité sur la « Grande bleue ».

Celles de fin septembre doivent  aussi effectuer un long détour par l’est, par la Scandinavie et L’Allemagne pour arriver, sur le Levant espagnol pour la première après un long trajet en diagonale  et  sur la Sicile pour la seconde par une descente méridienne.

Ce n’est pas parce que notre pays a subi les apparences agréables du beau temps anticyclonique que l’air froid n’a pas réussi à s’infiltrer en direction de la Méditerranée. Il a contourné par l’est la difficulté pour atteindre cette mer chaude et il est allé très loin vers le sud en Turquie, en Tunisie, en Espagne et en Sicile.

L’air froid est même descendu plus loin vers le sud, celui qui a atteint l’Espagne le 26 septembre a même continué sa route le long des côtes atlantiques de l’Afrique de l’Ouest en contournant une dépression centrée sur le Sahara. Je ne peux pas assurer, les médias ayant communiqué la nouvelle avec un mois de retard, qu’il en a été de même lors des premiers jours de septembre pour les inondations d’Agadez, Ouagadougou et du Sahel en général, mais ce ne serait pas la première fois que de l’air froid s’insinuerait jusqu’aux zones équatoriales et y déclencherait de très grosses pluies en raison du contraste thermique.

Ce n’est pas parce qu’il fait habituellement sec sur le désert ou le Sahel qu’il ne peut pas y avoir d’inondation pendant un été chaud en France, et ce n’est pas parce qu’il fait beau et chaud l’après-midi chez nous, que l’air froid n’est pas descendu à des latitudes très basses en septembre et octobre !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, le texte étant repris sur zoom42.fr et mon blog gesta.over-blog.com.

 

Par Gérard Staron
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Samedi 3 octobre 2009
Chronique N°747 

 

    On a entendu beaucoup de déclarations intempestives concernant le climat en septembre 2009 en France pourtant les réalités sont plus ternes que les annonces.

   Ce mois a en effet laissé sur notre pays une impression de beau temps ensoleillé aux températures agréables pourtant le bilan chiffré sera plus quelconque.

    Les températures de septembre 2009 seront à peine supérieures aux moyennes des séries antérieures. A ma station de Saint Etienne (500 m), la moyenne approchée atteint 16,2°, quand depuis le début des observations, elle se situe à 15,9°. La comparaison avec les séries anciennes de Saint Etienne la Métare 70 m plus haut, fournit pour septembre une moyenne de 15,5° de 1946 à 1965 à une époque où l’on ne causait pas encore de réchauffement ! Pour la même série, la moyenne de Saint Etienne Bouthéon situé 100 mètres plus bas en altitude est de 16,3°.

    Mon autre poste à Montregard fournit une moyenne de 13,8°, très proche de celle enregistrée depuis le début des observations et de celle des postes qui disposent d’une série plus ancienne. Yssingeaux avec 13,4° et le Puy avec 14,4° pour une série 1959-1974.

    Des nuances régionales feront peut être apparaître des régions plus chaudes, mais globalement septembre ne sera pas exceptionnel au niveau thermique. Il ne faut pas confondre l’impression de beau temps, laissée par un ciel ensoleillé, celle de chaleur liée à quelques heures favorisées au moment du maximum de la journée, avec des moyennes de températures qui prennent en compte la fraîcheur matinale. Des vents de nord ou de nord-est persistants ont en effet contrecarré, un ensoleillement abondant. Le bilan global thermique de septembre risque d’être bien plus terne que l’impression agréable laissée par quelques heures de l’après-midi et que les discours endiablés des médias sur le réchauffement. Le dernier mois de septembre vraiment chaud restera celui de 2006 avec des températures supérieures de près de 3° dans la région. Il avait été le deuxième mois le plus chaud en France depuis 1950. Par contre, septembre 2009 sera un peu plus chaud  que son prédécesseur de 2008 qui avait montré une anomalie négative de -1,1°. Il fallait remonter à 2001 pour trouver septembre aussi frais. Après un été chaud, septembre retourne à la normale et siffle la fin de la récréation chaude de l’été.

    Le bilan est moins glorieux pour les précipitations. Septembre marque traditionnellement le début de l’année hydrologique. Le moment où après le déficit pluviométrique estival, la pluviométrie commence à reconstituer les réserves en eau du sol, l’écoulement des rivières et le gonflement des nappes. Dans de nombreuses régions, ce mois a failli à sa mission en 2009. C’est en particulier le cas dans les régions stéphanoises et lyonnaises. Le déficit pluviométrique déjà important en raison d’un début précoce et d’un été chaud ( voir le Météofil d’octobre) a continué à grandir d’environ 20 mm à Saint Etienne et bien plus en Haute Loire à Montregard. Les épisodes pluvieux ont été rares. Deux seulement, celui à dominante orageuse du début du mois, et celui d’influence méditerranéenne peu avant l’équinoxe. Les apports de ce dernier, parfois catastrophique le long des côtes de la Méditerranée ou du Pays basque (voir notre chronique n°746), ont déposés des totaux décevants à l’intérieur des terres où leur pénétration a été faible.

    Le coupable de cette apparence de beau temps et de l’indigence des précipitations sur une grande partie du territoire est une cellule anticyclonique persistante qui s’est installée de l’Atlantique nord au Royaume Uni et à l’Allemagne. Cette situation s’est maintenue pendant de nombreuses journées en particulier dans la seconde partie du mois et a provoqué deux phénomènes.

    Le premier, la route des perturbations froides qui descendent habituellement par l’Atlantique nord jusqu’à la Manche, avant de traverser notre pays, a été coupé. Déjà la perturbation du 1er septembre n’a pu atteindre la Méditerranée, ensuite leur infiltration a été problématique. Pour arriver jusqu’à nous, elles ont dû contourner cet immense bloc de hautes pressions par la Scandinavie, la mer Baltique, la plaine d’Allemagne du nord. Quelques effluves atténués sont parfois arrivés à nous en provenance du nord-est, mais après un long parcours continental où ces perturbations avaient perdu l’essentiel de leur pouvoir de fournir des précipitations. L’air froid a parfois réussi à atteindre le bassin méditerranéen, soit beaucoup plus à l’est avec les inondations d’Istanbul (voir chronique n°744) et début octobre en Sicile, soit la réaction pluvieuse de la Grande bleue n’a pu pénétrer suffisamment dans notre pays. La principale source d’arrivée pluviale océanique n’a pas fonctionné pendant ce mois et le total des précipitations en a été fortement affecté.

   Le second est thermique. A l’exception de nébulosités parfois tenaces dans les basses couches certaines journées, l’ensoleillement a été abondant sous des pressions élevées. Ceci a provoqué une hausse très forte des températures diurnes atteignant des niveaux élevés aux meilleures heures de l’après-midi.  Par contre le contournement de l’anticyclone par l’air froid a souvent engendré dans l’est de notre pays des courants de nord et de nord est qui ont contribué à tempérer la hausse du thermomètre et à sa baisse nocturne. Savez vous que certaines cuvettes de moyenne altitude du coeur du massif central ont connu leur première gelée dès le 6 septembre. Saugues a mesuré -1,3° sous abri dans une station coutumières des gelées très précoces.

Septembre a aussi sifflé la fin d’une autre récréation. Vous avez peu entendu parlé de la fonte de la banquise cette année, alors que ce mois marque habituellement le minimum de sa superficie ! Il est pourtant facile de suivre sur les sites officiels son évolution jours après jours.

    Après le coup de chaleur de 2007, la superficie minimale de la banquise était supérieure de 1 millions de Km2 en 2008. En 2009 il faut ajouter encore un ½ millions. Au moins 3 années ont connu des glaces Arctiques moins étendues que 2009, 2006, 2007 et 2008. Elles se reconstituent lentement !

Ces dernières années on évoquait la création de routes maritimes dans l’Océan Arctique le long de côtes Canadiennes et Sibériennes. En 2009, les glaces ont continué d’occuper le détroit de Barrow du côté canadien et elles sont restées arrimées aux îles russes de Severnaia et Zemlia, donc ces voies de passages sont restées englacées et fermées.

   Enfin, dès la mi septembre, la superficie maritime englacée a commencé à croître à nouveau, alors que pendant les années précédentes la fonte avait continué jusqu’à la fin de septembre en 2008 et encore plus tard en 2006 et 2007.

Septembre 2009 a donc bien sonné la fin de la récréation de la diminution anormale de la superficie de la banquise arctique.

    A une époque où la climatologie est devenu un enjeu de pouvoir politique, pendant une année où le problème est exacerbé par la proximité de prochaines conférences décisives, certains lobby utilisent tous les moyens possibles pour tenter de faire progresser leur cause quitte à écorner un peu les réalités, à profiter d’apparences, d’impressions plus que de véritables mesures scientifiques moins favorables à leurs thèses ou à taire les aspects un peu dérangeants. Septembre dans le cadre de la préparation de la prochaine conférence en est un excellent exemple. Il s’agit de préparer ou de motiver les foules, les politiques et les grands dirigeants de la planète qui ne sont pas toujours avertis des subtilités des observations climatiques.

Gérard vous donne rendez vous samedi prochain sur les Ondes ou le site  de radio Espérance 13 h 15, texte repris sur ZOOM 42.Fr et  ce blog : http://gesta.over-blog.com

 

Gérard Staron  « L’hiver dans le massif central » Thèse de doctorat d’état, publications de l’Université de Saint Etienne (1993)

Je viens d’apprendre incidemment par Internet qu’elle venait de faire, semble-t-il, car je ne suis pas officiellement informé, l’objet d’une 4ème impression par l’Université de Saint Etienne à son seul avantage !

Par gesta
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Mercredi 30 septembre 2009


Le bilan de l’eau

Situation fin été 2009

Gérard Staron


 

 



Vous pouvez retrouver cet article sur le prochain Météo Fil de l'association
parution le 4 octobre


L’été est la saison du déficit pluviométrique en raison de la chaleur qui augmente l’évaporation et des précipitations insuffisantes avec un bilan négatif où l’ETP ( Evapotranspiration potentielle est supérieure à la pluviométrie). Dans ce domaine 2009 a fait fort autant par la durée que la quantité de l’indigence hydrique.

La comparaison avec des calculs sur la série 1951-70 sur le bassin de la Loire supérieure montre que le déficit pluviométrique a dépassé le double d’une année normale. Pour Andrézieux Bouthéon on atteint 271 mm pour le cumul du déficit de la période contre 106 mm à l’époque. A Noirétable il s’agit de 181 mm contre 54 mm. A Tarentaise 175 contre 36 mm.

Il s’agit pourtant de stations ligériennes qui apparaissent dans le tableau ci-dessous comme relativement épargnées par la sécheresse  quand on compare avec leurs collègues rhodaniennes. Le contraste entre les deux départements est saisissant ! On peut considérer qua dans le Rhône, la réserve en eau du sol est extrêmement basse à la fin de l’été. Pourtant le département de la Loire a pris des mesures plus sévères pour limiter la consommation d’eau que le Rhône !

Nous ne disposons pas encore de stations pluvio-thermométriques dans le Roannais, seule zone correctement arrosée pendant cette saison chaude.

Vous trouvez ci-dessous le déficit (-) ou l’excédent pluviométrique mensuel (P-ETP). le cumul correspond aux seuls mois de déficit. Deux stations supplémentaires apparaissent St Just en Bas et Montregard mon poste de Haute Loire, le Président me pardonnera, où je ne mesure la pluie qu’en saison chaude, le gel me cassant systématiquement mes pluviomètres à 1000 m d’altitude.

 

déficit pluviométrique

mars-09

avr-09

mai-09

juin

juilllet 09

août-09

cumul

période

Pierre-Bénite

-5,5

-17,2

-77,5

-73,8

-113,6

-111,9

-399,5

mars-août

Bron

 

-21,2

-69,1

-58

-93,6

-119

-360,9

avril-août

Ecully

 

 

-87

-61,8

-102

-107,2

-358

mai-août

Corbas

 

-18,8

-59,6

-73,8

-87,7

-105,5

-345,4

avril-août

Anse

 

 

-76,5

-27,9

-128,9

-85,3

-318,6

mai-août

Montmelas

 

 

-76

-3

-109,3

-84,3

-272,6

mai-août

Villefranche

 

 

-75,6

-38

-122,7

-86,9

-323,2

mai-août

Andrézieux

 

 

-68,1

-41,1

-94,9

-67,5

-271,6

mai-août

Saint-Etienne

 

 

-64,6

-50,5

-36,5

-92,8

-244,4

mai-août

Violay (Gabotin)

 

 

-56,7

-22,3

-91,4

-49,2

-219,6

mai-août

Montchal

 

 

-52,3

-30,2

-110,1

-37,6

-230,2

mai-août

Leigneux

-10,6

-12,1

-54,3

-46,6

-82,3

2,5

-205,9

mars-juillet

Noirétable

 

 

-49,9

-15

-56,9

-29,7

-181,2

mai-août

Bard

 

 

-43,5

-39,6

-74

-47,6

-204,7

mai-août

Montregard (43)

 

 

-46,6

-20,1

-79,4

-54,9

-201

mai-août

Tarentaise

 

 

-49,1

-14,7

-64,1

-47,8

-175,7

mai-août

St Just en Bas

 

 

-51,8

-36,6

-69,4

51,9

-157,8

mai juillet

 

La période sèche concerne mai à août, à l’exception de quelques stations très abritées qui ont commencé en avril et mars. L’importance des orages en particulier celui du 24 à Chalmazel a rendu le mois d’août excédentaire dans certaines stations des monts du Forez (valeurs en gras) avec en prime une inondation du Lignon.

On remarque en 2009 le cumul de deux phénomènes. Mai et juin mois du maximum pluviométrique ont été défaillant cette année. La chaleur importante de juillet et août a contribué à creuser un peu plus le déficit en raison d’une évaporation exacerbée en plein été. Les régions d’altitude en particulier sur le Pilat et les monts du Lyonnais sont relativement très affectées par cette sécheresse inhabituelle pour elles, en dépit de valeurs chiffrées apparemment moins déficitaires.

Heureusement 2008 et la saison froide 2008-2009 avaient été fortement arrosées et avaient laissé des réserves importantes, car la sécheresse estivale commencée tôt semble jouer aussi les prolongations. Septembre après avoir donné quelques espoirs d’un retour à une pluviométrie abondante a sombré à nouveau dans l’indigence !

 

 

Par gesta
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Vendredi 18 septembre 2009

Le bilan de l’eau de la période chaude permet d’évaluer la sécheresse de cet été.

Figurent pour mes deux postes :

 les précipitations,

 l’ETP :  l évapotranspiration potentielle qui correspond à l’évaporation dans le cas où les végétaux ont toujours suffisamment d’eau à satiété.

Le déficit pluviométrique différence entre les deux qui correspond au manque d’eau de la saison chaude.

Pour des stations proches figurent mes calculs anciens effectués pour la série  1951-1970

Avril étant le dernier mois excédentaire en eau de la saison froide précédente et septembre devant renouer avec les excédents, la période de mai à août a été retenue…

 

poste

 

             mai

             juin

          juillet

            août

     cumul

Saint Etienne

Précipitations

39,3

67,4

102,6

43,3

 

 

ETP

103,9

117,9

139,1

136,1

 

 

déficit

-64,6

-50,5

-36,5

-92,8

-244,4

Montregard

Précipitations

52

77,4

43,3

65,6

 

 

ETP

89,6

97,5

122,7

120,5

 

 

déficit

-46,6

-20,1

-79,4

-54,9

-201

période 1951-70

 

 

 

 

 

 

Saint Etienne

déficit moyen

 

 

53

15

68

Bouthéon

idem

4

11

63

26

104

Tence

idem

 

2

57

26

85

 

La saison chaude 2009 présente un déficit supérieur au double à une année normale, ceci n’a rien de surprenant. Il a commencé tôt en mai. La chaleur a accentué l’importance de l’évaporation et à l’exception de celui du 2 juillet, les stations ont été en grande partie à l’écart d’un grand nombre d’orages.

En dépit des apparences, Montregard a relativement plus souffert de la sécheresse que Saint Etienne pendant l’été ce qui peut surprendre car son altitude est le double de celle de la ville. L’écart très faible surprend car en principe, l’ETP baisse avec l’altitude alors que les précipitations augmentent.

 

Gérard Staron

Par gesta
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Lundi 7 septembre 2009

Prenons
 ---une station qui se situe dans une zone où un arrêté de restriction d'eau a été pris, ici dans le sud de la plaine du Forez
---une station qui possède une longue série depuis la fin de la seconde guerre mondiale
--- Une station qui a échappé aux gros déluges orageux de l'été comme le 2 juillet et le 24 ou le 26 août

Comparons le total des 8 premiers mois de l'année (dernier point  à droite de la courbe) avec ceux des 63 années précédentes.
On remarque que nous sommes la 7ème année la plus sèche pour la période janvier-août après 2003, 1949, 1996, 1978, 1976 et 1962. Ceci après deux années très arrosées dont une, 2007, qui était la 7ème la plus arrosée. Le ciel est vraiment équilibré !
Seule évolution visible pour les 2 premiers tiers de l'année, une légère tendance à la baisse!

Gérard Staron

Par gesta
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Jeudi 27 août 2009

 

 

Tous les 10 ans, un orage calamiteux affecte Chalmazel. Le Dimanche 27 juin 1999 une tornade avait même dévasté la petite cité. Le village avait peu souffert, mais les forêts proches avaient subi une traînée dévastatrice. L’événement s’est produit  à des heures proches de l’après-midi (15 h en 1999 contre 16 h en 2009)  pour une trajectoire orageuse classique sud-ouest nord-est traversant les monts du Forez.

Outre la forme différente de l’orage, déluge en 2009, tornade en 1999, une localisation géographique doit être signalée.

En 1999 la tornade s’était formée sur le seul versant forézien dans la descente après le franchissement du sommet de Pierre sur Haute

En 2009, tous les versants de la montagne ont été très copieusement arrosés car les rivières descendant de trois versants différents ont réagi : La Dore du côté auvergnat, Le Lignon du Forez qui coule à Chalmazel mais aussi l’Ance du Nord vers le Velay (voir précédent article sur le blog). Cette pluie restera celle de Chalmazel car elle a  rempli le pluviomètre de la petite station de sports d’hiver et qu’il n’existe guère d’autres points de mesure de la pluviométrie sur les sommets des monts du Forez.

 

A titre de rappel voici comment j’expliquais la tornade de Chalmazel et les autres calamités du même jour dans ma chronique du 2 juillet 1999 sur Radio Espérance

 

Chronique climatologie N°234 (texte d’origine)

Avec Gérard et Marie Gabrielle


La journée de Dimanche a été très agitée au niveau climatologique. On peut citer les perturbations du Grand prix de France de Formule 1 vers 15 heures, la tornade sur Chalmazel dans les monts du Forez et ici et là des orages plus ou moins violents occasionnant des impacts de foudre, des accidents comme sur la rocade de saint Etienne. Que s’est-il donc passé ?

Dans les jours qui précédaient, l’anticyclone des Açores avait poussé une dorsale sur l’Europe très visible au sol avec même une poussée jusqu’aux Iles britanniques, un peu moins nette en altitude au niveau de la surface des 500 Hpa.

Cet anticyclone présente deux faiblesses successives :

  - la 1ère commence le 25 avec l’apparition d’une petite dépression relative sur le golfe de Gascogne, les fronts qui l’accompagnent, 2 lignes qui remontent du sud-ouest, l’une le long des côtes françaises de l’atlantique et l’autre au niveau des Asturies, sont très visibles sur l’image satellite, mais ils n’ont pas toujours été reportés sur les cartes météo, cette 1re vague de mauvais temps va balayer la France le samedi 26 dans la matinée.

- La seconde faiblesse est celle de dimanche, elle correspond à la descente d’une perturbation océanique classique de Nord Ouest. Cette dernière surtout caractérisée par son front froid se situe au sud de l’Islande le 25 Juin, associé à la fameuse dépression d’Islande le 26 l’ensemble amorce sa descente vers le sud et forme une gigantesque virgule nuageuse qui s’étire du Golfe de Gascogne à l’Irlande, le 27 la dépression se déplace sur l’Ecosse quand le front froid  traverse la France.

 

Qu’est-ce qui peut expliquer que seule la perturbation  de dimanche ait fait parler d’elle ?

 

Essentiellement le contraste thermique, la première faiblesse, celle du samedi ne correspond pas vraiment à un affrontement de masse d’air, il s’agit de petites lignes de cisaillement à l’intérieur d’un air peu différencié.

Ce n’est pas le cas de la perturbation de dimanche, qui apporte un air froid nettement distinct en raison de son origine de Nord-ouest et cet air froid vient s’empaler sur une France au sol surchauffé en raison de la période de beau temps précédente au moment où l’ensoleillement et la durée des jours sont les plus importants dans l’année. Brest dans l’air encore tiède le 26 avait 19°, il en récupère 15 après le passage du front froid. De même Bordeaux descend de 23 à 18°.

Le contraste est d’autant plus violent qu’en avant  de la perturbation remonte un très fort courant de sud-ouest chaud et instable et qu’en arrière on retrouve l’air septentrional. Ceci s’accompagne d’un renforcement  des vents très visible en altitude au niveau des 500 hpa avec en avant  de une direction de sud ouest de 45 à 45 nœuds de Bordeaux au nord de la France, et en arrière une direction de Nord-ouest de 40 nœuds sur le sud de L’Irlande

La violence des précipitations et des phénomènes orageux  est le résultat du cumul de 2 phénomènes qui se sont ajoutés pour rendre l’atmosphère particulièrement instable.

Le premier est l’ascendance de l’air lors des perturbations, dans le cas d’un front froid, l’air froid dense qui arrive derrière repousse violemment en altitude l’air plus chaud qui se trouve en avant.

Ce phénomène est doublé par un second d’origine thermique et qui est très visible sur les images de satellite. Ces fronts dans leur approche sur l’Océan ne sont qu’une bande peu large et peu épaisse de nuages. Quand ils abordent le continent, la masse nuageuse enfle démesurément et s’épaissit, c’est très net autant pour la première que la seconde perturbation. On observe un doublement, voir un triplement de la masse nuageuse en superficie. L’explication est fort simple. A cette époque de l’année les continents sont particulièrement réchauffés. Cet air chaud ne demande qu’à s’élever en altitude avec un phénomène que l’on nomme la convection. Il ne le pouvait pas les jours précédents en raison de l’anticyclone. L’arrivée de la perturbation stimule cette instabilité. Tant que les perturbations sont sur des océans encore assez frais à cette époque de l’année à cause de leur inertie thermique la masse nuageuse reste limitée à l’arc du front. Dès qu’elle passe sur le continent la convection fait croître les  nuages et  il se développe en avant, des orages isolés que l’on distingue sur l’image de satellite

 

Comment se fait il que des régions n’aient eu que quelques gouttes  alors que d’autres ont subi de véritables tornades ?


 La seule perturbation océanique de dimanche, n’aurait apporté à elle seule que des précipitations et vents médiocres. La convection thermique qui s’ajoute détermine ces orages, par nature locaux et irréguliers. Les trombes ou les tornades sur une surface de quelques kilomètres sont une exagération locale de l’instabilité de l’air avec une propulsion brutale de l’air chaud en altitude, ce qui déclenche au sol des vents tourbillonnants qui peuvent dépasser largement les 100 Km/h. Elles se produisent au moment de la journée où il fait le plus chaud. C’est le cas à Chalmazel, puisque l’événement se produit vers 15 heures et que la zone concernée couvre une bande de 5 km de long pour 60 à 100 mètres de large.

Ce phénomène local violent à l’intérieur de l’orage a certainement été exacerbé par le relief qui facilite l’ascendance de l’air pour son franchissement. Nous sommes en effet dans les Monts du Forez à peine en dessous de la zone sommitale sur le versant oriental, juste après son franchissement par les masses pluvio-orageuses. On peut émettre l’hypothèse d’une invasion d’air froid surplombante qui aurait stimulé l’instabilité de l’air. Les masses orageuses en provenance de l’autre versant ont d’abord escaladé les monts du Forez du côté auvergnat, puis elles ont surplombé après le passage du sommet la vallée de Chalmazel en aspirant l‘air chaud qui s’y trouvait et remontait de la plaine du Forez

 

Au plaisir de vous retrouver pour une nouvelle chronique de climatologie…….

 

Commentaire :


Le mécanisme météorologique est proche en 2009. Seules nuances, un anticyclone méditerranéen d’altitude présent depuis de longues semaine, responsable de la forte chaleur antérieure, bloque les masses nuageuses sur la région et exacerbe les précipitations  (suite prochaine chronique).

Par gesta
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Mardi 25 août 2009

Orages du 24 août : montée des cours d’eaux descendant de la partie centrale des monts du Forez :

 

Les précipitations provoquent une montée des cours d’eaux sur les rivières descendant des monts du Forez.

 Sur le versant Auvergnat, La Dore est la principale rivière concernée en aval du Livradois à Giroux ( 1,60 m pour un débit de 80 M 3s)  et en aval au Dorat  (1,61 m et 68 m3s)

 Sur le versant Forézien, le Lignon sur l’autre versant est aussi monté à Boen sur Lignon ( 2,47 m de hauteur pour un débit maximum de 65 m3s. La crue s'étale dans la Plaine du Forez à Poncins (2,02 m)

 Sur le versant Vellave, l’Ance du Nord a atteint 0,97 m à Sauvessanges.

 

Les cours d’eaux aux débits consultables des rivières un peu plus lointaines ont peu réagi.

Signaler 0,75 m de hauteurs et 10 M3s à Andrézieux sur le Furan

L’Aix et la Mare ont peu monté.

 

De belles intumescences, bien inférieures aux grandes crues même sur la Dore et le Lignon du Forez

 

Gérard Staron

Par gesta
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Vendredi 21 août 2009
Question :

Je vous écris concernant les températures observées sur Saint-Etienne...
Je voulais avoir votre avis concernant les maxima et minima que l'on observe sur Saint-Etienne, et je dois dire que cela est assez déroutant. En effet, j'observe tous les jours qu'il y a de grosses différences de température en le centre ville et les quartiers alentours de saint-etienne. J'ai cru un temps qu'il s'agissait de mes prises de température mais j'ai vérifier l'exactitude des mesures en comparant 4 sources différentes et elles sont toutes proches à 0.5 degrés près.

Or, le 15 août vous avez mesuré 36 degrés sur Saint-Etienne, mon maxima est de 33 degrés. La nuit c'est l'inverse ! Vous mesuriez 18.2 degrés quand moi j'avais 20 degrés de minima !

Ma mère habite Saint-Priest-En-Jarez et j'observe systématiquement une différence de température. Les maximas sont toujours plus faibles en plein centre ville (place chavanelle) et les minimas sont toujours de 2 à 4 degrés plus haut en ville !

J'ai du mal a saisir ! Je suppose qu'il s'agit des effets du béton... Qu'en pensez vous ?

PS : aujourd'hui j'ai eu mini 19.6 et maxi 32.5 (alors qu'à Bouthéon c'était du 18 / 35)

En vous remerciant par avance de votre réponse ...

L'avis d'over-blog ne contenant pas votre émail pour éponse personnelle, je vous propose cette solution


Merci de votre commentaire et de votre intérêt pour mes articles….

Les mesures de températures sont toujours un serpent de mer des congrès de climatologie, j’ai entendu des heures de discours sur la question, il n’est donc pas étonnant que vous constatiez des différences.

 On veut obtenir la température de l’air  et il est toujours difficile de se débarrasser de l’influence du soleil du sol etc, c’est pour cette raison qu’elles sont prises sous abri etc…. Des différences peuvent donc provenir  des conditions de mesure, mais le plus souvent ceci amplifie les températures maximales en été et ne les diminue pas comme dans votre cas.

La principale explication des différences que vous observez correspond à l’ilot de chaleur urbain qui augmente les températures dans le centre ville, avec, comme vous le signalez, des écarts bien plus importants sur les minimales que les maximales. Des études ont été faites à ce sujet sur de nombreuses villes ( Turin, Nancy, Liège pour les exemples qui me viennent à l’esprit)  avec des écarts de plusieurs degrés.

Dans le cas de Saint Etienne, la situation géographique complique le sujet avec l’altitude, les différentes vallées, la situation topographique.

Il est évident que la station de Météo France (399 m) au débouché sur la plaine du Forez n’est pas représentative de la ville située plus de 100 mètres au dessus et séparée par le rétrécissement de la vallée du Furan vers la Fouillouse.

Mon poste dans mon jardin (500 m) est dans la dépression du nord de la ville près du technopole est plus sous l’influence de l’ilot de chaleur urbain. Dans les situations de ces derniers jours, les cuvettes accumulent plus de chaleur, même si je ne suis pas dans le point le plus bas.

Celui de la Métare (580 m environ) est nettement sur le versant nord du Pilat

Je ne sais où se situe le vôtre ? Sa situation topographique risque d’élucider bien des questions, un versant bien ventilé avec une exposition au nord-est ? est ce que je me trompe ?

Pour Saint Priest, des différences seront aussi constatées entre le crêt, ses versants ou la Terrasse !

Mes collègues de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire ont trouvé eux aussi des différences notoires entre leurs différents postes de Lyon alors que cette ville présente, à mon avis , moins de variétés de sites topographiques et d’altitude que Saint Etienne.

Vos différences ne m’émeuvent pas vraiment. Pour cette raison il est très important d’effectuer les comparaisons avec des mesures faites sur un même lieu.

amicalement

Gérard Staron


Par gesta
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Lundi 6 juillet 2009

Chronique N°734


Alors que le discours sur le réchauffement de la planète connaît un regain substantiel, les éléments statistiques récents devraient obliger pourtant à la modération.

Ce dernier mois de juin est un excellent exemple. Si je prend pour références mes deux postes de Montregard et de Saint-Etienne, les moyennes approchées 14,9° pour le premier et 18,7° pour le second sont à peine supérieures de quelques dixièmes à celles de l’an dernier respectivement 14,5° et 18° et elles sont inférieures à la moyenne des 4 dernières années depuis le début des observations soit 15,2° et 18,8°. Nous venons donc de connaître un mois de juin moyen où les périodes de flux de nord ont équilibré les vagues de chaleur anticycloniques du milieu ou de la fin du mois.

A la moitié de l’année, un bilan provisoire thermique peut être établi. 2009 présente une moyenne en baisse pour les 6 premiers mois de l’année par rapport à 2008. L’écart est de 0,5° à Saint Etienne avec 9,7° contre 10,2 l’an dernier. Il est encore plus important en altitude à Montregard soit 0,9° avec 6,2° en 2009 contre 7,1° en 2008. Ceci signifie que l’énorme retard accumulé pendant l’hiver n’a pas été encore compensé par les températures des mois ultérieurs un peu supérieures à celles de 2008. Une différence se creuse aussi entre le milieu urbain de Saint Etienne et les zones d’altitude de Haute Loire où le refroidissement est plus net. Quand on sait que les températures sont en constante baisse depuis le pic de 2006, 2007 était déjà classé au 9ème rang des années en fonction de leur chaleur, 2008 était au delà du 20ème rang. Si le deuxième semestre confirme le premier, 2009 fournira une moyenne proche ou légèrement en dessous de 2008 soit au-delà du 20ème rang. Il est donc impossible de parler de réchauffement, mais on peut évoquer une pause dans la hausse des températures ou un refroidissement ce que confirmeront les mois à venir. Le réchauffement des températures ,constaté dans les 20 dernières années du 20ème siècle et les premières du 21ème, connaît donc un arrêt long puisque l’on en est à la troisième année consécutive de baisse.

Autre façon d’analyser l’évolution des températures : les moyennes coulissantes sur 12 mois. Ces dernières après un maximum pour les séries mai 2006/avril 2007 ou juin 2006/ mai 2007, ont chu en passant par un minimum pour la série mars 2008/ février 2009 dans des proportions comprises entre 2,5° et 3° selon les diverses stations européennes pour retrouver des valeurs basses qui n’avaient pas été observées depuis 1997. Depuis, les températures de mars à Juin 2009 ont été légèrement supérieures à celles des mêmes mois de 2008. Quand on effectue le bilan pour mes stations, la moyenne coulissante juillet 2008/juin 2009 n’a regagné que 0,4° par rapport à celle la plus basse mars2008/février 2009. Ceci signifie que les températures moyennes sur 12 mois sont toujours inférieures de 2° par rapport à ce qu’elles étaient, il y a plus de 2 ans, plus précisément -2,3° pour Saint Etienne et – 2,6° à Montregard.

Dans ma chronique 718, comme Jean Louis Greineisen dans le bulletin des météorologistes d’entre Rhône et Loire, nous avons observé que, tous les 3 ans environ, les moyennes de températures coulissantes sur 12 mois montrent  un pic. Le dernier, le plus important connu, date de avril ou mai 2007 selon les stations. Si la périodicité devait continuer un nouveau maximum devrait se produire à la fin du printemps 2010. Pour que les températures remontent seulement au niveau du précédent pic, il faudrait qu’en moins d’un an la température moyenne sur 12 mois remonte de plus de 2°, une gageure que l’on voit mal le ciel relever !

Autre remarque, dans un récent article, Guy Blanchet a  annoncé sur le bulletin N°50 des météorologistes d’entre Rhône et Loire que l’hiver 2008-2009 avait été chaud au niveau de l’ensemble de la planète  avec des anomalies positives de l’ordre de 0,5° qui le placerait entre la 7ème et 9ème position sur 130 ans pour sa douceur selon le NCDC de la NOAA. Il ajoute un peu plus loin que les 10 années les plus chaudes ont toutes eu lieu depuis 1997. Si l’on rapproche ces deux informations, ceci veut dire que l’hiver dernier a été l’un des plus froid depuis 1997 !

 Que l’on prenne la question par quelque bout que ce soit, une conclusion s’impose : l’arrêt du réchauffement depuis 2007. La seule incertitude portant sur la continuation ou l’ampleur du phénomène dans les mois ou les années à venir.

Un autre paramètre confirme : L’évolution récente de la superficie de la banquise. Il suffit d’aller sur « Cryosphère today » pour suivre jour après jour la superficie englacée selon NOAA. Que constate-t-on ? Après une faiblesse notoire à la fin de la saison chaude 2007, la banquise se reconstitue régulièrement. La fusion de la saison chaude 2008 a été beaucoup plus faible que celle, record, de 2007.  La reconstitution des surfaces englacées à l’automne 2008 a été beaucoup plus précoce et importante que les années précédentes. Actuellement, les superficies englacées sont supérieures d’un ½ millions de kilomètres carrés à ce qu’elles étaient l’an dernier à la même époque. Même à ce niveau, où l’on agite le spectre de la catastrophe, l’hémorragie constatée jusqu’en 2007 est enrayée et les surfaces englacées se reconstituent progressivement.

Il y a eu effectivement au cours du XXème siècle une augmentation des températures de l’ordre de 0,6° ou 0,7°. Ce phénomène s’est même poursuivi pendant les toutes premières années du siècle qui débute, mais l’histoire de la climatologie montre que toutes les évolutions ont une fin. Ce n’est pas parce qu’un phénomène s’est poursuivi pendant une longue période, qu’il doit obligatoirement continuer et même s’amplifier comme les modèles mathématiques l’on prédit pour le prochain siècle.

Ne pas oublier en effet que les peurs concernant le réchauffement climatique reposent sur des simulations mathématiques très complexes basées sur un sophisme assez simple. L’homme rejette de plus en plus de gaz à effet de serre, donc l’augmentation de l’effet de serre va faire croître les températures, ce qui constitue un danger pour la planète.

C’est oublier deux aspects majeurs :

Les phénomènes climatiques font intervenir tellement de paramètres qu’il est risqué de privilégier l’un d’entre eux et d’en déduire une évolution des températures pour le siècle à venir qui pourraient être contredite par d’autres facteurs explicatifs que l’on connaît peu aujourd’hui. Le ciel est encore un mystère pour les climatologues dans beaucoup de domaines.

La crise économique actuelle est née de la confiance que le monde de la finance à pu faire dans les produits complexes crées par les mathématiciens. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est fort possible que les élucubrations mathématiques construites autour des modèles de l’évolution du climat conduisent aux mêmes effets que les produits financiers mathématiques complexes.

Dernier élément, il semble que le scepticisme vis-à-vis des dangers du réchauffement de la planète ait coûté un ministère à une personnalité connue. Je ne me prononcerai pas sur le passé scientifique complexe de la personne qui n’est d’ailleurs pas un climatologue de formation et que tout le monde a reconnu. Par contre, j’ai reçu moult courriels de climatologues se mobilisant pour éviter cette nomination, ce qu’ils ont obtenu. Le fait grave, camouflé mais confirmé par cette affaire, est qu’il est impossible aujourd’hui d’accéder à des postes importants dans la fonction publique sans souscrire aux idéologies en vogue. Aujourd’hui c’est le réchauffement de la planète. Selon les périodes c’est  le marxisme officiel ou rampant, ou la laïcité virulente contre le catholicisme.

Ceux qui dénoncent l’affaire Galilée, un autre banni idéologique, devraient observer que le monde scientifique moderne peut être à l’origine de très nombreux petits « Galilée ». Cette fois, l’église n’y est pour rien !

Le violent orage de jeudi soir sur Saint-Etienne est hélas arrivé trop tard pour cette chronique, vous pourrez trouver une analyse sur mon blog : http://gesta.over-blog.com, en compagnie de ce texte et Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance. Bonne semaine à tous.

Par gesta
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