Vendredi 6 mars 2009


L’enneigement de Saint Etienne au versant septentrional du Pilat

Hiver 2008-2009 – situation fin février 2009

Gérard Staron
 


 Article paru dans le N° 47 mars 2009

Au fil du temps
le journal des météo d'entre Rhône et Loire


Depuis le 22 novembre, il a été possible, chaque jour, d’observer la neige dans ou au-dessus de la ville sur le versant nord du Pilat.

A la date du 1er mars, ceci correspond à 1000 mètres d’altitude à 100 jours d’enneigement continu, un événement exceptionnel, car si le nombre total de jours recouverts a déjà été supérieur sur le Pilat pour quelques grands hivers entiers et la dernière fois en 2005-2006, jamais ceci ne s’est produit en une seule période continue. Les grosses couches de décembre, progressivement amaigries, durcies et glacées ont servi de base au manteau au dessus de 900 mètres jusqu’au moment où celles de la première quinzaine de février sont venus apporter leur renfort en descendant le niveau de résistance du manteau blanc en dessous de 900 mètres dans la seconde quinzaine du mois. Ceci explique dans le tableau ci-dessous, l’augmentation très rapide du nombre de jours d’enneigement à partir de 900 mètres.

Au dessus de la ville de 600 à 900 m, on trouve la zone de balancement du manteau neigeux, sans véritable accumulation, où une chute permet le maintien quelques jours d’un sol blanc qui se découvre dès le premier redoux, parfois très rapidement. Les passages incessants de la pluie à la neige pendant plusieurs épisodes de précipitations, n’ont pas contribué à stabiliser les couches blanches. Celui du 6 au 8 février, commence par de la pluie, passe ensuite à la neige accompagnée dans l’après-midi du vendredi par des phénomènes électriques, puis revient pendant la nuit à la pluie avec une crue du Gier qui écoule une grande partie de l’ensemble et réduit d’autant la couche au sol.

Enfin dans la ville, la neige a peu tenu, en raison d’une mauvaise association entre les précipitations blanches et le froid nécessaire à une résistance au sol. Les chutes sont plus nombreuses que les journées d’enneigement à 500 m (27 contre 26). Les conditions météorologiques ont été très favorables aux statistiques, avec des chutes dans la nuit, une pellicule le matin au sol qui disparaît partiellement dans l’après midi, chaque jour entre le 11 et le 14 février. Beaucoup de givre aussi, 5 jours en février, 22 au total.

 

altitudes

octobre

Novembre

Décembre

Janvier

février

Total

Moy fin 02

1000

2

9

31

31

28

101

54,8

900

1

9

25

25

25

85

45,4

800

 

6

17

18

16

57

39,6

700

 

4

13

17

13

47

34,4

600

 

3

12

10

12

37

27,2

500

 

1

11

4

10

26

22,4

 

 

 

 

 

 

                         

  Cette année, les statistiques du nombre de jours de sol recouvert (tableau ci-dessus) sont supérieures aux moyennes des 5 années antérieures à fin février avec un écart qui enfle avec l’altitude. L’hiver actuel favorise la moyenne montagne avec deux décrochements du nombre de jours d’enneigement visibles du tableau ci-dessus à 600 et 900 mètres.

Le déroulement de la saison parait conforme depuis le début aux calendriers de probabilités que j’avais émis dans ma thèse « L’hiver dans le Massif central ». Après un redoux complexe à la fin de janvier et au début de février avec de grands soubresauts marqués par des variations très grandes de l’altitude de base du manteau neigeux, le maximum d’enneigement de la mi février est réapparu nettement cette année suivi d’un redoux à la fin du mois. Au moins le retour d’un hiver normal dans sa progression, avec en plus un gros « bonus » ! Le graphique ci-dessous de l’altitude médiane de la base de l’enneigement quotidien pour les 5 dernières années, atteste que certains hivers récents avaient pris des libertés par rapport à ce déroulement. Mars très enneigé depuis 2004 gardera-t-il cette particularité en 2009 ?


graphique reporté sur l'article de la situation à fin mars publié sur ce blog le 6 avril.... pour l'hiver entier 

 

Voila une année qui apporte un démenti cinglant à tous ceux qui prédisaient une diminution de l’enneigement aux altitudes moyennes ! Rarement les stations de ski de ces montagnes n’ont été aussi florissantes !

 

 

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Lundi 2 mars 2009


                                                    Structure de la neige !


               Déneiger sert parfois à analyser la structure de la neige  quand on exclut les marques laissées par ma pelle!
A la base, on distingue une couche grise glacée et durcie qui correspond aux restes des chutes de décembre qui ont résisté pendant tout l'hiver
Au dessus, les apports tombés en février constituent l'essentiel du manteau restant.
Au sommet une pellicule durcie par les alternance de gel et de dégel des derniers jours sous le soleil de la fin de février permet aux pas d'un homme de ne pas s'enfoncer, ce qui n'était pas le cas 8 jours auparavant.
La neige a bien résisté à l'ensoleillement de la fin du mois. La photo a été prise dans l'après-midi du samedi 28 février par une température très douce qui faisait à peine fondre la couche de neige.
Par contre le vent du sud, et la petite pluie du dimanche, sous des températures pourtant plus basses, ont entamé plus nettement  le manteau blanc.

Gérard Staron

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Samedi 7 février 2009

Précipitations du 6 février 2009 à Saint Etienne 500 m(1) :
total 31.5 mm se décomposant ainsi :
jusqu'à 16 heures : 17 mm environ sous forme de pluie dans l'air méditerranéen doux
de 16 à 20 heures : 5mm environ sous forme de neige avec orage. l'orage signifie l'extrème instabilité de l'air avec des nuages remontant à des niveaux très froids de l'atmosphère, froid qui se transmet aux couches plus basses et donne la neige
20h à 22 h : accalmie
suite de la nuit : 9 mm environ à nouveau sous forme de pluie dans l'air méditerranéen doux
fin de nuit: retour aux flocons dans l'air plus froid qui arrive derrière la perturbation avec le refroidissement nocturne

(1) altitude très importante au niveau de la répartition pluie neige,en particulier au dessus de 600 mètres

Un orage en hiver avec de la neige est-ce possible ?
Oui, lors des remontées pluvieuses ou neigeuses méditerranéennes, en 2002 j'avais écrit ce petit article paru dans "Météo43", bulletin mensuel du Comité météorologique départemental de la Haute Loire dont je fais parti depuis l'origine ( ce bulletin ne parait plus depuis 2004)....
Voir ci dessous avec une carte.


                                 Les orages en hiver ( décembre à février) en Haute Loire

Par Gérard Staron

agrégé et docteur d’état en géographie

 

Les jours d’orages, pris selon leur définition météorologique classique,  ne sont pas très rares en hiver en Haute Loire. Sur 27 hiver de 1974 à 2001, les statistiques du centre météorologique  permettent d’en dénombrer 41 soit environ 1,5 en moyenne par hiver, dont plus de la moitié se situent en décembre (23 sur 41).

Il ne semble pas que ces valeurs soient très différentes au début du siècle si l’on se réfère à l’article d’André Baldit «  Sur la fréquence comparée des orages dans un département : Haute Loire »  portant sur 11 années comprises entre 1911 et 1926 qui en dénombre 16 soit une moyenne de 1,45 par hiver . Seule différence, la majorité se trouve en février.

 

Par contre l’hiver 2000-2001 semble présenter un record absolu pour l’ensemble de ces deux séries avec 6 jours. Il devance:
-- 1924-1925 avec 5,
-- 1981-1982 avec 4 et quelques incertitudes pour le poste de Blesle
-- 1997-1998 avec 3,
-- 9 années avec 2,
-- 14 années avec 1 
-- 9 sans jour où l’on a entendu le tonnerre ou vu l’éclair.


2000-2001 détient aussi l’orage qui a touché le plus de postes dans le département , 30 au total  ( le 2 décembre , orage qui a débordé sur les départements voisins en particulier Saint Etienne) mais aussi 3 orages que l’on peut qualifier de « général » puisque répertoriés par 19 et 23 postes plus celui cité plus haut. Une grande partie de ces phénomènes électriques sont locaux et isolés, ils affectent 1 seul poste (14 cas ) ou 2 postes ( 4 cas) ce qui se retrouve déjà au début du siècle puisque P. Baldit signalait que 7 orages n’avaient concerné qu’un seul arrondissement contre 3 pour 2 et 3 pour 3 arrondissements. 

Les 9 orages « généraux » depuis 1974 pour avoir affecté plus de 15 postes correspondent tous à des situations de précipitations méditerranéennes classiques pour la Haute Loire, pluie ou neige souvent lourde : dépression froide descendant jusqu’au golfe de Gascogne, rechargée en humidité sur la Méditerranée  et bloquée par un anticyclone résistant sur les Alpes. La situation atmosphérique des éclairs ou tonnerres isolés est plus diverse et difficile à évaluer.

La localisation géographique est souvent délicate à apprécier en raison des problèmes de continuité des observations et de cas surprenants comme les Estables (6 jours seulement). La carte ci-dessous vous représente les postes qui ont enregistré plus de 10 jours d’orages en hiver de 1959 à 2001.


 

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Dimanche 1 février 2009


L’enneigement de Saint Etienne au versant septentrional du Pilat


Hiver 2008-2009 – situation fin janvier 2009


Gérard Staron


 

Article à retrouver sur le prochain  bulletin de



Depuis le 22 novembre 2008, il est possible de voir la neige sur les pentes du Pilat à partir de la ville, ce qui correspond à un enneigement continu de 71 jours à 1000 mètres. Le manteau, dans les périodes de redoux résiste à ce niveau quand il retrouve les restes des grosses couches maintenant durcies et gelées qui sont tombées à la mi décembre et en constituent l’ossature. Les renforts neigeux de janvier ont été faibles au niveau quantitatif mais le froid persistant a permis de résister aux couches antérieures. A 500 mètres, le nombre de jours de givre (10) correspond au double du nombre de chutes (5), limitées souvent à quelques flocons parfois incapables de tenir au sol.

Ce mois de janvier, surtout entre le 10 et le 24 a posé des problèmes d’évaluation au pauvre climatologue pour déterminer l’altitude de base du manteau neigeux, une vraie pagaille avec des chutes qui viennent terminer leurs derniers flocons de façon inégale sur le versant nord du Pilat, avec de très grandes différences selon l’exposition et les versants dans les périodes anticycloniques, avec les restes de anciennes couches et les nouvelles pellicules, avec l’intervention perfide du givre. J’espère que vous aurez pitié de celui qui a tenté de déterminer une altitude moyenne de base du blanc pendant sa quinzaine textile traditionnelle !

Janvier 2009 restera dans l’histoire comme plus froid que neigeux sur la région stéphanoise, gardant surtout le manteau  blanc qu’il a reçu en héritage de décembre au dessus de 900 mètres avec quelques intrusions plus symboliques qu’épaisses en dessous. Le nombre de jours d’enneigement par tranche d’altitude en atteste selon le tableau ci-dessous.

 

altitudes

octobre

Novembre

Décembre

Janvier

Total

1000

2

9

31

31

73

900

1

9

25

25

60

800

 

6

17

18

41

700

 

4

13

17

34

600

 

3

12

10

25

500

 

1

11

4

16

 

. graphique reporté à l'article sur la situation de fin mars publié le 6 avril pour l'hiver entier 

 

 

L’hiver semble avoir retrouvé un rythme plus traditionnel dans son déroulement avec un maximum d’enneigement dans la première quinzaine du mois de janvier et ensuite un recul plus ou moins agité dans la seconde partie du mois. Cette recrudescence du début du mois avait totalement disparu lors des deux années précédentes et je désespérais de retrouver ce rythme mis en évidence dans ma thèse « L’hiver dans le Massif central ». Tout semblait corrigé ces dernières années par des enneigements tardifs. Ouf !

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Mardi 20 janvier 2009

Cette image transmise par Claude montre la protection des dépressions de l'est du Massif central lors de l'arrivée de masses nuageuses et pluvieuses océaniques d'ouest .
La Limagne de Clermont  et  les bassins qui longent la Loire du Puy au Roannais se détachent des zones montagneuses couvertes de blanc.
 
Dans ces dépressions, surtout les Limagnes et le bassin du Puy on distingue aussi une dissymétrie , le versant ouest au pied des reliefs est plus dégagé que les zones orientales. les premiers sont à l'abri dans l'air qui descend , alors que les nuages se reconstituent plus loin.

A titre d'information par ailleurs
 à Washington (USA) ce 20 janvier: température minimale:
 17° Farenheit soit -8°C
la température à 19h française :30°F soit -1°C.

Gérard Staron
http://www.annuaireblog.org

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Samedi 17 janvier 2009

 

     L’hiver a encore fait la « Une » de la semaine dans la région Rhône-Alpes ce qui m’oblige à changer le sujet initialement prévu. La Saison ne manque pas de variété cette année et elle nous montre une palette complète de ses "savoir faire" puisque après plusieurs chutes de neige lourde, une vague de froid tenace, voici que la pollution atmosphérique en début de semaine puis le verglas mercredi ont alimenté un tableau déjà très complet. Les habitués de mon blog ont déjà trouvé quelques explications, mais une synthèse s’impose pour les auditeurs de Radio espérance ou les lecteurs de zoom42. ou zoom43.fr à propos de situations météorologiques complexes.

Les régions qui ont connu le problème de verglas de mercredi sont les mêmes qui ont été affectées par des brouillards matinaux tenaces lors des jours précédents, associés à une forte pollution atmosphérique et parfois à des neiges urbaines ou industrielles. Il s’agit des fonds des dépressions du Centre-est de la France, surtout de l’agglomération Lyonnaise avec la vallée du Rhône à partir du défilé de Vienne et du Val de Saône, des plaines les plus basses du département de la Loire, soit la Plaine du Forez  et celle de Roanne.

    Tous ces phénomènes sont liés car associés à une inversion de température particulièrement tenace qui s’est mise en place dans les hautes pressions qui ont occupé la France les jours précédents.

Dans le calme de l’anticyclone, l’air s’est stratifié pendant la nuit avec le froid plus dense qui s’est tapis dans le fond des dépressions à l’abri des reliefs et celui plus chaud qui est resté au dessus. Le phénomène a touché toutes les basses plaines de l’est de la France, mais aussi de Suisse. C’est ainsi que le radio sondage de Payerne près de Zurich montre qu’il fait une température proche de -10° dans le fond de la plaine centrale helvétique alors que quelques centaines de mètres au dessus, le thermomètre restait à +5°. Chez nous le passage de l’air froid au chaud s’est fait entre 300 et 500 mètres.


Pourquoi ce phénomène associe-t-il en même temps brouillard, pollution atmosphérique et dans certains cas neiges urbaines ou industrielles ?

Le brouillard, l’air en se refroidissant dans les zones basses franchit son point de condensation, puisqu’un air froid peut beaucoup moins contenir d’eau sous forme de vapeur qu’un air plus chaud. Très souvent en dessous de l’inversion, le brouillard apparaît dans la nuit au moment du refroidissement nocturne, il est au maximum de son extension le matin et se dissipe ou non ensuite. Au dessus de l’inversion, le ciel reste clair, le soleil brille dès son lever, par contre il y a souvent des phénomènes de givre, l’humidité de l’air venant s’accumuler au contact du sol gelé ou de la végétation pendant la nuit.

La Pollution atmosphérique dépasse souvent dans ces cas les seuils d’alerte ; 135 mg par litre d’air auraient été dépassés. En cette saison il s’agit surtout de poussières et de dioxyde d’azote émis par les gaz d’échappement automobiles, car en hiver, il ne fait pas assez chaud pour que ce dernier polluant se transforme en ozone. Ces concentrations sont obtenues car le niveau d’inversion de températures tient lieu de couvercle qui retient dans les basses couches les polluants et les empêche de se disperser. Tant que cette situation atmosphérique continue, tous les rejets émis sont emprisonnés et s’accumulent jour après jours et comme la plupart des grandes zones urbaines, fortement émettrices de polluants se situent dans ces zones basses, la situation se dégrade progressivement. Au contraire au dessus du niveau d’inversion, la dispersion des polluants ne pose aucun problème et la qualité de l’air est excellente. L’AMPASEL qui mesure la pollution atmosphérique sur Saint Etienne a eu certainement beaucoup de difficultés pour établir un indice moyen de qualité de l’air avec une moitié de l’agglomération en dessous de l’inversion donc très polluée et une grande partie de la ville au dessus sans aucun problème !

Les chutes de neige dites urbaines ou industrielles sont aussi associées à ce type d’inversion de températures. Les poussières émises dans les zones urbaines les plus polluées viennent inséminer les brouillards situés au dessus. Dans ces zones, les polluants servent de noyaux de congélation autour desquels viennent s’accumuler l’humidité qui forme des flocons dans des températures négatives. Ensuite ces derniers chutent au sol. C’est ainsi que ces zones basses reçoivent de petites chutes de neige qui n’existent pas aux altitudes supérieures. Ce phénomène a été signalé cette semaine par Guy Blanchet sur Villefranche sur Saône, par René Serrières à Pierre Bénite. L’an dernier je l’avais observé dans le bas de Saint Etienne.

Quand mercredi matin arrive la perturbation océanique timorée avec de la pluie et des températures légèrement plus douces, les masses pluvieuses circulent au dessus de cette zone d’inversion où se tapissent les brouillards très froid. La pluie tombe sous forme liquide  dans l’air océanique, elle continue en surfusion dans l’air froid situé en dessous, mais elle gèle au contact du sol, qui sert de noyau de congélation en raison des longues journées antérieures de températures très négatives. Elle forme alors une pellicule de glace particulièrement dangereuse sur les surfaces lisses que constituent les chaussées et les trottoirs. Le traitement des voieries agit avec retard, Les carambolages se multiplient d’autant plus que cette surface est peu repérable par sa couleur et que les automobilistes sont trompés par l’altitude, car c’est en descendant qu’ils entrent dans les zones à problèmes

Pour un redoux océanique, avec une perturbation, il est toujours extrêmement difficile de faire disparaître un air très froid solidement implanté depuis de nombreuses journées qui manifeste une grande inertie à ce type d’évolution. Le changement de situation atmosphérique apporte toujours des complications souvent désagréables, le verglas en est une. Ce mercredi, deux phénomènes ont aggravé le problème.

D’abord la faiblesse de la perturbation qui a déposé des totaux pluviométriques dérisoires, 0,2 mm à Saint Etienne. Le verglas atmosphérique correspond à une pellicule fine. Si les précipitations avaient été massives, la pluie et le redoux auraient balayés l’air froid très vite sans geler au sol, ou en cas de températures négatives auraient donnés des chutes de neige.

Dans l’agglomération stéphanoise, la situation a d’ailleurs apporté tous les cas, en bas dans la plaine du Forez, le verglas. Un peu au dessus sur la ville de Saint Etienne, dans l’air océanique qui est passé par-dessus, quelques flocons épars suivis de pluie. Au dessus de la ville, à partir de 650 m sur le Pilat, le refroidissement de l’air au contact de la montagne a permis le dépôt d’une petite couche de neige. C’est ainsi que Saint Etienne s’est trouvé dans la pluie entre le verglas de Lyon ou de la plaine du Forez et la neige du Pilat.

L’arrivée de la perturbation en fin de nuit est aussi le facteur aggravant. Elle arrive sur la zone d’inversion de température et ses brouillards à l’heure où cette dernière est toujours la plus solide et la plus difficile à balayer. Ensuite l’air océanique de la perturbation s’est refroidi pendant la nuit en arrivant sur des zones plus élevées. Les températures sont proches de zéro comme le montre le passage à la neige à partir de 650 mètres.

Dans mes prévisions météorologiques sur zoom42.fr et mon blog, j’avais annoncé dès la veille le risque de neige ou de verglas. Le matin, en constatant seulement un peu de pluie à Saint Etienne, j’ai cru avoir alarmé inutilement mes lecteurs, pourtant j’ai vite appris le verglas qui était en dessous et quand les nuages se sont dispersés après 11h  j’ai pu voir la nouvelle couche de neige au dessus de la ville !


Décidément, cet hiver 2008-2009 ne manque pas de facettes complexes pour se rappeler à notre mauvais souvenir.


Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes ou le site 13 h 15 de Radio Espérance, le texte étant repris sur les portails Internet zoom42 et zoom43.fr et  ce blog .

 

http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron 

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Jeudi 8 janvier 2009

L’enneigement de Saint Etienne au versant septentrional du Pilat

Hiver 2008-2009 – situation fin décembre2008

Gérard Staron


Article publié dans le N°45 "Au fil du temps" de l'association des Météorologistes d'entre Rhône et Loire

 

 

Pendant la totalité du mois la neige a recouvert la ville ou a été visible sur les pentes du Pilat qui la dominent.

Le manteau est continu depuis le 22 novembre sur les hauteurs supérieures à 1000 mètres au dessus de Salvaris, soit 40 jours d’enneigement continu.

La grosse chute du 9 au 11 a fait descendre la neige dans la ville avec un maximum de 21 cm au sol, une telle épaisseur n’avait pas été mesurée au sol depuis le 7 mars 2005 (24 cm). L’épisode du week-end suivant, qui a tant défrayé la chronique sur le Massif central, les 14 et 15, a plutôt contribué à réduire les épaisseurs en raison de la forme essentiellement pluvieuse des précipitations sur Saint Etienne.

Inutile de signaler que l’hiver 2008-2009 place à des niveaux déjà très élevés les durées d’enneigement à toutes altitudes sur le versant septentrional du Pilat.

 

Nombre de jours d’enneigement par tranches d’altitude de Saint Etienne au Pilat

altitudes

octobre

Novembre

Décembre

total

moy03/07

1000

2

9

31

42

19,9

900

1

9

25

35

15,7

800

 

6

17

23

13,4

700

 

4

13

17

9,2

600

 

3

12

15

6,8

500

 

1

11

12

5,4

 

La longue période neigeuse commencée le 10 décembre n’a eu aucun équivalent aussi précoce lors des 5 années précédentes. Il convient de remonter à décembre 1990 pour trouver à ce moment de la saison hivernale une durée et une couche neigeuse (41 cm) plus importantes dans la ville en décembre.

graphique reporté sur l'article de la situation à fin mars publié le 6 avril 2009 pour l'hiver entier

Par contre sur le Pilat, nous faisons confiance à nos amis de Saint Genest Malifaux  pour signaler des épaisseurs qui risquent de tenir encore fort longtemps pendant cet hiver ! Deux chroniques dotées d’un bel avenir pour durer quelques numéros cet hiver !
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Samedi 27 décembre 2008

 

      2008 risque de rester sur les tablettes comme l’année du « contre-pied ».
Des précipitations élevées, des températures en baisse, un début d’hiver tonitruant devraient interroger…
L’année du contre-pied pour les précipitations. Alors que l’on annonce de tous côtés que le spectre de la sécheresse et de la pénurie d’eau plane sur le monde, dans notre pays la seule incertitude actuelle est de savoir si les records absolus de précipitations vont être dépassés. C’est déjà fait pour Retournac en Haute Loire où avec plus de 1150 mm un nouveau record annuel depuis 1926 a été établi dépassant les 1029,8 mm de 1994. Dans de très nombreuses régions françaises l’incertitude de cette fin d’année est de savoir quelle médaille va obtenir 2008 au niveau de l’année la plus arrosée. Pour ma part à Saint Etienne j’ai recueilli 1048,8 mm , beaucoup plus que le record de Bouthéon (991 mm en 1977) depuis la seconde guerre mondiale situé 100 m en dessous, déjà sur le podium de la Métare situé 80 m au dessus. Il en est de même au Puy, à Lyon et dans bien d’autres régions.

Les côtes méditerranéennes de l’Espagne, de la Catalogne à la Costa del sol, qui défraient la chronique par leur manque d’eau au point que des navires alimentent Barcelone depuis Marseille, ont connu des abats pluvieux nombreux autant au printemps, avril et mai, qu’en automne. Les zones les plus sèches de l’Europe du Levant à la Costa del Sol ont connu des précipitations importantes pendant l’automne en particulier sur les secteurs de Valence et de Malaga. Ceci ne veut pas dire que ces régions aient réglé leur problème d’eau car l’augmentation des besoins avec les cultures irriguées et le tourisme massif ne sauraient être compensée par une progression des pluies. Le ciel est un partenaire récalcitrant.

Les principaux aquifères très souvent en baisse depuis leurs maximums de 2002 et 2003 ont connu en 2008 une amélioration. La  nappe de Beauce avait dépassé le second seuil d’alerte et les mesures de restrictions prévues pour l’irrigation avaient provoqué une manifestation des agriculteurs à Chartres en avril 2008. Depuis elle a franchi en sens inverse ce second seuil d’alerte en mai et en juin et sa baisse estivale a été très faible.

 Les médias continuent à faire pression pour économiser l’eau, un message pour le moins décalé par rapport aux conditions de l’année.

Alors que le grand soir de la lutte contre le réchauffement de la planète est censé arriver avec le ralliement supposé aux théories en cours du nouveau président des Etats-Unis et l’adoption du paquet « Energie-Clima » par l’Union Européenne, le bilan thermique de 2008 est encore un bon contre-pied. Il s’agit de la seconde année consécutive de baisse sensible de la moyenne annuelle. Alors que le mois de décembre ne va pas réchauffer les moyennes, sur les 11 premiers mois de l’année, à fin novembre 2008, je notais 0,3° de moins à Saint Etienne et 0,5° de moins à Montregard par rapport à 2007. Au Puy Chadrac, alors que l’année 2006 était la seconde plus chaude depuis 1929, 2007 descendait déjà au 9ème rang et 2008 devrait arriver en 20ème position. Si l’on effectue l’évolution des températures selon une moyenne coulissante sur 12 mois qui annule les phénomènes saisonniers, l’année mai 2006 – avril 2007 a été la plus chaude et depuis les températures sont descendues de l’ordre de 2°, sur l’ensemble des stations d’Europe pour lesquelles nous avons fait les calculs soit, outre celles de notre région , Francfort, Lille, Anvers, Laval, Le Mont Aigoual, et d’autres.

Il est incontestable que les températures ont beaucoup monté depuis 1975 mais un changement de tendance semble en cours et se confirme mois après mois depuis mai 2007. Comme au cours du XXème siècle les températures ont évolué selon des périodes de 20 à 30 ans, après 30 ans de réchauffement depuis 1975 environ, il risque de s’ouvrir une durée de même longueur, de pause dans le réchauffement ou de refroidissement selon les volontés du  ciel.

Le grand argument pour nier ce changement de tendance consiste à signaler que les deux derniers hivers ont été doux. Il est exact que janvier et février 2007 puis 2008, ont présenté des anomalies thermiques positives notoires. Là encore les surprises désagréables risquent de se produire en janvier et février 2009. Le début en fanfare de l’hiver lors de ce mois de décembre a déposé des couches neigeuses épaisses à des latitudes assez basses autant du côté américain qu’européen. Aux Etats-Unis toutes les régions au dessus du 40ème degré de latitude, celle du sud de l’Italie, se sont dotées d’une couche supérieure à 30 cm. Le manteau occupe toutes les montagnes européennes à des altitudes inférieures à 1000 m avec des épaisseurs importantes. Les chutes sont même descendues sur l’Atlas le 15 décembre et ont recouvert l’ensemble de l’Anatolie (Asie Mineure) le 24. Cet enneigement massif constitue un réfrigérateur qui risque de pousser les températures de janvier et février 2009 vers la baisse quelques soient les conditions atmosphériques. Ceci risque d’accentuer la baisse des températures et de commencer 2009 sur des bases de refroidissement, d’autant plus que les mois correspondants de 2008 ont été très doux.

Autre exemple de contre-pied,  des annonces tonitruantes et alarmantes  ont été effectuées au sujet des glaces polaires arctiques. Certains ont annoncé que le Pôle nord aurait pu être déglacé pour la première fois en 2008, rien ne s’est produit. Au sujet de l’expédition Tara, la revue « Géo » a écrit « cette année confirme la forte tendance de la réduction de la glace de mer d’été ». Sur le même article cité on apprend que la superficie minimale annuelle de la banquise de 4,13 millions de km2 le 16 septembre 2007 est passée à 4,52 millions de km2 le 12 septembre 2008. Drôle de diminution.

Le dernier rapport de l’OMM de novembre 2008 montre que les glaces arctiques sont en progression par rapport à l’année précédente. Au mois de décembre la banquise a rempli la Baie d’Hudson et progresse le long des côtes du Labrador, a débordé sur la mer de Béring et la mer d’Okhotsk vers l’Océan Pacifique,  et a atteint le Spitzberg et la Nouvelle Zemble du côté Européen.

2008 émet au niveau climatique un message fortement discordant par rapport aux théories ambiantes de réchauffement de la planète ou de diminution des précipitations. Il est difficile de le nier car tous les éléments convergent sur des continents entiers et sont confirmés mois après mois. Pour l’instant les tenants des idéologies en cours mettent en place deux types de parades. Soit ils tentent de trouver des régions de la planète qui subissent des conditions différentes comme la Russie en novembre, soit ils réduisent ces évolutions de 2008 à des variations temporaires insuffisantes pour remettre en cause la tendance générale. L’entêtement est mauvais conseiller, mais ce contre-pied troublant intervient à un bien mauvais moment, celui où l’idéologie du réchauffement semble être admise par la planète politique entière.

L’ordre dans l’arrivée des éléments de ce changement de tendance est fort intéressant  avec d’abord l’augmentation des précipitations, marquée dès mai 2007, puis l’arrêt du réchauffement pendant la saison chaude, ensuite la moindre fusion de la banquise arctique estivale et enfin l’arrivée d’un hiver au début très blanc et réfrigérant. Ceci signifie que l’évolution a commencé par l’atmosphère et la couverture nuageuse d’altitude où se trouvent les précipitations potentielles, pour s’étendre peu à peu à des éléments climatiques au sol. C’est aussi contradictoire avec les explications à la mode qui privilégient le rôle de l’action de l’homme sur le climat au sol. Il semble que le « Ciel » ait décidé de montrer qu’il restait le maître !


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes  ou le site de radio Espérance à 13 h 15 pour la suite de ce bilan annuel, le texte étant repris sur zoom42 et zoom43.Fr et ce blog.

 Bonne année à tous.

 

 

 

Par gesta - Publié dans : climatologie - Communauté : Le champ du monde
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Lundi 22 décembre 2008

La couche de neige a encore de beaux restes à Montregard, ce dimanche 21 décembre en dépit d'un début de fusion ( altitude 990 m).
Il reste encore 35 cm au sol, une semaine après la fin du second épisode, avec une épaisseur assez homogène: peu de congères élevées, et peu de secteurs à forte déflation éolienne.

Vous trouvez aussi ci dessous La courbe des températures du 7 au 21 décembre 2008  à Montregard (43) avec une mesure toutes les 2 minutes en provenance directe du hobo pro. L'échelle de gauche est en degré Farenheit et celle de droite en degrés Celcius ( la seule à prendre en compte).
On distingue les 3 périodes de températures négatives du début du mois, entre les deux chutes de neige et après celle du week end du 14.
Les deux épisodes neigeux ont connu 4 phases très identifiables :
1- le coup de redoux par vent de sud qui précède l'arrivée de la précipitation
2- la chute des températures au début de l'épisode sous forme de pluie
3- le palier au moment de la neige. la première chute ayant lieu par des températures beaucoup plus basses
4- le passage dans l'air froid après la fin de la précipitation avec la chute du thermomètre
 
 Avec une moyenne provisoire de -0,8° sur les 21 premiers jours , décembre 2008 risque d'être le premier mois entier à connaitre une valeur négative de température depuis le début de mes observations ( mars 2006).

A confirmer

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : climatologie - Communauté : Auvergne etc
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Mardi 16 décembre 2008

Chronique climatologie N°562 (enregistrée le 5/01/06- antenne 7/01/06)

    Au moment du nouvel an, ce que me donne encore l’occasion de vous présenter tous mes vœux, le ciel nous a apporté une bouffée chaude aussi brutale que brève au milieu de l’hiver tenace que nous subissons.

Si je prends comme exemple l’enneigement de Saint Etienne au versant nord du Pilat, le manteau blanc a subi un aller et retour spectaculaire.

Le 30 décembre, la neige recouvrait le bas de la ville à 500 m, il s’ajoute même dans l’après midi une couche supplémentaire de 2 cm qui gèle en surface quand la précipitation passe ensuite à la pluie.

Le 31 décembre au matin le manteau était globalement remonté à 800 m avec des restes épars à tous niveaux, dans la journée il poursuivait son recul jusqu’à plus de 900 m

Le 1er janvier au matin la neige a encore reculé mais la chute de l’après midi maintient la couche vers 950 m

Le 2 janvier on remarque des flocons épars dans les précipitations à 500 m. Quand la grisaille s’affaiblit dans l’après midi, on observe le retour de l’enneigement vers 650 m. Depuis les chutes de neige sont presque quotidiennes.

Pour le Yoyo du thermomètre j’ai choisi de vous présenter celui de la petite station Suisse de la Chaux de Fonds à 1018 m dans le Jura Suisse. Le 30 à 6h UTC le thermomètre marque -21°, à 12 h il remonte à -5°, à 18 h il reste -3° au petit matin de la Saint Sylvestre il passe à +3°. Le maximum de la Journée ne dépasse pas 4°3. Ceci représente en 24 heures un écart de 24°. Le jour de l’an au matin les températures redeviennent négatives.

Autant pour la neige que pour les températures, le redoux a duré comme les roses, à peine plus l’espace d’un matin. 2005 a terminé comme tout au long de son année, par des écarts énormes du thermomètre et une inversion complète des flux atmosphériques.

Il y a cependant une différence avec mes remarques de 2005 ( et avec l’épisode du 13 au 15 décembre 2008). Ce n’est pas un contraste nord- sud  avec les descentes polaires face aux remontées d’air méditerranéen, mais plutôt une opposition ouest-est  entre le Moscou Paris des grands hivers et les redoux océaniques. Cette opposition climatique majeure de l’hiver ne pouvait que provoquer des problèmes au niveau de la circulation, de l’air chaud arrivant sur de l’air froid et accentuer des phénomènes glissants : neige ou verglas avec de la pluie gelant au contact d’un sol très froid.

Le 28 décembre la France était sous l’influence d’un temps perturbé de nord-est qui descendait sur le flanc sud d’un anticyclone continental centré sur le nord de la Russie. Ce flux était attisé en arrivant dans l’est de notre pays par une dépression centré sur le golfe de Gènes et la Toscane qui attirait cet air froid et légèrement neigeux vers notre pays.

Deux jours après, une dépression très creusée au sud de l’Islande nous envoie un violent courant d’ouest perturbé. Le 30 à 12 heures  le front chaud commence sa traversée de la France et s’étire des Pyrénées à la Normandie. Le secteur chaud amène son radoucissement dans la soirée du 30 décembre et la matinée du 31 décembre.

Ensuite le froid revient progressivement. En fin de journée de la Saint Sylvestre, le front froid de la perturbation qui suit arrive sur la France. Il ramène, le jour de l’an, les premières chutes de neige à moyenne altitude et une nouvelle baisse des températures. Après son passage le flux passe nettement au nord-ouest puis au nord, le froid revient  et les flocons affectent des altitudes plus basses. Comme toujours en météorologie l’air froid l’emporte sur l’air chaud.

 

Pour ceux qui connaissent la région stéphanoise, les circonstances de mes déplacements du 30 décembre me permettent de vous présenter comment, au niveau régional s’est produit ce redoux spectaculaire.  J’effectuais un trajet aller et retour du bassin stéphanois vers 500 m, aux hauteurs vers 1100 m des confins du Velay et du Vivarais en passant par les plateaux de la région de Montfaucon vers 800 et 900 m.

Quand je pars du bassin houiller stéphanois vers 500/600 m, la température est de -5° sur la sonde de mon véhicule. Dès que je monte sur les plateaux de l’Yssingelais, la température remonte vers -2° puis -1° vers 800 à 900 m, alors que la neige commence à tomber seule d’abord, puis en mélange avec de la pluie. Quand je dépasse 1000 m dans le secteur de Saint Bonnet le froid, la température chute brutalement à -6° alors que la neige redouble dans un monde entièrement blanc aux épaisseurs supérieures à 20 cm.

Au retour dès que je descends en dessous de 1000 m, sur les plateaux du nord du Velay, la température remonte brutalement à -1° et à 0° vers 900 m puis à +1° et +2° vers 800 m alors que les précipitations passent à la pluie .Pourtant quand je redescends dans le bassin stéphanois vers 500 à 600m la température redevient négative -1 et -2° avec du verglas.

Il en résulte deux enseignements importants.

D’abord, le redoux est arrivé par les plateaux de moyenne altitude, et il est passé par-dessus les bassins, en particulier celui de saint Etienne, dans lesquels l’air froid est resté tapi au sol dans les zones basses où il résiste quelques heures. Cette remarque est un classique de la climatologie, l’air froid plus dense a toujours tendance à rester au sol alors que l’air chaud plus volatile circule au dessus. C’est une situation courante dans d’autres régions par exemple entre le massif des Vosges léché par l’air chaud quand la plaine d’Alsace reste dans l’air continental.

Ensuite le second aspect est moins connu même si sur les mêmes régions ce n’est pas la première fois que je l’observe en particulier en 1981. Dès que l’on passe au dessus de 1000 m, les conditions hivernales font de la résistance et deviennent même dantesques. L’arrivée de l’air océanique, au lieu d’améliorer immédiatement la situation, comme plus bas, l’aggrave très brutalement en quelques centaines de mètres. Une bise  se lève qui glace les pare brises et forme des congères, la sensation glaciale augmente, la température ne s’améliore pas et le froid résiste encore quelques heures.

Cette observation est à relier avec un fait que j’avais signalé dans ma thèse «  l’hiver dans le Massif Central français ». Au dessus de seuils vers 1000 et 1100m, les paramètres de l’hiver, durée de l’enneigement, épaisseur de neige, nombre de jours sans dégel, augmentent très brutalement. Tout se passe comme si, quand on dépasse un certain niveau , le relief et l’altitude devenaient capable de freiner ou d’annihiler les effets de la circulation atmosphérique générale, au moins un temps.


En vous présentant une nouvelle fois, chers auditeurs, mes meilleurs vœux, Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain ………..

Commentaire actuel : Avec des voeux vieux de 3 ans, le déplacement relaté a laissé des souvenirs dans la belle famille de l'une de mes filles!
Le mécanisme d'aggravation des conditions météorologiques au dessus de 1000 mètres au moment du redoux est le même que celui relaté au Bessat le samedi 13 décembre 2008 dans l'après-midi.
Pour la Saint Sylvestre 2005,  le forme du redoux est différente.
En 2008, on n'a pas constaté de poches de froid restant dans les zones basses.
En plus, la pluviométrie méditerranéenne dépose des couches de neige sans aucune comparaison possible.
Naturellement nous reviendrons samedi prochain 20/12/2008 dans la prochaine chronique sur l'enchainement actuel de calamités climatiques qui s'était déjà produit fin janvier et début février 1986.

Gérard Staron

Par gesta - Publié dans : climatologie - Communauté : Auvergne etc
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