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le journal du climat et de la géographie libres
Prévision du 3 au 6 février 2012
La vague de froid continue, elle devrait atteindre son maximum à la fin du week-end et les modèles ne voient pas le retour de la douceur!
Après des gelées généralisées dépassant le seuil du grand froid (-10°), le reste de la journée est sans dégel parfois de façon sévère sur le Massif central.
L’anticyclone Sibérien bloque les tentatives des perturbations océaniques comme méditerranéennes sur les reliefs auvergnats d’un côté et l’axe des Boutières au Pilat de l’autre, ces dernières viennent déposer des flocons qui débordent peu au-delà des montagnes citées. Le sol garde sa couche antérieure, donc attention aux phénomènes glissants sur les chaussées.
La dépression du Golfe de Gènes attire un vent de nord parfois virulent, avec burle sur les plateaux de la Haute Loire et mistral en vallée du Rhône. Attention le cocktail froid, neige, congères, vent est très dangereux pour toute personne qui s’égare à l’extérieur en montagne surtout sur la Chaine des Boutières !
Un soleil froid a des difficultés à disperser un couvercle de nuages bas abondants
Jeudi :
Prévision confirmée journée sans dégel sous la grisaille avec le vent du nord et des flocons qui arrivent par Nord-est de retour de la dépression du Golfe de Gènes. L’angle nord-est au-delà des monts du Forez et du Pilat est concerné en priorité
Vendredi :
Gelées généralisées avec grand froid sur le Massif central , suivies d’une journée sans dégel
Les flocons continuent une partie de la journée dans l’angle nord-est de la région et sur les Montagnes. Ciel couvert
Le vent du nord, avec burle et mistral sur leurs régions favorites, devient dangereux
Samedi :
Gelées généralisées avec grand froid suivies d’une journée sans dégel, le tout un peu plus sévère que la veille !
Vent du nord très fort avec tempête de burle et mistral en vallée du Rhône. Attention danger
Une perturbation neigeuse vient s’empaler sur le nord de la région et affecte surtout la partie auvergnate et la Margeride avec des flocons
Dimanche :
La vague de froid devrait atteindre son maximum, gelées généralisées, grand froid, journée sans dégel. Le seuil de -20° peut être dépassé localement.
Toujours le vent du nord avec burle et mistral , un peu moins forts que la veille
Une perturbation océanique vient s’empaler sur les montagnes volcaniques auvergnates. Les flocons ont peu de chance de pénétrer au-delà
Lundi :
Toujours le même cocktail, gelées généralisées avec grand froid, journée sans dégel, burle et mistral forts.
Pas de nouvelle neige.
Peut-être une tentative du soleil de percer la grisaille ?
La prochaine prévision de lundi devrait confirmer la poursuite d’une vague de froid susceptible d’atteindre la mi-février : à confirmer !
Gérard Staron
Observations de Saint Etienne (500m) : janvier 2012
Températures minimales et maximales quotidiennes (Hobo dans abri à coupelles)
Précipitations (pluviomètre SPIEA)
Station du réseau de l'association
dernière minute:
Aujourd'hui 1er février, jour de glace :
minimum : -3.8°
maximum : -3.3°
A 15h 32, le thermomètre repartait à la baisse -3,7° jusqu'où ?
|
date |
min |
max |
P |
|
01-janv-12 |
7,4 |
14,6 |
|
|
02-janv-12 |
5 |
11,1 |
5,8 |
|
03-janv-12 |
-1 |
10,5 |
3,7 |
|
04-janv-12 |
3,1 |
6,7 |
1,1 |
|
05-janv-12 |
0 |
10,2 |
6,1 |
|
06-janv-12 |
2,4 |
5,2 |
0,3 |
|
07-janv-12 |
-0,5 |
6,1 |
2,6 |
|
08-janv-12 |
4 |
5,6 |
0,4 |
|
09-janv-12 |
2,5 |
5,4 |
|
|
10-janv-12 |
3 |
6,9 |
|
|
11-janv-12 |
3,8 |
7,1 |
|
|
12-janv-12 |
0,8 |
7,5 |
|
|
13-janv-12 |
1,4 |
4,4 |
|
|
14-janv-12 |
-1,4 |
2,1 |
|
|
15-janv-12 |
-5 |
1,8 |
|
|
16-janv-12 |
-4,8 |
2,5 |
|
|
17-janv-12 |
-4,2 |
6,4 |
|
|
18-janv-12 |
-3,5 |
5,5 |
|
|
19-janv-12 |
-1,4 |
11,4 |
4 |
|
20-janv-12 |
4,7 |
7,8 |
6,5 |
|
21-janv-12 |
4,2 |
10,3 |
0,2 |
|
22-janv-12 |
7,5 |
9,8 |
|
|
23-janv-12 |
4,4 |
7 |
1,3 |
|
24-janv-12 |
3,6 |
6,6 |
2,6 |
|
25-janv-12 |
4 |
7,9 |
|
|
26-janv-12 |
4,5 |
11,9 |
1,8 |
|
27-janv-12 |
3,6 |
4,7 |
3,7 |
|
28-janv-12 |
-0,2 |
5,8 |
1,3 |
|
29-janv-12 |
-1 |
0,5 |
2 |
|
30-janv-12 |
-2,1 |
-0,7 |
4,3 |
|
31-janv-12 |
-2,4 |
-1 |
0,1 |
|
moyenne |
1,4 |
6,5 |
47,8 |
La moyenne de janvier 2012 (3.9°) est inférieure à celles de 2007 et 2008 (5.2 et 5.6°) comme à Montregard, même si elle dépasse de 1° la moyenne depuis le début de la station (2.88°)
La pluviométrie (47,8mm) est importante pour janvier, mois du minimum ( moyenne de 33.8 mm depuis 2006) et approche le record de 2010 (48.4mm)
En somme un mois d’hiver de tendance océanique presque ordinaire !
Comme pour les archives de Montregard déjà en ligne, dans les heures qui viennent celles de cette station seront placées sur http://mgsb.perso.sfr.fr ou en cliquant sur « site » dans l’entête ci-dessus. Merci pour votre patience !
Gérard Staron
L'image de ce 31 janvier 2012 transmise par Claude (Merci) confirme le passage de notre région dans l'air froid continental !
L'anticylone de Russie sibérie balaie tout sur son passage. Parti de ses bases d'Europe orientale, son extension l'a poussé jusqu'à l'arc de nuages qui s'étire de l'ouest de l'Irlande aux Pyrénées et aux golfes du Lion et de Gènes.
Cet air froid en avançant repousse celui d'origine océanique à l'ouest plus tiède, ce qui donne cet arc nuageux correpondant aux chutes de neige que nous avons connu cette nuit. La perturbation qui arrivait de l'ocean a été repoussée dès la France de l'ouest vers le sud par l'anticyclone SIbérien. Passé très vite sous son influence notre région n'a reçu que de faibles épaisseurs de neige, plus à Roussillon en vallée du Rhône (6cm) qu'à Saint Etienne ( 5cm)
C'est le même phénomène qui s'était produit le même jour en 1956 quand après un mois de janvier doux, l'air sibérien avait recouvert la France dès les premières heures de février, sera-t-il aussi tenace en 2012 qu'en 1956 où il avait résisté tout le mois et surtout au froid aussi intense (seul hiver à -30° dans quelques postes du Massif central) ?
Après un hors d'oeuvre de neige, le plat de résistance sera gelé chez nous !
On distingue autour du Golfe de Gènes un tourbillon nuageux assez mal déssiné. C'est la réaction de la Méditerranée tiède à cette arrivée froide qui se charge en Humidité. Ces volutes nuageuses remontent ensuite sur l'Italie du nord , les Alpes avant de revenir par le nord-est sur notre région très affaiblies. La légère reprise de flocons de cette soirée sur le nord-est du Massif central correspond à ces arrivées en bout de course après ce long voyage dans le froid! Dans les prochains jours ce tourbillon autour du Golfe de Gènes tentera de repousser l'anticyclone Sibérien, aura-t-il une force suffisante pour y arriver ou le débarquement de la neige sera-t-il stoppé dès les côtes ?
Enfin en Mer Ionienne, on distingue des lignes de nuages qui correspondent à la réaction de la Méditerranée à une ancienne progression de l'anticyclone sibérien qui était arrivée très bas en latitude sur les Balkans !
Attention au froid ! Le thermomètre descend actuellement en dessous de -20° en Russie , quelle proportion nous enverra-t-il ?
Gérard Staron
Températures de Montregard (43)
Mois de janvier 2012
Températures minimales et maximales et Moyenne approchée (min+max/2)
Sur http://mgsb. Perso.sfr.fr ou en cliquant ci-dessus sur le lien « site » vous avez accès aux archives de la station depuis l’origine (2006)
|
date |
min |
max |
moyenne |
|
1-janv-12 |
5,6 |
11,3 |
8,4 |
|
2-janv-12 |
1,8 |
6,5 |
4,2 |
|
3-janv-12 |
-3,3 |
6,6 |
1,7 |
|
4-janv-12 |
-1,3 |
3,7 |
1,2 |
|
5-janv-12 |
-1,8 |
6,8 |
2,5 |
|
6-janv-12 |
-0,9 |
1,0 |
0,1 |
|
7-janv-12 |
-2,5 |
2,6 |
0,1 |
|
8-janv-12 |
0,1 |
2,4 |
1,2 |
|
9-janv-12 |
-0,6 |
1,1 |
0,3 |
|
10-janv-12 |
0,3 |
3,1 |
1,7 |
|
11-janv-12 |
-2,5 |
9,1 |
3,3 |
|
12-janv-12 |
-2,1 |
9,7 |
3,8 |
|
13-janv-12 |
-3,2 |
0,7 |
-1,3 |
|
14-janv-12 |
-4,5 |
0,0 |
-2,3 |
|
15-janv-12 |
-7,7 |
4,1 |
-1,8 |
|
16-janv-12 |
-1,8 |
4,3 |
1,3 |
|
17-janv-12 |
-3,5 |
4,8 |
0,7 |
|
18-janv-12 |
-2,6 |
4,5 |
1,0 |
|
19-janv-12 |
-1,3 |
8,0 |
3,3 |
|
20-janv-12 |
1,6 |
4,3 |
3,0 |
|
21-janv-12 |
0,2 |
6,4 |
3,3 |
|
22-janv-12 |
4,0 |
7,6 |
5,8 |
|
23-janv-12 |
0,3 |
3,0 |
1,7 |
|
24-janv-12 |
0,0 |
2,5 |
1,3 |
|
25-janv-12 |
0,7 |
5,1 |
2,9 |
|
26-janv-12 |
0,5 |
8,4 |
4,4 |
|
27-janv-12 |
-0,4 |
1,3 |
0,4 |
|
28-janv-12 |
-3,6 |
1,9 |
-0,8 |
La moyenne provisoire 1.8° peut être considérée comme un maximum, car elle va être plombée par les 3 derniers jours !
A l’exception du jour de l’an, Janvier 2012 n’est pas si doux puisque 2007 (2.7°) et 2008 (3.3°) ont subi des températures bien plus élevées.
Avant que ne s’ajoutent les 3 derniers jours, on comptabilise 17 jours de gel et 1 sans dégel soit respectivement depuis le début de l’hiver 35 et 3. Le minimum absolu de -7.7° a toutes les chances d’être battu dans les 3 derniers jours !
A la date du 28, le total de la pluviométrie atteignait 48 mm.
Gérard Staron
Prévision du 30 janvier au 2 février 2012
L’épisode hivernal arrive ce week-end s’intensifie. A dominante neigeuse au début, il devient de plus en plus froid et continental. Nous passons sous l’influence de l’anticyclone de Russie Sibérie.
Les gelées matinales généralisées sont de plus en plus sévères. Les journées sans dégel occupent une partie de plus en plus importante de la région.
Les précipitations se font sous forme de neige. Après celles de dimanche, celles en provenance de l’océan comme de la Méditerranée butent sur les reliefs qui limitent notre ensemble, montagnes volcaniques auvergnates, Margeride d’un côté , chaines des Boutières au Pilat. Leur pénétration à l’intérieur est incertaine, possible surtout en Haute Loire.
Le vent de nord-est est dévié et accéléré par les reliefs avec la burle sur les plateaux de la Haute Loire et le Mistral en Méditerranée. Danger : attention à ne pas s’égarer en montagne surtout de la chaine des Boutières au Pilat, le vent accentuant les effets du froid et provoquant des congères !
La grisaille est encore présente mais elle pourrait peu à peu être percée par le soleil surtout en montagne
Dimanche :
Prévision antérieure confirmée en particulier chutes de neiges sur les régions de l’angle nord-est.
Lundi :
Après de fortes gelées matinales généralisées, la journée est sans dégel sur la partie Massif central, seuls quelques bassins bordiers, surtout les Limagnes échappent aux maximums négatifs
Après une longue accalmie, les chutes de neige reprennent en fin de journée sur les montagnes volcaniques auvergnates. Dans la nuit elles débordent sur la Haute Loire, en particulier la Margeride.
Le vent du nord, burle et mistral sévissent.
Mardi :
Les chutes de neiges commencées dans la nuit continuent de contourner la région par le sud, le risque de pénétration concerne surtout la Haute Loire et parait faible au nord
Après de fortes gelées généralisées, la journée est sans dégel sur la partie Massif central. Seules les bordures bourbonnaises, roannaises et rhodaniennes ont quelques chances d’y échapper
Burle et mistral suite
Mercredi :
Après de fortes gelées généralisées, le risque de journée sans dégel est un peu plus faible en raison d’un retour possible du soleil susceptible de percer la grisaille dans l’après-midi mais les températures maximales restent très proches de zéro partout.
La réaction neigeuse à partir de la Méditerranée atteint le sud de la Haute Loire mais ses chances de déborder au-delà sont faibles.
Vents plus faibles
Jeudi :
Après des fortes gelées généralisées, la journée est sans dégel presque partout sous la grisaille.
La nouvelle tentative neigeuse à partir de la Méditerranée peut atteindre l’axe de la Chaine des Boutières au Pilat avec un faible risque de pénétration sur le Velay et le Forez.
Le vent du nord reprend et forcit
Jeudi le maximum de la vague de froid ne semble pas atteint. Au plus loin que les modèles donnent des informations (9 jours) on n’entrevoit pas de sortie de cet épisode hivernal pour l’instant. Un hiver du type de celui de 1956, janvier doux et février avec une vague de froid historique devient vraisemblable : à confirmer jeudi !
Gérard Staron
Attention samedi vers 19 h : chute de neige en cours sur le plateau de Saint just Malmont, chaussées recouvertes!
Chronique N° 859
Alors que les médias multiplient dans leurs commentaires les discours sur la douceur, la rigueur n’est pas très loin dès que l’on franchit nos frontières de l’est.
Les Alpes accumulent des quantités énormes de neige au-dessus de 1500 mètres alors que notre Massif central subit une indigence notoire.
Au début décembre, le manteau était quasiment nul jusqu’à plus de 2500 mètres sur les Alpes, les épaisseurs atteintes aujourd’hui s’approchent des niveaux des années très abondantes.
Les massifs qui concentrent les couches les plus hautes correspondent aux Préalpes de part et d’autres de la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche.
A Santis, la couche atteignait déjà 3 m au début de janvier, elle atteignait 3.90 m le 10 janvier. La hausse a repris ces derniers jours et au début de cette semaine on dépassait 4.71 mètres au début de la semaine
Dans les Préalpes de Bavière ou du Tyrol entre Munich et Innsbruck, la couche dépassait 3.30m le 8 janvier, atteignait 4 m le 10 janvier et actuellement dépasse les 5 mètres.
Dans ces régions, dès la grosse chute du 8 au 10 janvier, les records de neige fraiche pour un mois de janvier étaient parfois dépassés. En Suisse c’était le cas à Ulrichen avec 2,55 m battant l’épaisseur de 1951. En Autriche, les 195 cm de 1951 étaient approchés à Galtur à la même date avec 190 cm, les nouvelles couches ont dû combler cette petite différence ! Les 330 cm de Langen et Strocken tombés en 1968 au Tyrol et les 260 cm d’Arosa en 1951 et les 225 cm d’Andermatt en 1982 en Suisse n’étaient pas encore battu le 10 janvier mais les couches ultérieures s’en approchent
Sur le reste du massif, les épaisseurs présentent une très forte dissymétrie entre le nord et le sud. La plus part des sommets préalpins suisse autrichiens et Allemands dépassent les 3 mètres alors que l’on tombe très vite à des valeurs bien plus faibles du côté Italien ou tessinois. A altitudes quasiment égales vers 2500 mètres le Weissfluhjoch près de la frontière italienne a une épaisseur qui dépasse à peine la moitié de celle de Santis, 2.54 m contre 4.71 m à la date du 25 janvier.
Les reliefs hercyniens en avant des Alpes du nord accumulent aussi des quantités de neige très importantes. C’est ainsi que l’épaisseur atteint 1.60 sur le Fichtelgebirge sur les hauteurs du quadrilatère de Bohème , mais aussi 1.20 m au Feldberg sur les sommets de la Forêt noire. Dans les deux cas les altitudes sont très inférieures à celles des reliefs du massif central avec de l’ordre de 1100 à 1200 mètres dans les deux cas.
Dans ces mêmes régions en avant des Alpes en direction du nord, les précipitations sont tombées sous forme de pluie aux altitudes plus basses, les totaux déposés sont impressionnants et répétitifs avec les épisodes de la tempête Andréa celui du 8 au 10 janvier, puis du 19 au 22 (plus de 140 mm localement) et enfin celui de cette semaine. Cette accumulation de précipitations provoque la montée des rivières. Celles descendant du Jura Souabe et de Franconie ont déjà connu des pics dépassant 3 mètres comme la Kocher ou la Fils. La Rednitz à Kartzwang est montée de plus de 5 mètres. Le Rhin et le Danube ont amorcé une crue qu’il conviendra de surveiller si les épisodes pluvio-neigeux continuent.
De part et d’autre de cette zone centrale alpine, les couches neigeuses diminuent avec toutefois une dissymétrie importante. Les Carpates sont plus enneigées à l’est que les Alpes du nord Française. En France, les couches les plus importantes correspondent au massif du Mont Blanc et au Chablais, cette zone a même augmenté fortement sa couche lors de l’épisode du 20 au 22 janvier. Les épaisseurs baissent dans les autres reliefs des Alpes du nord, les Alpes du sud sont très peu enneigées.
Pendant ce temps là, notre massif central est particulièrement démuni de manteau blanc. L’altitude de base du manteau neigeux a peu varié dans notre région. Sur le Mézenc, la partie au-dessus de 1500 mètre était blanche le 15 janvier et rien n’avait vraiment changé le 22 janvier ! Jusqu’aux flocons de la fin de cette semaine, la variation a encore été très faible !
Ce n’est pas le premier hiver où les Alpes croulent sous un très épais manteau blanc alors que le Massif central en est très largement dépourvu !
Lors de l’hiver 1974-75 à fin janvier, l’épaisseur pour la tranche d’altitude 1500 à 1800 mètres donnait en moyenne 1.69 m pour les postes de la Haute Savoie, 1.05 m pour ceux de Savoie, 79 cm pour ceux du Dauphiné, 40 cm pour les Alpes du sud et moins de 20 cm pour les postes du Massif central. Lors du même hiver et pour la même tranche d’altitude, les écarts étaient encore plus forts à la fin du mois de mars, de 3 mètres en Haute Savoie à 40 cm sur le Massif central.
Un paradoxe oppose cette faiblesse de la neige sur notre Massif central, aux très grosses couches qui sont aussi déposées depuis le début du mois de janvier sur les Chaines montagneuses des Balkans jusqu’au Pinde en Grèce et de Turquie. La Bulgarie a même été noyée sous plusieurs mètres dans la région de Sofia par les restes de la tempête Andréa continuant sa route.
Comment expliquer cette abondance de neige qui s’accentue de jours en jours sur les Alpes Suisses et germaniques et cette faiblesse sur le Massif central ?
Les altitudes plus basses certes, mais surtout l’Europe est découpée en 3 tranches météorologiques depuis le début du mois de janvier. L’anticyclone des Açores avec ses températures douces recouvre la péninsule Ibérique et déborde sur l’ouest de la France.
L’anticyclone sibérien particulièrement froid avec des températures souvent inférieures à -20° à Moscou occupe toute l’Europe orientale à partir de la Pologne. Les pressions sont extrêmement élevées au sol avec plus de 1055 hpa sur la Russie.
Entre les deux descendent des perturbations en provenance de l’Atlantique nord. Elles apportent beaucoup d’humidité qu’elles ont récupérée sur l’Océan et séparent ces mastodontes selon une trajectoire de la mer du Nord au Golfe de Gènes et à l’Italie. Les Alpes centrales et surtout leur versant nord reçoivent de pleine fouet ces masses pluvio-neigeuses de la Suisse alémanique au Tyrol. Dans ce secteur, ces précipitations entrent en contact avec l’air froid situé sur l’est de l’Europe et elles se produisent sous forme de neige à des altitudes assez basses.
Plus à l’ouest sur la France, les précipitations s’atténuent plus on s’éloigne de cette diagonale Mer du nord / Golfe de Gènes, et elles frappent surtout le nord-est du pays des Ardennes à la région Rhône Alpes avec quelques extensions sur l’est du Massif central sur l’angle au-delà du haut Forez au Pilat. Au contact, de l’anticyclone des Açores, ces régions sont le plus souvent dans le secteur chaud des perturbations et le passage de la pluie à la neige s’effectue à des altitudes plus élevées.
Ces perturbations après avoir traversé les Alpes reprennent ensuite de la Vigueur en traversant les Balkans puis sur la Méditerranée orientale.
Cette géographie est assez stable depuis le début du mois et explique les 3 tranches de l’Europe de ce mois de janvier, douceur au sud-ouest jusqu’à la France, fort enneigement sur les Alpes centrales avec fortes précipitations et inondations au nord du massif, débordement des conditions hivernales jusqu’aux Balkans et froid très vif à l’est du continent.
Ce dernier donne des signes d’avancer jusqu’à nous, le fera-t-il comme en février 1956 !
Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance !
Une série de petits séismes affecte depuis ces derniers jours le nord de l'Italie. les enregistrements captés par Daniel m'ont été transmis par Claude. merci à eux.
le premier le 24 janvier vers 23 heures 57UTC ( le 25 à 0h57 locale) est très faible d'intensité comme de profondeur (10 km). il dure à peine une minute et affecte la retombée des Alpes italiennes sur la plaine du Pô, un peu au nord du lac de Garde
le second le 25 janvier vers 8 heures 08UTC (9h 08 Locale) dure plus longtemps (environ 3 minutes), parait bien plus profond dans l'écorce terrestre (33 km) avec une puissance bien plus forte de l'enregistrement (3.75). Il a probablement été ressenti faiblement par les populations. la région concernée se situe de l'autre coté de la plaine du Pô au contact avec l'Apennin Ligure dans la région de Parme, un peu au nord-est de la ville.
le troisième le 27 janvier vers 14 heures 54 UTC (15h 54 locale) dure encore plus longtemps (3 minutes 30) avec une intensite encore plus grande (4.11) et une localisation à 60 km de profondeur. Il a probablement été un peu plus ressenti que le précédent mais affecte des zones d'altitude moins peuplées. La région concernée est proche de la précédente, au sud de Parme sur les montagnes de l'Apennin Ligure entre cette ville et la Spézia.
La localisation de plus en plus concentrée sur la faille qui limite le sud de la Plaine du Pô et l'Apennin Ligure dans la région de Parme, place ces petits séismes dans une zone instable de l'écorce terrestre. L'intensité de plus en plus forte ne parait pas un bon signe pour la suite, mais la prévision des séismes est très mal connue.
Soubresauts habituels d'une zone instable ou annonce d'un événement plus grave?
Gérard Staron
Le blocus de Saint Etienne (suite, bus)
Vous avez peut être croisé aujourd’hui à Saint Etienne, une manifestation rarissime d’entreprises de cars contre une collectivité locale !
Le problème entre la SRT et Saint Etienne Métropole à propos de l’attribution par appel d’offre de certaines lignes du réseau de transports en commun de l’agglomération stéphanoise, ne peut pas être compris si l’on ne fait pas référence au premier conflit qui avait déjà opposé la SRT à la municipalité Sanguedolce (1977-1983) que j’avais suivi comme géographe mais aussi simple usager !
Un petit rappel historique s’impose !
La SRT avait la concession depuis des temps anciens de la ligne La Talaudière Sorbiers et sa suite dans les monts du Lyonnais, mais n’avait pas le droit de prendre des voyageurs sur le territoire de Saint Etienne en raison du monopole de la CFVE, société des transports en commun de la ville d’alors.
Lors de la création du SIOTAS et de la STAS (remplaçant la CFVE), la municipalité a tenté de récupérer cette ligne et d’absorber la SRT, mais cette dernière a résisté et sauvé son entreprise.
La STAS a crée une ligne concurrente la 27 (alors) sur un tracé presque parallèle et a fermé celle de la Batie sur l’itinéraire de la SRT que j’utilisais à l’époque, en me déclarant très agacée au téléphone « la SRT vous transportera », ce qu’elle a fait, même pendant les grèves, un des rares clients au début à prendre ce car sur la ville de Saint Etienne. La situation est restée très conflictuelle jusqu’au changement de municipalité en 1983. Le conflit a ensuite été apaisé par l’intégration de lignes gérées par la SRT dans le réseau de transport en commun de l’agglomération et la création de la ligne 51 Grand Quartier Jean Jaurès, puis 14 Grand Quartier –Châteaucreux après la seconde ligne de tramway.
Il n’est pas innocent que cette desserte de La Talaudière Sorbiers grand Quartier et des communes des monts du Lyonnais, soit dans la polémique actuelle ! Réapparait aussi un vieux sujet historique avec la ligne de la vallée du Gier.
Saint Etienne vient de sortir provisoirement d’un « blocus » dont notre récente Chronique N°857 : Le blocus de Saint Etienne ! reliait les aspects ferroviaires et autoroutiers du dossier en liaison avec le rôle régional de Lyon.
Les événements montrent un curieux lien chronologique ! La grève de 76 jours des trains a commencé après la première annonce du lancement de l’appel d’offre de l’autoroute A45 et s’est terminé le lendemain de sa confirmation !
Le rôle de la métropole régionale Lyonnaise est confirmé par les réactions exacerbées après la confirmation de l’A45 : Le maire de Lyon voulant sortir « l’artillerie lourde », un retour aux guerres privées médiévales ! le préfet de région déclarant les stéphanois « pas raisonnables » et tentant des mesures de rétorsion avec une proposition de nouvelle baisse de la vitesse limite sur l’A47, cas rarissime d’un haut fonctionnaire d’exécution s’insurgeant contre son autorité de tutelle et insultant les habitants d’un ville entière!
Il est surprenant que, quelques jours après, l’appel d’offre des lignes de bus évince les entreprises purement stéphanoises au profit de groupes extérieurs, dont l’un se présente sur internet « l’opérateur historique du réseau de transport lyonnais » et dont la SNCF est l’actionnaire majoritaire, curieux après son rôle passif dans la dernière grève de 76 jours.
Prépare-t-on un nouveau blocus de l’agglomération stéphanoise en accentuant le poids de Lyon sur Saint Etienne pour les transports ?
Gérard Staron
Prévisions du 26 au 29 janvier 2012
Nous connaissons le début d’un épisode hivernal sous une forme qui reste à dominante humide et neigeuse.
Les perturbations de nord-ouest viennent buter sur l’air froid qui s’est installé au delà de la frontière germano suisse. Les précipitations qui affectent surtout les montagnes passeront cette fois à la neige dès que l’on monte sur les plateaux du Massif central.
L’air froid piaffe d’impatience au delà du Rhin. Sa progression jusqu’à nous sera lente, les gelées matinales s’installent progressivement, les températures maximales baissent aussi au fil des jours. Proches de zéro partout, des journées sans dégel deviennent possibles sur les montagnes du cœur du Massif central.
Si les vents faibles hésitent pour leur direction au début, le flux de nord l’emporte ensuite de façon de plus en plus forte avec burle sur les plateaux de la Haute Loire et mistral en vallée du Rhône
Le soleil continuera sa très grande discrétion avec une couverture nuageuse qu’il aura peu l’occasion de percer
Mercredi :
Plus doux et pluvieux qu’annoncé initialement sous un ciel couvert
Après les pluies de la nuit (2.6 mm à Saint Etienne) des gouttes sont encore possibles surtout dans l’angle nord-est au-delà des monts du Forez et du Pilat.
Les températures maximales sont à peine plus élevées que les minimales
Burle et mistral modérés
Jeudi :
Après de petites gelées limitées à la partie la plus à risque du Massif central, c’est la dernière journée douce, légère hausse des températures maximale, avec un petit vent faible de sud-ouest qui précède l’arrivée de la perturbation de nord-ouest.
Les pluies de cette dernière abordent la région en soirée par les Combrailles avant de la traverser pendant la nuit. En lien avec le refroidissement nocturne, l’arrivée du front froid provoque le passage à la neige en commençant par les montagnes.
Vendredi :
Les chutes de neige ont commencé dans la nuit, elles continuent dès l’amorce des plateaux dans la matinée avant de remonter un peu en altitude ensuite.
Le cœur du Massif central, surtout la Haute Loire parait le plus concerné par la neige. Les précipitations s’attardent ensuite pendant le reste de la journée de la Chaine des Boutières, au Pilat et au haut Beaujolais.
Les gelées matinales sont encore faibles et peu étendues mais les températures ne montent pas dans la journée avec des maximales qui restent proches de zéro, possibilité de jours sans dégel en montagne
Le vent du nord et ses acolytes burle et mistral reviennent.
Samedi :
Retour des gelées généralisées le matin, sévères sur le cœur du Massif central, ensuite les températures maximales restent proches de zéro avec possibilité de jour sans dégel en altitude.
Après une accalmie, de petites chutes de neige éparses sont possible en fin de journée en montagnes, surtout celles d’influence océanique.
Le vent du nord forcit
Dimanche :
Les gelées généralisées sont un peu plus sévères que celles de la veille en particulier sur le cœur du Massif central. Dans la journée le thermomètre reste proche de zéro, avec absence de dégel sur les montagnes et plateaux
Les précipitations reprennent dans la journée, plus abondantes que la veille, sous forme de neige dès l’amorce des plateaux.
L’angle nord-est de la région au délà des montagnes du Forez, de l’Yssingelais et du Pilat est affecté en priorité.
Selon toutes vraisemblances, cette dégradation n’est que le hors d’œuvre de l’épisode hivernal qui devrait continuer début février ! A vérifier par la prévision de dimanche
Gérard Staron
L'image du jour (24/01/2012) transmise par Claude des satellites américains montre une limite des nuages descendus du nord qui respecte plus strictement que la veille la ligne de crête des reliefs traditionnelle, Monts cantabriques, Pyrénées, Massif central, Alpes. Elle sépare le milieu méditerranéen de l'océanique et du continental.
Il s'agit de la grisaille des basses couches ( blanc sâle) et des nuages d'altitude de la perturbation ( blanc plus brillant) de la Manche aux Alpes.
Lorsque l'air descend de ces montagnes vers le sud, la bande de ciel dégagé dans l'air qui se réchauffe est s'assèche, est particulièrement nette de L'Espagne à la Vénétie en passant par le Languedoc et la Provence.
Ensuite l'instabilité recommence sur la masse maritime !
Plus à l'est, l'air froid qui a atteint la Méditerranée orientale, y provoque des turbulences importantes sur une mer tiède avec toutes les amorces de tourbillon que l'on distingue!
Gérard Staron
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