Vendredi 16 mai 2008

 

 

Les orages ne sont pas terminés, ils risquent de gagner en intensité.

Depuis Pentecôte, leur développement quotidien était gêné par la proximité de l’anticyclone de l’Europe du nord. Ce dernier s’est retiré en laissant la place à une légère dépression sur la France.

Il n’y a donc plus d’obstacle à l’ascendance de l’air chaud et au développement d’orages violents. Lille et Toulouse aux extrémités de la France ont été les premiere villess affectées. Même Saint Etienne a reçu jeudi 5,1 mm, presque autant que depuis Pentecôte (5,4mm).

Le schéma journalier reste le même :

1)      Au petit matin s’évacuent les scories des orages de la nuit qui disparaissent.

2)      Ensuite  un ensoleillement abondant permet une remontée brutale de la température et une accumulation de chaleur .

3)      Cet air réchauffé s’élève en altitude avec le  mécanisme de la convection et des nuages de la famille des cumulus de plus en plus gros se forment.

4)      Dans l’après-midi et en soirée les orages éclatent. Leur localisation est toujours difficile à préciser mais comme ils suivent une trajectoire du sud-ouest vers le nord-est, regardez vers le sud-ouest, si le ciel est noir dans cette direction, il y a une grande chance  que l’orage vous concerne.

Les températures changent peu mais les grosses chaleurs sont terminées: Elles augmentent vite avec le soleil, et chutent brutalement sous les orages.

La Haute Loire est affectée plus tôt dans la journée et avec des pluies plus marquées que la Loire. Surtout deux diagonales sont sensibles :
1) celle qui longe la limite avec l'Ardèche du Mézenc au Pilat.
2) celle qui longe le pied des monts du Forez à partir du plateau de Craponne.
Les précipitations très irrégulières peuvent déposer ponctuellement de forts totaux dont la localisation est peu prévisible.
Attention leur intensité peut provoquer des inondations locales en particulier dans des zones basses. Rues, routes et autoroutes sont souvent coupées par ce genre d’accumulation d’eaux dans des cuvettes sur la région stéphanoise avec des sites connus. Les régions urbaines, en raison de leur sol imperméabilisé, sont plus sensibles à ce risque
Attention des trainées de grêles sont possibles.
.

 

L’importance du risque orageux permet de différencier un peu les journées :

 

Vendredi : encore des orages en soirée.

 

 

Samedi  : Entre la fin des orages de la nuit et le début de ceux du jour, le répit est de très courte durée et la journée semble la plus risquée pour les fortes pluies ou la grêle. Températures en baisse.

 

Dimanche : accalmie dans la journée, avec un retour tardif des orages en soirée. leur intensité parait plus faible et leur extension plus limitée.

 

Lundi : de fortes précipitations plivio-orageuses méditerranéennes sont susceptibles de déborder sur  le Pilat et ses abords.

 

Mardi : les orages reprennent de la vigueur en soirée

 

Mercredi: pourrait marquer le début de la fin de la période orageuse que nous avons connue depuis Pentecôte : à confirmer.

 

Gérard Staron       http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

 

 

 

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Jeudi 15 mai 2008
Voici le diagramme du séisme chinois du 12 mai 2008 transmis par Guy Blanchet. en provenance du lysée d'Aurillac. Sa caractéristique principale n'est pas son intensité mais sa durée. Les premières secousses commencent vers 6h58 heure française pour se terminer vers 8 heures. La partie intense dure près de 20 minutes de 7 heures 11 à 7 heures 32. Même si l'intensité diminue progressivement, c'est très long pour un séisme et explique peut-être l'importance des dégâts.
par Staron publié dans : catastrophes naturelles
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Mardi 13 mai 2008

 Texte d’origine du 7/07/95

 

   La fin de la semaine dernière a vu le retour des orages. A l’heure de ma chronique du vendredi 30 juin, des auditeurs signalaient que des émetteurs, en particulier celui d’Annonay, avaient été touchés par des orages et ça et là des médias ont signalé des orages qui vendredi, samedi ou dimanche ont balayé le pays d’ouest en est.

   Le terme orage est tout à fait équivoque météorologiquement. Il signifie simplement que le tonnerre où l’éclair ont été entendus ou vus. Les phénomènes électriques peuvent accompagner de nombreux types de temps et de précipitations, parfois même des chutes de neige, pas seulement ceux que l’on nomme les orages d’été.

    Ces derniers correspondent à ce que l’on appelle des pluies de convection. Avec l’extrême chaleur qui régnait à la fin de la semaine dernière et des températures qui ont dépassé 30°, l’air chaud s’accumule au sol au fur et à mesure du développement de la journée. Cet air chaud est par nature peu dense et instable. Il  ne demande qu’à s’élever. Si les conditions météorologiques permettent de poursuivre le courant ascendant, le point de condensation est atteint. A ce  moment, des nuages apparaissent. Leur forme est bourgeonnante, ce sont des cumulus qui, en grossissant, de blanc deviennent gris. Quand le développement de l’air chaud ascendant est suffisant, l’orage peut alors se déclencher sous les cumulonimbus. C’est pour cette raison que très souvent le matin on a un temps ensoleillé. Peu à peu, à partir de la mi-journée, le ciel se couvre. Dans l’après-midi ou en soirée, se trouvent les heures les plus favorables aux orages violents. Quand la nuit arrive la masse orageuse n’est plus alimentée en air chaud et progressivement elle perd de son importance et meurt. Comme le phénomène se déplace, il existe des régions où naissent les orages dans l’après-midi, et d’autres qui reçoivent dans la nuit ceux qui sont nés ailleurs.

   Nous sommes à des latitudes où l’échauffement est rarement suffisant pour provoquer à lui seul des orages. Contrairement aux régions tropicales, il faut donc un petit coup de pouce des conditions atmosphériques pour qu’ils se déclenchent.

   C’est ce qui s’est produit le week-end dernier lorsque l’anticyclone qui nous protégeait s’est retiré sur les Açores. Il a laissé jeudi et vendredi ce que l’on appelle un temps de marais barométrique avec des pressions très proches de la moyenne de 1015 hpa. Ces conditions permettent à la fois le ciel dégagé du matin favorable à l’ensoleillement et ne s’opposent au développement orageux. Cette situation, les 29 et 30 juin, a provoqué des orages isolés. Le samedi et le dimanche, 1er et 2 juillet, les orages se sont généralisés en raison de l’arrivée d’une perturbation de nord qui descendait de la Scandinavie et qui se trouvait vendredi de la mer du Nord à la Baltique. Cet air froid arrivant sur une surface surchauffée a accentué la convection,  et ensuite a provoqué la chute brutale de la température que vous avez constatée lundi avec les averses froides. On a eu jeudi et vendredi des orages locaux par temps de marais barométrique, suivis samedi et dimanche du passage d’un front pluvio-orageux. Ces orages se déplacent toujours selon des trajectoires de sud-ouest en suivant un itinéraire. Ils abordent la France des Pyrénées au Bassin Aquitain, remontent ensuite sur le Massif Central  et enfin continuent sur les Alpes du nord où le nord est du pays. C’est très net sur les images de satellite du 29 juin. Vers 14 heures on observe une masse nuageuse qui recouvre le sud du Massif Central de l’Aubrac jusqu’au Mézenc. Vers 22 h 30, cette masse se retrouve sur les Alpes du nord. A une échelle plus grande, ces trajectoires de sud-ouest touchent plus particulièrement certains secteurs. J'ai observé  plusieurs lignes parallèles : celle qui suit la bordure nord-ouest du Limousin, celle qui remonte les Limagnes au centre du Massif Central. Plus à l’est, vers la région stéphanoise, une de ces glissières part des monts du Velay, suit le plateau de Craponne et se retrouve dans la plaine du Forez et les monts du Lyonnais. Une autre à partir de l’Yssingelais longe le versant nord des monts du Pilat et enfin affecte Lyon. Enfin plus au sud à partir du Mézenc une autre ligne d’orage concerne l’Ardèche du nord puis longe ensuite le rebord des Alpes du nord. Toutefois un orage, avec la foudre ou la grêle qui l' accompagne, est un phénomène trompeur qui peut frapper là où on l' attend le moins. Les précipitations peuvent être très variables sur quelques kilomètres (plus de 100 mm en juillet 1987 à Yssingeaux, contre seulement 9 mm un peu plus loin à Tence, Monistrol ou  Tiranges). Quand le ciel s’assombrit en été, regardez en direction du sud-ouest, si la masse nuageuse grondante est de ce côté-là, vous n’échapperez probablement pas à l’orage et à son cortège de pluies ou de grêle, d’éclairs et de tonnerres.

 

   Je vous retrouverai avec plaisir vendredi prochain pour notre fête nationale en espérant que les seuls tonnerres seront ceux des feux d’artifices.

 

Commentaires actuels :

   Depuis le dimanche de Pentecôte, nous connaissons un temps semblable avec des orages quotidiens qui se répartissent au long des trajectoires répétitives décrites ci-dessus. 

   Jusqu’à mardi, ils sont localisés et peu intenses car la convection n’a pas reçu le renfort d’une perturbation organisée, ce qui pourrait évoluer rapidement.

Rien n’a vraiment changé depuis l’été 1995….

 

  Gérard Staron    http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

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Lundi 12 mai 2008

 

La situation météorologique évolue peu avec des pressions de marais barométriques qui permettent la remontée de cellules pluvio-orageuses.
Le temps est un classique du mois de mai.
1) Au petit matin s’évacuent les scories des orages de la nuit qui disparaissent.
2) Ensuite  un ensoleillement abondant permet une remontée brutale de la température et une accumulation de chaleur.
3) Cet air réchauffé s’élève en altitude avec  le  mécanisme de la convection et des nuages de la famille des cumulus de plus en plus gros se forment.
4) Dans l’après-midi et en soirée les orages éclatent. Leur localisation est toujours difficile à préciser, mais comme ils suivent une trajectoire du sud-ouest vers le nord-est, regardez vers le sud-ouest, si le ciel est noir dans cette direction, il y a une grande chance  que l’orage vous concerne.
5) Les températures changent peu :
Les minimales présentent une grande différence entre des plaines douces et des montagnes fraîches.
Les maximales restent agréables sauf sous les orages où la baisse est brutale.
Comme nous l’avions prévu, cette pompe à orage a commencé à s’actionner la veille de Pentecôte, elle a déposé 2,3 mm jusqu’au lundi matin à Saint Etienne. La ville a été en grande partie à l’abri des orages de dimanche soir car elle se situait entre les deux diagonales:
- celle qui suivait la crête du Mézenc au Pilat, plutôt sur le versant ardéchois
- celle née sur le plateau de Craponne a suivi le sud des monts du Forez, traversé la Plaine et les Monts du Lyonnais.
Ces premiers orages vont s’amplifier au cours de la semaine. Attention, Il s’agit de phénomènes potentiellement dangereux très difficile à prévoir : Dans la région les situations orageuses peuvent donner de très forts cumuls locaux de précipitations sur une durée très courte, capables de provoquer des inondations localisées ou des trainées de grêle.

Nuances quotidiennes difficiles à préciser :

Mardi :
Orages nombreux à partir de l’après-midi surtout en Haute Loire et la moitié sud de la Loire.

Mercredi :
La trajectoire des orages parait plus septentrionale : Le Roannais parait plus concerné.

Jeudi :
Orages généralisés, attention à leur intensité, baisse des températures.

Vendredi
Toujours des orages.

Les orages semblent se poursuivre pendant le week-end avec un paroxysme pluvieux dans les régions méditerranéennes de notre pays

Gérard Staron :  
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Dimanche 11 mai 2008

Températures à Montregard (43) Le bourg,   altitude 990 mètres
exposition : versant sud-ouest

Matériel : abri à coupelles, hobo-pro avec une mesure toutes les 2 minutes

1ère décade de mai 2008 (1er au 10 mai)

 

date                min    heure    max      heure    moyenne

1-mai-08         0,9       7:08     14,1     16:34   7,5

2-mai-08         4,5       6:46     19,0     15:04   11,7

3-mai-08         6,3       7:00     21,9     15:48   14,1

4-mai-08         8,6       4:54     23,1     13:32   15,8

5-mai-08         7,7       6:26     20,6     15:36   14,1

6-mai-08         9,6       3:44     16,6     18:08   13,1

7-mai-08         6,3       1:24     18,8     13:54   12,6

8-mai-08         8,9       4:02     18,7     15:48   13,8

9-mai-08         8,9       4:50     16,4     13:48   12,6

10-mai-08       8,4       6:38     20,5     17:26   14,4

 

Min : température minimale suivie de l’heure

Max : température maximale suivie de l’heure

Moyenne : moyenne approchée minimum plus maximum divisé par 2

Moy vraie : moyenne de toutes les mesures (toutes les 2 minutes)

 

 

Cette première décade de mai 2008 a été particulièrement chaude avec une moyenne de 12,9°.

En comparaison la température de la même décade s’est élevée :

-         à 11,7° en 2006

-         à 10° en 2007

Gérard Staron  http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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Samedi 10 mai 2008

 

    Les accidents liés à la neige se sont multipliés ces derniers jours. On peut signaler celui, particulièrement meurtrier, du massif du Grand Paradis. Ce fait, un peu tardif dans la saison, accompagne souvent les périodes au manteau blanc très épais,  or cet hiver passe pour avoir été relativement peu enneigé…

    En réalité, il existe un énorme contraste entre la moyenne et la haute montagne. S’il est vrai qu’en dessous de 1500 mètres, le manteau a été déficient autant en durée qu’en épaisseur, il n’en est rien au dessus.

Quelques exemples :

Sur le Massif du Pilat, la faiblesse nivale de 2007-2008 diminue au fur et à mesure de la montée vers les sommets. Dans la ville de Saint-Etienne, avec 23 jours de chutes, on est proche de la moyenne. Avec 13 jours tenant au sol, on se situe à la moitié d’un hiver moyen.  Avec une épaisseur maximale de 5 cm, on approche du ridicule. Plus on monte sur le versant nord du massif, plus la durée et les épaisseurs s’approchent d’une année normale et à 1000 mètre d’altitude avec 69 jours, ce dernier hiver présente un écart de moins de 10 jours avec la moyenne 2004-2008.

Si on élargit aux reliefs de l’est du Massif Central, Le 3 mai, on distinguait nettement la couche blanche sur les sommets de l’Alambre et du Mézenc soit au dessus de 1500 mètres, le 4 elle résistait encore sur le second à plus de 1600 mètres. Pierre sur Haute semblait aussi garder une légère calotte blanche. Il semble qu’il n’y ait pas eu d’interruption notoire entre les premières chutes de la mi-novembre et celles de la fin de la saison, sur le massif du Mézenc, par contre cette remarque ne semble pas concerner le haut Forez. Ces dernières observations doivent cependant être vérifiées.

    Si on passe à la haute montagne alpine, l’hiver 2007-2008 présente un record d’enneigement tardif. Les images de satellite montrent encore un massif bien blanc. Plus quantitativement, dans les Préalpes de Santis en Suisse, l’épaisseur de neige atteignait 4 mètres le premier avril ce qui représentait le 9ème rang des hivers classés depuis 1987. Le dernier jour, l’épaisseur était monté à 6,60 mètres soit un classement à la seconde place après les 7,55 mètres de 1999. Entre temps le manteau était passé par un maximum de 6,84 mètres le 23 avril. Pour d’autres station d’altitude comme Arosa ou le Weissfluchjoch, l’épaisseur correspondait entre le 7ème et le 11 rang au début du mois, et au 3ème à la fin d’avril derrière les années 1999 et 1992 au Weissfluchjoch et 1995 et 1992  à Arosa.

    On peut donc constater qu’un enneigement exceptionnel s’est mis en place pendant ce dernier mois d’avril à haute altitude sur le massif alpin. Ceci n’a pas concerné des reliefs moins élevés où au cours de ce dernier mois le manteau blanc n’a effectué que des apparitions fugaces suivies d’un disparition rapide en particulier  le 7 avril à partir de 500 mètres et le 11 avril au dessus de 850 mètres. Le Jura et les Vosges  ont d’ailleurs été placés à la même enseigne que le Massif central.

   Cette caractéristique nivale fait ressembler un peu plus l’hiver 2007-2008 à celui de 1974-1975.

Les deux ont connu un très faible enneigement à basse altitude et un très confortable à plus de 1500 mètres. Sur le Massif central, de nombreuses basses bordures n’avaient pas vu la neige. Au dessus on passait de 6 jours à Clermont Ferrand ou Saint Etienne, à plus de 130 jours au sommet du Puy de Dôme. Par contre les épaisseurs de 1974-75 sont loin d’égaler celles de cette année et atteignaient à peine la moyenne à la station du mont Thabor dans les Alpes centrales.

Le déroulement des deux saisons hivernales est aussi semblable :

-         D’abord pour la précocité du déclenchement. 1974-75 l’emporte puisque tous les principaux massifs français ont reçu une couche blanche entre la fin septembre et la fin octobre à plus de 500 mètres. Si en 2007-2008, il y a une première alerte à 1200 mètres fin septembre sur le Pilat, il faut attendre les grosses chutes de la mi-novembre pour le développement d’un manteau substantiel sur les Alpes au dessus de 2000 mètres. Il s’agit d’un premier record, puisque dans une chronique antérieure, je signalais qu’à Santis l’épaisseur mesurée au début décembre 2007 n’avait jamais aussi haute avant la fin de l’année civile depuis 1987.

-         Ensuite un hiver particulièrement doux fait disparaître tout enneigement à basse et moyenne altitude pendant les mois de janvier et février. C’est particulièrement net en 2007-2008. Le Massif central, les Vosges, le Jura, et même en partie les Pyrénées se dénudent alors de leur manteau blanc. Toujours dans les Préalpes de Santis, l’épaisseur  est stable avec de l’ordre de 3,30 mètre de la mi-décembre au début du mois de mars. L’altitude joue son rôle avec un froid suffisant pour permettre le maintien du manteau antérieur. Le très grand nombre des jours anticyclonique ne permet pas le dépôt de nouvelles couches substantielles au sol.

-         Enfin en mars et avril, la multiplication des temps perturbés qui viennent buter sur les Alpes, les températures plus fraîches, alimentent à nouveau les zones d’altitudes en épaisseurs blanches. Plus bas la neige revient de façon ponctuelle lors des descentes d’air froid perturbées comme celle du lundi de Pâques ou du 7 avril.

Ce déroulement de l’hiver explique le grand contraste de l’enneigement selon l’altitude.

 En début, comme en fin de saison, seuls les temps perturbés d’origine septentrionale ont une capacité suffisante d’apporter de la neige à basse altitude. Les autres situations atmosphériques ne sont pas assez froides pour apporter de nouvelles couches blanches et surtout permettre leur maintien au sol. En plaine ou montagnette, la neige ne peut être qu’un événement provisoire en dehors des 3 mois de l’hiver administratif (décembre, janvier février).

Au contraire à plus de 2000 mètres, il n’en est pas de même. Tous les temps perturbés océaniques d’ouest, nord-ouest, sud-ouest ou même méditerranéens, qui fournissent de la pluie en dessous, peuvent passer sous forme solide à ce niveau avant novembre et au-delà d’avril, alors que plus bas, tel n’est pas le cas. Les Alpes ont pu emmagasiné un maximum de couche blanche lors des périodes arrosées de mars et avril pour atteindre la très forte couche actuelle.

    Une période douce et anticyclonique  au cœur de la saison est de nature à faire disparaître le manteau nival jusqu’à des niveaux de moyenne montagne. Les températures maximales positives des deux mois de janvier et février 2008 ont été incompatibles avec la neige.

     Au dessus, la présence du sol enneigé antérieur, ainsi que l’altitude permettent le maintien de conditions thermiques suffisantes pour maintenir le manteau nival, à plus de 2000 mètres, même en cas de redoux. Ce dernier peut résister même s’il ne reçoit aucun apport nouveau en raison de la présence d’anticyclones qui empêchent les précipitations.

    L’épaisseur record de la montagne alpine fin avril ne s’explique que par le cumul des couches record de novembre et décembre avec celles de mars et surtout avril. Cumul impossible en dessous.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie.

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Jeudi 8 mai 2008
Un cocktail de stratus bas inonde la France des dépressions et bassins. Ce matin du 7 mai, le refroidissement nocturne a permis le franchissement du point de condensation dans l'air froid qui s'est accumulé pendant la nuit dans les bas fonds du Pays.C'est le mécanisme d'inversion de température: dans le calme de l'anticyclone, l'air se stratifie la nuit , le froid plus dense en bas, comme l'huile et le vinaigre dans la sauce au repos.
Le Phénomène ne concerne pas les bassins méditerranéens et commence dans l'axe Rhône-Saône en Bourgogne.
Ces ténèbres matinales disparaissent  dans trois types de secteurs:
1) les reliefs : la moindre côte du bassin Parisien, la plus petite montagne suffit à dégager le ciel
2) les zones forestières qui se refroidissent moins comme les Landes et la Sologne
3) les zones urbaines et surtout l'agglomération parisienne qui perturbent le phénomène par la chaleur qu'elles dégagent
La zone des stratus suit  la limite du Bassin parisien vers le nord et s'arrête au contact de la Flandre, des Ardennes, des Vosges, du Massif Armoricain.
Plus au sud , ces nuages bas pénètrent les bassins de la Loire jusqu'au Forez et les Limagnes
Dans le bassin Aquitain la localisation différente ne concerne pas la vallée de la Garonne mais des contacts géographiques, des côteaux de Gascogne à la lisière de la fôret landaise, enbordure du Massif central.

Par ailleurs les Pyrénées stoppent les nuages orageux qui remontent d'Espagne, on distingue tous les massifs alpins enneigés des Préalpes à la zone interne avec les sillons des vallées qui les séparent.
Merci à Claude qui nous permet d'évoluer dans les bas fonds ténébreux de la France.

Gérard Staron  http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron
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Jeudi 8 mai 2008

 

 

   La situation météorologique évolue très lentement dans la période concernée. Les régions ligériennes seront tiraillées, comme les jours précédents entre des cellules pluvio-orageuses qui remontent de la Péninsule ibérique et  un anticyclone situé sur l‘Europe du nord qui tente de les empêcher d’arriver comme il l’a fait avec succès depuis le début de la semaine sur la région stéphanoise.

   Toutefois peu à peu les remontées orageuses gagnent du terrain et avec un ensoleillement plus faible, les températures maximales baisseront.

    Le déroulement de la journée change peu par rapport aux jours précédents.

 Le matin, un ensoleillement abondant avec un ciel dégagé provoque une accumulation de chaleur .

Peu à peu, des nuages, plus précisément des cumulus se forment, grossissent et obscurcissent le ciel. L’incertitude vient ensuite dans l’après-midi :

    L’anticyclone les laissera-t-il se développer jusqu’au déclenchement de la pluie orageuse ?

Les trajectoires de ces pluies orageuses, qui arrivent du sud-ouest, toucheront-elles nos départements, de façon locale avec quels secteurs  ou généralisée ?

   Comme les jours précédents, les plateaux de la Haute Loire seront plus affectés, alors que le département de la Loire en bout de course sera moins concerné surtout le Roannais excentré au nord.

La variante quotidienne concerne l’importance du risque orageux, le moment de son déclenchement dans la journée avec les conséquences induites sur les températures maximales:

 

Vendredi :

Risque pluvio-orageux faible sur le département de la Loire, seulement en fin de journée et soirée. Températures maximales au dessus de 20°.

Les plateaux de la Haute Loire  sont plus concernés avec une baisse des températures maximales

 

Samedi :

Le risque orageux augmente nettement, précédé de vents de sud plus marqués

La Haute Loire pourrait être affectée dès la mi-journée avec une baisse plus marquée des températures  maximales.

 

Dimanche :

Le risque pluvio-orageux augmente encore. En fin de journée, il pourrait même être généralisé.

Ceci induit des températures maximales assez fraiches sauf sur le Roannais à l’écart et affecté plus tardivement.

 

Lundi :

Le retrait de l’anticyclone favorise les orages importants à partir de la mi-journée et des températures maximales plus fraiches.

Le mécanisme est décroissant des plateaux de la Haute Loire au Roannais qui conserve des températures maximales agréables.


 Gérard Staron   http://gesta.over-blog.com

 

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Mercredi 7 mai 2008

Chronique Climatologique N° 81 : Le 17 mai 1996 « Les Saints de Glace » texte d’origine

 

Vous avez entendu abondamment parler de cette période froide de la fin de la semaine dernière et du début de celle-ci (en 1996) qui en partie correspond à ce que certains appellent « les Saints de Glace », St Mamer, St Pancrace et St Servais » que l’on trouve habituellement les 11, 12 et 13 mai.

 Dès le 9 mai, les cartes météorologiques montrent que sur le flanc est de l’anticyclone des Açores, remonté sur l’Atlantique et les Iles Britanniques,  il y a une descente d’air froid dépressionnaire en provenance de la Scandinavie. Un flux de Nord-est, que l’on distingue sur les cartes météorologiques autant au sol qu’en altitude pour la surface des 500 hpa, accompagne nettement une langue glaciale qui descend de la Scandinavie jusqu’aux confins du Golfe de Gênes en Méditerranée. Comme l’a abondamment annoncé Météo France, les températures ont été très basses dans la moitié nord de la France.

Pour la région couverte par Radio Espérance, les températures médiocres n’ont pas été le fait le plus significatif. On ne signale des températures minimales inférieures à 5° que pour Autun le 10 et le 11, que pour Limoges le 12 et Embrun le 13 et le 14. Sur l’ensemble du Centre-Est, elles ont été de l’ordre de 6 à 8°. Chambéry n’est par contre presque jamais descendu en dessous de 10° sauf le 9 et le 11 avec 9,7 et 9,9. C’est certes très frais pour cette période de l’année mais n’a rien d’exceptionnel à un moment où des gelées sont encore possibles. La déficience du thermomètre a par contre été nettement plus flagrante pour les températures maximales qui n’ont pas atteint très souvent le seuil de 10° avec 8,9° le 10 à Saint-Etienne, 9,2° à Autun le 13, 9,5° à Clermont Ferrand le 9 et même à deux occasions le 9 et le 13 : 9,9° à Limoges. Seules les Alpes ont gardé à cette occasion un thermomètre plus clément puisque les maximales observées ne sont pas descendues en dessous de 12,4° à Chambéry et de 14,5° à Embrun.

 Ce facteur thermique semble dans la région avoir été secondaire par rapport à l’absence quasi-totale d’ensoleillement. A un moment  de l’année où les jours sont longs, l’insolation a été nulle 6 jours consécutifs à Clermont Ferrand soit du 9 au 14 mai. Il en est presque de même à Saint-Etienne puisque pour l’ensemble de cette période il n’y a eu que 0,6 heures d’insolation et 5 jours d’ensoleillement nul. La zone, privée de soleil pendant quasiment 5 jours, comprend un secteur qui va de Guéret à l’ouest (Limoges n’a pas eu de jours d’insolation nulle) à Chambéry à l’est qui n’a eu qu’une heure de soleil du 9 au 14.  Au nord la Saône et Loire est touchée avec Saint Yan mais le phénomène a surtout affecté les dépressions de la Loire et de l’Allier à l’est du Massif Central.

Les cartes météorologiques montrent que la descente d’air froid anticyclonique d’origine scandinave a été stoppée dans la région. Sur la carte du 9, on distingue nettement un front froid plus ou moins stationnaire qui s’étire grossièrement de Bordeaux à Genève et qui marque la limite entre l’air froid et l’air plus doux lié à la Méditerranée. Cette limite correspond à une zone de nuages plus ou moins accompagnée de petites pluies. Cette situation a perduré jusqu’au 13 mai, le front ondulant sur la région en se déplaçant vers l’est. Dans ces cas là, comme d’habitude, les nuages restent accrochés sur une diagonale de l’est du Massif Central  aux Alpes du nord, alors qu’au-delà de la ligne de crête le ciel est totalement dégagé vers le sud comme le montre l’image de satellite du 13 mai vers 13 heures. On distingue nettement la limite de la zone encapuchonnée qui des Cévennes se prolonge jusqu’au Pilat et se retrouve entre le Vercors et le Diois en dégageant tout le bassin de la Durance. Ceci explique qu’Embrun, dans les Alpes du Sud, mais aussi la Vallée du Rhône aient échappé à cette grisaille persistante. Avec l’ensoleillement les températures y ont été plus fortes. Par contre, la conséquence engendrée donne un Mistral typique qui a soufflé à au moins 30 nœuds à Marseille le 13.

Cette situation où une descente d’air froid s’arrête du Massif Central aux Alpes du nord est courante. Dans ces cas, les dépressions de la Loire et de l’Allier servent de pièges pour les nuages septentrionaux qui viennent s’agglutiner sur les versants face au nord. La redescente de l’air sur le versant méditerranéen provoque le dégagement du ciel, la hausse du thermomètre mais aussi l’accélération du vent. Ce qui a donné un peu de relief à l’évènement, (en 1996) c’est à la fois sa persistance dans le temps et la période de l’année où il s’est produit. Les hasards du Calendrier ont associé cette année cette descente d’air froid aux Saints de Glace. Il convient d’être prudent avant d’en déduire une généralisation hâtive. D’ailleurs, cette période a provoqué sur la France trois temps différents. Dans le nord de la France, un temps froid et dégagé avec des températures minimales très basses qui correspond bien au temps de gelées que l’on décrit pour les Saints de Glace. Chez nous ces températures fraiches  associées à un ciel couvert et pluvieux sont de tout autre nature. Le midi a subi encore une autre variante. Les météorologistes officiels sont toujours très circonspects avec les problèmes de dictons et de calendriers. La vérification dans les faits est aléatoire même s’il serait intéressant d’analyser plus scientifiquement la fréquence des températures ou des descentes d’air froid au moment des Saints de Glace. Je vous retrouverais vendredi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie.

 

Commentaire actuel :

Les Saints de Glace ont frappé en 1996, vont-ils récidiver en 2008 ?

Sous quelles formes ? L’exemple de 1996 montre qu’ils peuvent sévir autrement que par des gelées matinales redoutées des jardiniers.

En 2007, le passage de la grande douceur du début de l’année à la fraicheur qui a suivi  pendant le reste de l’année s’est produit à cette occasion.

En 2008, les modèles mathématiques laissent supposer qu’il y aura une baisse des températures avec des précipitations orageuses, après les jours de beau temps  qui ont accompagné le début de mai et permis l’éclosion de cet iris bicolore particulier dans mon jardin…

A confirmer et surtout à analyser…..

Gérard Staron     http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Staron publié dans : climatologie
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Mardi 6 mai 2008

 

 

   Saint Etienne, hier soir a vu les lourds nuages noirs en direction du sud-ouest, la ville  a attendu la pluie, a senti l’humidité, pourtant le pluviomètre est resté vide.

   Les précipitations sont restées scotchées  sur le Massif central, plus de 30 mm du Cantal à la Lozère et aux Alpes centrales selon une bande transversale originale.




   L’image de satellite permet de constater que la perturbation orageuse qui remontait du sud-ouest a été stoppée net par l’anticyclone qui a résisté du Bénélux à l’est de la France et lui a empêché de continuer sa route vers le nord-est du pays.

   La limite entre la zone de nuages avec les gros amas de cumulonimbus et les fortes pluies et le ciel dégagé est particulièrement nette. Elle se situe au niveau du département de la Loire où le contraste est le plus fort  et traverse le pays  selon une ligne presque rectiligne.

    Les blocages des perturbations par les anticyclones sont nombreux en météorologie. Ici la localisation géographique est fort originale.  Le plus souvent ils se moulent sur les reliefs,  ils les traversent. ils s’opposent régulièrement à l’évolution d’ouest en est des pluies méditerranéennes en résistant sur les Alpes, ici ils ont empêché les nuages de poursuivent leur marche traditionnelle vers le nord-est. Le blocage est le trublion de la météorologie, on ne sait jamais où il va arriver.
Merci à Claude  pour la transmission de cette belle image.

Gérard Staron
http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

par Staron publié dans : Géographie
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