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le journal du climat et de la géographie libres
Prévisions du 2 au 5 décembre 2009
Les perturbations du front polaire guidées par la dépression très creusée entre L’Irlande et L’Islande ont fait sauter le verrou des anticyclones méditerranéen.
Il en résulte l’arrivée d’un hiver plus nuageux et humide que froid avec de la neige en montagne
Les étapes classiques des passages perturbés s’accompagnent chez nous
1) de vent de sud avec une relative douceur avant l’arrivée des fronts pluvieux
2) Les précipitations commencent par de la pluie et se terminent par de la neige en montagne surtout en fin de nuit. Les montagnes sont les plus concernées en particulier les reliefs volcaniques auvergnats, l’axe du haut Forez aux monts de la Madeleine, et les monts du Pilat aux monts du beaujolais.
3) Les nuages s’attardent sur les versants septentrionaux des montagnes, le vent du nord s’installe avec le froid, le mistral en vallée du Rhône. Les gelées affectent surtout la partie centrale auvergnate du Massif central, les plateaux qui ceinturent les Limagnes et le fond de ces dernières.
Mercredi :
Après des gelées matinales sur les plateaux, le vent du sud s’installe avant l’arrivée de la nouvelle perturbation. Il forcit dans la nuit suivante.
Quelques pluies affectent les montagnes les plus exposées déjà citées. L’intérieur du Massif central en particulier les dépressions qui longent la Loire et l’Allier semblent peu concernées avec un ciel moins chargé de nuages.
Les températures maximales restent assez douces.
Jeudi :
La perturbation traverse nos départements et dépose des totaux substantiels sur les montagnes en particulier celles exposées au influences océaniques déjà citées. Les précipitations sont surtout pluvieuses, le passage à la neige en montagne attend la nuit qui suit.
Les gelées sont en net recul par rapport à la veille, et les maximales changent peu sous un ciel très nuageux.
Vendredi :
Sur la fin de la perturbation, les précipitations se terminent progressivement sous forme de neige à des altitudes de plus en plus basses. Les nuages s’attardent sur les versants nord de nos montagnes surtout sur l’axe du Mézenc aux monts du Beaujolais.
Avec le vent du nord, la burle en montagne, le mistral s’installe en vallée du Rhône sous un ciel plus clair. Les gelées matinales reviennent et affectent surtout la partie auvergnate du Massif central autour des Limagnes. Les températures maximales sont proches de zéro, parfois négatives sur les plateaux.
Samedi :
Les températures restent très basses avec des gelées sévères sur les plateaux du cœur du Massif central, et des maximales proches de zéro.
Dans la journée, un léger flux de sud s’installe avant l’arrivée de la nouvelle perturbation qui commence par de la pluie, puis continue par le passage à la neige en montagne dans la nuit de samedi à dimanche.
Ce temps devrait continuer ensuite ! A confirmer avec la prévision de samedi 5 décembre.
Gérard Staron
Cette image du samedi 28 novembre transmise par Claude que nous remercions, illustre deux aspects du temps de ces derniers
jours.
La position d’abri des dépressions qui longent le fleuve Loire mais aussi de la Limagne de Brioude. Alors que les nuages couvrent les hauteurs du
Pilat d’un Côté et du Forez de l’autre, on distingue le sillon des Bassins qui s’étirent du Puy à la région de Roanne avec un ciel totalement dégagé.
En cas de pluies océaniques ces zones sont souvent indemnes de pluies comme indiqué dans les prévisions.
Les trajectoires des perturbations qui viennent déposer leur eau sur les collines du Boulonnais. La première déjà passée continue sur le Benelux. Ses pluies ont provoqué une montée de l’Hem à 2 m
La suivante qui arrive dans les heures qui suivent provoquera une nouvelle montée de la rivière à 2,07 m
Décidément le Nord n’en a pas encore fini avec les crues
Le vent et les inondations dans le Nord !
Nos concitoyens du haut bassin de la Loire, jouissent d’un temps presque idyllique, quand la France du nord subit tempêtes quotidiennes et en Boulonnais
de petites inondations. Il en est ainsi depuis le début du mois de novembre et ceci risque de continuer jusqu’à ce que les anticyclones qui bloquent l’avancée de l’air polaire perturbé aient
enfin cédé, ce qui ne devrait ne plus trop tarder.
Cette chronique n’est que la suite de celle de la semaine dernière qui vous présentait la répétition des petites tempêtes successives en Manche depuis le début du mois .
La semaine dernière je vous annonçais que 6 jours le vent avait dépassé 100 km/h à Ouessant, , le jeudi 26, il s’agit de 9. Plus de 11 jours, il avait dépassé 90 km/h, c’est monté à 18 jours et pour ceux à plus de 80 km/h, il s’agit de 22 jours. Ces nombres sont provisoires car au moment où j’écris ces lignes d’autres coups de vents approchent !
Par rapport à mes explications de la semaine dernière, les conditions ont peu changé.
Les tempêtes se succèdent à un rythme quotidien, le vent a dépassé 100 km/h tous les jours au moins sur un point du littoral de la Manche. Les pointes se dégagent mal dans une période continue de vent fort qui donne plutôt l’impression d’un rouleau compresseur que de coups de boutoirs. Les rafales supérieures à 100 km/h se sont étalées en Manche en deux épisodes séparés seulement de quelques heures. Le 1er dure 48 heures à partir du 21 à 23 heures. Le second commence en fin de journée du 24. Cette persistance du vent violent, qui n’est d’ailleurs pas terminée, montre que la pression de la dépression polaire s’accroît de jours en jours, mais ne fait pas encore céder les anticyclones du sud.
Les vitesses maximales des tempêtes sont importantes, gênantes, mais incapables de provoquer de gros dégâts. Les rafales maximales se situent régulièrement entre 115 et 120 km/h, 119 km/h au cap Gris Nez le 22 à 18 heures, 115 km/h pendant de nombreuses heures à Ouessant comme à la Pointe du Raz.
Les tempêtes sont restées globalement confinées aux littoraux de la Manche de la pointe de la Bretagne au Pas de Calais. Comme depuis le début du mois, elles ont peu pénétré à l’intérieur du pays.Toutefois elles ont tenté à deux reprises de la faire :
La première a eu lieu à la mi-journée du dimanche 22. Les rafales les plus importantes se sont étendues au littoral atlantique jusqu’au cap Ferret à l’entrée du bassin d’Arcachon. La tempête a même tenté une pénétration au niveau du seuil du Poitou, selon un axe Niort, Poitiers. La tentative a duré deux heures mais n’est pas allé plus loin que la capitale régionale poitevine.
La seconde a concerné le Boulonnais qui a subi les rafales les plus violentes entre les après-midi du 22 et du 23. Ces dernières ont perdu rapidement de leur virulence en pénétrant à l’intérieur des terres et Lille n’a jamais atteint les 100 km/h.
Le Boulonnais a aussi subi le second aspect de cette situation météorologique agitée, avec des inondations importantes. Elles n’ont pas atteint le caractère exceptionnel de celles qui ont affecté le nord-ouest de l’Angleterre. Les rivières descendant du district des lacs, en particulier la Cocker, ont répandu la désolation à Cockermouth et Workington en emportant tous les ponts. Ces deux régions, Boulonnais comme le nord de l’Angleterre, ont connu la même situation face à l’arrivée des masses pluvieuses. Dans les deux cas elles présentent un littoral d’orientation méridienne qui reçoit de plein fouet les pluies déversées par les perturbations en provenance de l’ouest.
Immédiatement en arrière de la côte, des reliefs accentuent les précipitations de façon orographique. Il s’agit en France des collines du Boulonnais qui culminent à 211 mètres et dans le district des lacs, des monts du Cumberland qui atteignent 979 m au Scafell Pike. Les abats pluvieux des collines du Boulonnais, environ 60 mm en 48 heures, sont théoriquement loin des 314mm annoncés en 24 heures à Cockermouth. Cela fait beaucoup pour la région, ne s’agirait il pas plutôt du cumul obtenu sur plusieurs jours ?
Cette orientation de la côte perpendiculaire à l’arrivée des masses pluvieuses, la persistance de la même situation atmosphérique sur une longue période, provoquent des pluies tous les jours depuis le début du mois qui s’accumulent les unes aux autres. Par exemple Au Touquet, il a plu presque tous les jours depuis la Toussaint. Il est d’abord tombé 84 mm du 1er au 8 Novembre. Après deux jours de répit, il s’ajoute 36,6 mm du 11 au 18. Après 48 nouvelles heures d’accalmie, il arrive encore 60,6 mm du 21 au 26 dont un maximum de 20,2 mm le fameux jour de la crue. En dernière minute il tombe 23,8 mm jeudi. Le total se monte à 205,8 mm depuis le début du mois sur le flanc occidental des collines du Boulonnais. Les premières pluies saturent le sol et provoquent peu de réaction des rivières, mais progressivement ces dernières enflent de plus en plus pour des totaux parfois inférieurs aux précédents. Ainsi 21 mm le 1er novembre, ont moins d’impact que 20 mm le 23 et autant le 26, mais entre temps plus de 150 mm sont tombés.
Descendant des hauteurs, des rivières, la Liane ou la Hem dans le Boulonnais, et la Cocker river au nord ouest du Royaume Uni, drainent l’ensemble de ces secteurs et sont particulièrement sensibles à cette accumulation de précipitations sur le versant exposé à ces pluies.
L’analyse de la crue des rivières du Boulonnais du 23 novembre est très intéressante. La Liane qui descend sur le versant occidental bien exposé aux pluies est montée de plus de 3 mètres à Virvignes avec un niveau qui dépasse celui des dernières crues. La Hem située un peu en arrière sur le versant nord n’a gonflé que d’un mètre environ, pour une cote qui n’atteint pas la hauteur des crues des années précédentes. L’Aa, est monté dans des conditions comparables sur le versant interne des collines du Boulonnais. La crue assez forte sur le cours amont, avec une cote de 2,20 m à Lumbres situé au cœur des collines, perd vite de l’importance en direction de l’aval. Enfin la Lys, au bassin interne qui draine les eaux en direction de la Flandre intérieure, et de la Belgique a connu une crue faible et une montée très lente.
Les nouvelles pluies du jeudi 26, ont provoqué une nouvelle crue plus importante que la précédente dans la nuit de jeudi à vendredi. Avec un total de précipitations de même nature, 41 mm à Gravelines, 23 mm au Touquet, les rivières sont montés encore plus haut. La Liane avec une cote de 3,89 m jeudi à 23h 30 a dépassé de 20 cm le niveau maximum de la crue précédente. L’Hem a surpassé sa cote du 23 novembre de plus de 50 cm et sa crue se poursuit encore en aval vendredi matin. Les pluies ayant peu pénétré à l’intérieur de la Flandre, l’Aa a moins réagi (30 cm en moins), la Lys n’est pas montée.
Ce n’est peut être pas fini en pays Chti, entre Bergues et Berck plage. La persistance de la même situation atmosphérique, fait encore revenir des perturbations et des pluies d’ouest contre cette côte méridienne. Plus ces dernières se succèdent, plus les rivières réagissent et montent haut. Tant que la situation atmosphérique restera agitée entre l’air polaire perturbé qui pousse des coups de boutoirs à partir du nord et les anticyclones méditerranéens qui résistent bec et ongle au sud, tempêtes et crues océaniques continueront.
Décidément en pays « Chti » , tout se joue entre le sud et ce « ch ».nord. « Bon vent » aux services de la DREAL et du Shapi chargés de ces cours d’eaux évocateurs : La Liane, L’Hem, la Lys, l’Aa ! Une phonétique particulière !
Gérard Staron vous retrouvera samedi prochain sur les ondes ou le site de Radio espérance 13 h 15, mais aujourd’hui et demain
vous pouvez me rencontrer avec Jean Paul Bourgier à la fête du livre de Lorette.
Bonne semaine à tous
Prévision du 28 novembre au 1er décembre 2009
Les calamités, tempêtes et précipitations qui affectent les côtes de la Manche depuis le début du mois, vont progressivement pénétrer à l’intérieur du pays et nous concerner. Les perturbations et dépressions qui descendent des hautes latitudes vont enfin faire sauter le verrou des anticyclones méditerranéens, après un dernier baroud d’honneur.
Le temps se dégrade brutalement. L’hiver arrive.
Le vent violent des côtes de la Manche qui nous épargnait, nous concernera avec les déviations classiques sur le Massif central, sud puis nord.
Les précipitations qui ignoraient les secteurs de nos départements à l’abri, déposent des totaux substantiels avec passage à la neige en montagne, puis à des altitudes de plus en plus basses
Les températures chutent avec le retour de gelées matinales sous abri et même de jours sans dégel sur les plateaux du Massif central
Cette évolution couvre toute la période.
Samedi :
La nouvelle tempête sur la France du nord pénètre à l’intérieur du pays. Son souffle atténué atteint d’abord la bordure nord de nos départements des Combrailles au Roannais, puis un vent de sud dévié par les reliefs balaie les plateaux.
La nouvelle perturbation apporte ses nuages à partir du nord ouest, mais ses pluies freinées par les anticyclones n’atteignent pas nos départements avant la nuit
Les températures encore douces le matin baissent et deviennent de saison. Les dépressions qui longent la Loire et l’Allier bénéficient pour la dernière journée de leur relative position d’abri.
Dimanche :
Dans la nuit le vent de sud forcit. Quelques rafales pourraient être dangereuses sur les plateaux.
Les pluies suivent et traversent notre région en commençant par les montagnes volcaniques auvergnates, l’axe du haut Forez aux Monts de la Madeleine et les monts du Beaujolais . Elles s’accentuent dans la nuit suivante sur l’ensemble de nos départements avec un passage à la neige sur les montagnes.
Les températures changent peu, tendance à la baisse toutefois
Lundi
Les nuages et les précipitations s’attardent sur les reliefs en particulier ceux de l’est du Massif central, du Mézenc au Pilat. Le passage à la neige s’effectue à des altitudes de plus en plus basses, peut être dès 500 à 600 mètres.
Le gel sous abri fait son retour dès le matin sur les plateaux. Les températures continuent de baisser dans la journée, proches de zéro partout, les plateaux peuvent connaitre un jour sans dégel.
Le vent du nord s’installe et forcit dans la journée sur les plateaux, la burle souffle. Il provoque un mistral virulent en vallée du Rhône.
Mardi :
Les nuages et les précipitations continuent à descendre du nord avec passage à la neige à des altitudes de plus en plus basses.
Les gelées se généralisent le matin. Le thermomètre remonte peu dans la journée et pourrait rester négatif sur les plateaux enneigés.
Le vent du nord faiblit mais le mistral continue en vallée du Rhône.
Ce n’est que le début de l’hiver ! L’atmosphère restera agitée, à confirmer par les prévisions le 1er décembre
Gérard Staron
« L’océan »
Paroles de T. Botrel et musique de E.. Feautrier
Cette chanson du XIXème siècle que j’interprète semble une illustration surprenante des rapports pours le moins complexes que la Bretagne entretient avec les tempêtes qui viennent de l’Océan.
Les paroles sont fortes, l’ouragan fait perdre au vieil homme sa maison, son bateau, ses enfants et pourtant il n’arrive pas à haïr l’Océan…
Ce dernier fournit les activités nécessaires à la vie avec la pêche, la Marine nationale, la collecte des algues quand elles ne sont pas vertes, le Goémon, pour l’agriculture, la douceur des températures hivernales qui permettent des cultures légumières, les plages et les paysages de la côte pour le tourisme.
Beaucoup d’activités bretonnes sont liées à la mer, pourtant à l’époque napoléonienne, le blocus continental a partiellement détourné cette région du large avec le déclin des grands ports pour provoquer l’essor de l’élevage
Du large arrivent aussi de violentes tempêtes dont les rafales peuvent dépasser 180 Km/h comme en décembre 1999 ou même plus de 200 Km/h comme le 16 octobre 1987
Depuis le début du mois, le vent atteint ou dépasse presque chaque jour les 100 km/h sur les côtes de la Manche . Hier encore ce seuil a été dépassé à la pointe du Raz et à l’Ile d’Ouessant. Une telle ténacité est rare même si le vent actuel ne parait pas avoir une violence suffisante pour provoquer toutes les calamités de la chanson. Dans le passé des tempêtes à répétition ont aussi soufflé en janvier et février 1990 avec des vitesses qui dépassaient régulièrement 150 km/h, seuils qui heureusement n’ont pas été atteint pendant ce mois de novembre
Le Breton doit vivre avec le vent violent, ce qui explique peut être cette chanson aux paroles surprenantes, paroles qui peuvent rendre mal à l’aise.
Un exemple d’adaptation aux conditions climatiques, même si le vent actuel n’atteint pas une violence suffisante pour provoquer de tels dégâts.
Gérard Staron
Prévision du 24 au 27 novembre 2009
Les perturbations et dépressions qui descendent des hautes latitudes par l’Atlantique nord, vont continuer leurs coups de boutoirs pour tenter de repousser les anticyclones qui occupent le bassin méditerranéen et débordent sur la partie méridionale de notre pays.
Ces derniers manifestent une grande résistance et la lente progression de l’air polaire ne sera pas décisive avant le week-end.
Les tempêtes et vents violents, généralement d’ouest, sont quotidiens en Atlantique, en Manche et mer du Nord. Nous en subissons les souffles atténues sur la bordure nord de nos départements ou déviés avec une direction de sud ailleurs.
Les précipitations quotidiennes concernent les montagnes, surtout celles exposées aux influences océaniques , reliefs volcaniques auvergnats, axe du Haut Forez au monts de la Madeleine au nord de Pierre sur haute, et monts du Beaujolais. Le ressenti de ces pluies sera limité par leur déroulement essentiellement de nuit, ce qui laisse des plages importantes d’accalmie dans la journée.
Tant que les perturbations n’ont pas gagné la bataille, les flux dominants de la région restent de sud et ils entretiennent des températures très douces pour la saison. La tendance est toutefois à la baisse avec une très faible amplitude thermique diurne. Les dépressions intérieures du Massif central qui longent la Loire et l’Allier sont en grande partie à l’abri des pluies, connaissent des températures très élevées accompagnées des éclaircies ensoleillées.
Mardi :
Une relative accalmie dans les précipitations entre les passages perturbés de lundi et ceux des jours suivants. De petites averses sont toutefois possibles sur les reliefs exposés.
Les températures restent douces surtout dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier où le temps est globalement agréable.
Mercredi :
La nouvelle offensive perturbée s’annonce par ses nuages qui progressent depuis le nord-ouest, mais les pluies attendent la nuit pour atteindre nos départements et surtout les montagnes déjà citées.
Le matin de petites gelées blanches sont possibles dans les cuvettes de moyenne altitude , les températures maximales sont en légère hausse.
Jeudi :
Nous sommes coincés entre la perturbation de la nuit qui continue sa route vers l’est et celle qui arrive dans la soirée suivante et parait bien plus virulente. Il en résulte de petits passages pluvieux sur les montagnes exposées.
Les températures restent douces sous un ciel plus couvert. Les dépressions qui longent la Loire et l’Allier bénéficient encore de leur position d’abri.
Vendredi :
Les pluies sont soutenues une grande partie de la journée avec une nette différence entre les montagnes surtout celles citées pour leur exposition et les dépressions peu sensibles aux influences océaniques.
Les températures, douces le matin, baissent en cours de journée, avec des maximales fraîches.
L’évolution décisive du temps pourrait se faire pendant le week-end, à confirmer par la prévision du 27 novembre.
Gérard Staron
Notre chronique N° 754 vient de connaitre une suite annoncée .
La nouvelle tempête
du dimanche 22 novembre a provoqué des vents de vitesse comparable à celles du week-end précédent. 117 km/h ont été atteint à Belle île.
Comme la précédente, les régions côtières de la Manche ont été affectées en priorité . toutefois, la carte jointe, comparant pour les deux tempêtes les régions qui ont connu au moins une rafale supérieure à 100 km/h montre deux nouveautés :
1) les côtes de l’Atlantique ont été concernées de façon au moins aussi importantes que celles de la Manche , ce 22 novembre. Les fortes rafales sont descendues jusqu’au Cap Ferret
2) une tentative de pénétration à l’intérieur du pays a eu lieu au niveau du seuil du Poitou puisque les rafales supérieures à 100 km/h ont atteint la station de Poitiers.
Cette tentative de descente vers le sud des vents violents par rapport au week-end précédent montre la virulence de l’air froid qui tente de progresser et d’installer des conditions hivernales.
Ce qui s’est produit en France parait de moindre importance face aux très grosses précipitations tombées sur la face ouest de l’Angleterre, et à l’offensive du froid en Turquie.
Les températures très douces de ce mois de novembre connaissent leurs derniers jours, mais l’air froid n’a pas terminé sa bataille pour repousser chez nous les anticyclones vers le sud.
Gérard Staron
Chronique N°754: Le vent : vedette de novembre !
Depuis le début du mois le vent souffle vigoureusement sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche, ce n’est sûrement pas fini et ça commence ! Sur les 20 premiers jours du mois, la rafale maximale quotidienne a dépassé 6 jours 100 km/h à Ouessant, 11 90 km/h et 13 jours 80 km/h. Nous sommes certes loin des excès des mois de janvier et février 1990 où le vent avait dépassé 150 km /h plus de 15 jours, sur un lieu très exposé aux vents océaniques à la pointe de la Bretagne. Cette persistance quotidienne à des niveaux proches de la tempête a connu trois paroxysmes depuis le début du mois.
--- Lors des 4 premiers jours, l’arrivée des premières perturbations de nord-ouest a accompagné les premières rafales de 100 km/h le 2 et le 4.
--- La descente de nord provoque une première tempête le 7 et le 8 avec des pointes à 115 km/h d’origine septentrionale.
--- Enfin la tempête médiatique des 13 et 14 a maintenu le vent deux jours consécutifs au dessus de 110 km/h avec une direction de sud-ouest dominante.
Les premières rafales supérieures à 100 km/h commencent à affecter la Pointe du Raz et l’Ile d’Ouessant à partir du 13 novembre à 16 heures. Cette tempête va ensuite glisser le long des côtes de la Manche, d’ouest en est. Le littoral français en commençant par la Bretagne est affecté simultanément avec celui du Royaume Uni, à partir de la Cornouaille, un peu plus tard à partir de 20h à Plymouth. Pendant la soirée du 13, seule la pointe du Finistère est concernée. Après avoir hésité entre la Côte Atlantique et la Manche au changement de jour, avec des rafales à plus de 100 km/h à Belle Ile, Saint Sauveur ou Chemoulin, la tempête décide de continuer en Manche avec le Cotentin, puis après la mi journée, les côtes du pays de Caux avec la pointe de la Hève, et enfin celles du Boulonnais jusqu’en soirée. Du côté britannique, la tempête suit un cheminement semblable de la Cornouaille aux côtes du Kent.
Cette tempête est exclusivement littorale et réserve ses rafales les plus violentes aux caps et pointes les plus exposées. Dès que l’on pénètre à l’intérieur des terres, les vitesses baissent sensiblement et tombent nettement en dessous de 80 km/h dans les régions de plaine. Le bassin de Rennes, l’agglomération parisienne ont bien senti un zéphyr soutenu sans atteindre le stade de la tempête. Seules quelques crêtes montagneuses exposées ont connu quelques rafales de l’ordre de 100 km /h, le sommet du Mont Aigoual, les hauteurs de la Dôle sur le Jura, quelques stations d’altitude des Alpes. Sur les reliefs du Velay et du Vivarais, cette tempête s’est transformée dans la nuit en un petit coup de vent de sud, suffisant pour se faire remarquer, mais incapable d’effectuer des dégâts.
Cette petite tempête est le résultat de la confrontation entre des systèmes dépressionnaires qui accompagnent la descente de l’air froid en provenance des régions polaires et les hautes pressions qui restent tenaces en Méditerranée et empêchent l’air froid de descendre plus bas en latitude. Quand la dépression s’approche, cette résistance des hautes pressions contribue à provoquer un fort gradient ou différence de pression entre deux régions, ce qui accélère d’autant la vitesse des flux atmosphériques. Les dépressions sont mêmes parfois contraintes de modifier leur trajectoire.
Par exemple, le 13 novembre à midi, le centre de la dépression qui progresse selon une trajectoire en provenance du nord ouest se situe au large de la Bretagne avec une pression de 980 hpa. L’anticyclone est alors situé au loin, au sud d’une ligne Lisbonne, Madrid, Lyon.
Le lendemain, la dépression s’est installée sur le sud de l’Angleterre, elle a donc dévié de sa direction initiale, alors que la limite des hautes pressions n’a quasiment pas bougé. La distance entre les deux centres d’actions a diminué d’un tiers environ, cette augmentation du gradient de pression a accéléré d’autant la vitesse des flux atmosphériques.
Il suffit d’observer la carte météorologique du 14 à midi pour constater que c’est juste au sud du centre de la dépression que les lignes d’égales pressions sont les plus rapprochées, de plus elles suivent l’orientation des côtes de la Manche à partir du moment où la dépression a été dérouté de sa trajectoire initiale. Ceci explique que les régions littorales et surtout le centre de cette mer aient connu les vitesses maximales.
Un autre phénomène a accentué le caractère littoral de cette tempête. La vitesse des vents est toujours supérieure d’environ 1/3 sur une surface maritime que sur un continent où la rugosité du relief et de la végétation contribue à diminuer les rafales. La conjonction de ce facteur avec le précédent explique que le phénomène n’ait quasiment pas pénétré à l’intérieur des terres.
Par contre en altitude, au niveau de la surface des 500 hpa, cet affrontement entre l’air froid de la dépression et celui des anticyclones est surmonté par un courant très rapide, le jet stream. Celui-ci, dégagé des contraintes géographiques du sol, est descendu plus bas vers le sud et sa vitesse maximale, 85 nœuds, environ 150 km/h, s’étire sur une ligne à plus de 5500 mètres d’altitude de la Galice au Bordelais et à l’est de la France. Les reliefs isolés ou exposés situés au dessus de 1500 mètres comme L’Aigoual, le Jura , ou les Alpes du Nord ont senti les débuts de son influence et de façon ponctuelle ont connu des vitesses de vent aussi importantes que celles qui régnaient sur les côtes de la Manche.
Il ne faut pas s’étonner de cette apparition des premières tempêtes hivernales au mois de Novembre. Celle de la semaine dernière est d’ailleurs très modeste par rapport à ses illustres devancières susceptibles d’atteindre plus de 200 km/h comme le 16 octobre 1987. Selon mes informations, d’autres risquent de suivre bientôt jusqu’à ce qu’elles aient fait sauter la résistance de cet anticyclone qui occupe le bassin méditerranéen. Au moment où vous m’écouterez, une autre dont il est difficile d’évaluer l’importance sera probablement en cours, (elle est déjà commencée). Depuis l’été, je vous ai souvent entretenu des hautes pressions qui occupe la Méditerranée, elles débordent régulièrement jusqu’au sud de notre pays et sont particulièrement tenaces cette année. L’hiver ne reviendra que lorsque le verrou de ces hautes pressions aura sauté, si non, les dépressions qui descendent des hautes latitudes vont s’épuiser à tenter de les repousser, le vent soufflera en Manche et le beau temps continuera chez nous !
Comme la semaine dernière, il était logique d’élargir le sujet à propos du pays basque à l’ensemble climatique du nord-ouest de l’Espagne dans lequel il est inséré, cette fois il en est de même pour tenter d’expliquer comment ces coups de vent se manifestent dans nos régions de l’est du Massif central qui sont souvent en limite entre les deux ensembles.
Il y a deux cas de figure :
-- Soit celui qui nous intéresse aujourd’hui des 13 et 14 novembre, les flux arrivent plutôt du sud ouest, ils sont alors déviés par les axes des reliefs méridiens, des Alpes mais aussi des couloirs du Rhône et de la Loire. Ces tempêtes océaniques se transforment en un vent de sud qui balaie les plateaux et redescend dans les dépressions qui suivent la Loire et l’Allier. Ces déviations peuvent parfois donner des rafales violentes, car la canalisation des flux atmosphériques contribue à les accélérer
-- Soit dans les tempêtes de plein ouest, la bordure nord du Massif central, le Bourbonnais, le Roannais sont encore touchés, mais plus au sud, dès que l’on rentre dans l’intérieur des reliefs, la vitesse du vent s’écroule et comme en 1999, ces régions sont au moins partiellement à l’abri des grandes tempêtes océaniques. La ligne au sud de laquelle les vents d’ouest sont inexistants en Forez dans les dépressions s’étire de Boën sur Lignon à Feurs
Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie, le texte étant repris sur le portail Internet zoom42.fr et mon blog : http://gesta.over-blog.com.
Bonne semaine
Prévisions du 20 au 23 novembre 2009
Nos départements restent en bordure méridionale des perturbations océaniques qui circulent au niveau de la Manche. Ces dernières ne peuvent descendre plus bas en raison de la présence d’anticyclones sur le bassin méditerranéen.
Le temps reste globalement très clément pour la saison avec une légère dégradation au fil des journées
Les tempêtes et coups de vent qui affectent les côtes de l’Atlantique et de la Manche nous intéressent peu , sauf dans le cas où déviés par les reliefs , ils donnent naissance à des flux de sud qui balayent les plateaux, en particulier ceuxde la Haute Loire.
Les précipitations tardent à arriver, elles affectent les montagnes, surtout celles sensibles aux courants océaniques, reliefs volcaniques auvergnats, Axe du haut Forez aux monts de la Madeleine et monts du Beaujolais.
Les températures restent douces pour la saison, car nous sommes le plus souvent dans le secteur chaud des perturbations. Il s’ajoute la possibilité de petits coups de chaleur dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier , (bassin du Puy, Plaine du Forez, Limagnes intérieures) très ensoleillées lors des flux de sud.
Vendredi :
Beau temps sans précipitation
Les températures sont très élevées en particulier dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier.
Le vent de sud balaie les plateaux , il apportent quelques nuages remontant de Méditerranée sur le sud-est de la Haute Loire.
Samedi
La petite tempête en Atlantique et en Manche provoque un renforcement du flux de sud sur les plateaux. Quelques rafales peuvent être dangereuses sur les hauteurs de la Haute Loire.
Une perturbation approche, l’arrivée des nuages est visible par le nord-ouest mais aussi par les Cévennes. Les pluies attendent la nuit suivante pour se déclencher
Les températures restent élevées, en particulier dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier
Dimanche
Les précipitations concernent les montagnes, surtout les reliefs exposés déjà cités. Les dépressions internes du Massif central sont relativement à l’abri. Le ressenti de ces pluies sera atténué par une accalmie dans la journée entre le passage essentiellement nocturne de deux perturbations, la première pendant la nuit de samedi à Dimanche et la seconde dans celle qui suit.
Les températures maximales commencent à baisser.
Lundi :
Les passages perturbés s’attardent sur nos départements et après les dernières gouttes, les nuages persistent sur les versants septentrionaux de nos reliefs.
Le vent du nord s’installe accompagné de son acolyte le mistral en vallée du Rhône
Les températures maximales continuent une très forte baisse
La pression des perturbations devrait s’accentuer dans les jours suivants et provoquer le retour d’un temps de saison plus agité ! à confirmer par la prévision de lundi 23 novembre
Gérard Staron
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